Nouvelle vie, ancienne martyre
EMA, c'est Erika M. Anderson, ancienne chanteuse du groupe folk Gowns, qu'elle partageait avec son compagnon de l'époque, Ezra Buchla. Ce petit historique pour préciser que Past Life Martyred Saints est sa lettre de rupture, avec Gowns, avec son adolescence, et surtout avec Ezra Buchla.
C'est un album sur la perte d'illusions, avec un sens de l'emphase sentimentale totalement immature et touchant ("California" et son "But i'm just 22, I don't mind dying"). Anderson, c'est une fille à la voix blessée et à la musique rèche, lo-fi, avec des accords simplets mais des arrangements travaillés.Le charisme et le sens du phrasé nous ramènent à l'époque Rid of me de Pj Harvey. La comparaison est facile et pourtant, à qui d'autre pourraient faire penser l'agressif et sensuel "Milkman", et la folk au bord du gouffre de "Marked".
Bien sûr, certains, les plus cyniques, verront dans le déballage intime que proposent ces morceaux quelque chose de surjoué, et il n'est pas question ici de se défendre avec de grandes mélodies, il n'y en a pas. Il y a juste EMA, traumatisée par une spirale négative dont la musique a été la sortie de secours, une histoire qui est rarement comptée cette sincérité, cette justesse.
Past Life Martyred Saints est un coup de poing dans le ventre, un journal de bord plein de pensées extrêmes et
contradictoires, et qui tient aux tripes pendant neuf titres en montagnes russes jusqu'à un final quasi lumineux, qui nous ferait croire que la dépression anti-sociale de Anderson n'a pas survécu
au traitement. On ne lui souhaiterai pas de se retrouver dans le même état psychologique (suicidaire, donc) pour le prochain disque, mais presque.
Sortie: 10 Mai 2011
Label: Redeye Label
