Mythes et légendes
A la conquête des mystères de mère nature, fascinée par le folklore japonais, possédée par un imaginaire médiéval et
fantastique, Laura J Martin n'est pas votre folkeuse habituelle. Une propension à l'évasion qui n'est pas sans rappeler la désormais reine du neo-folk
certifié "Heroic-fantasy" Joanna Newsom. Ici, ce n'est pas la harpe mais la flute traversière, la mandoline et le piano qui rythment les contes naturalistes .
Son style d'écriture est tourné autour de la psychologie des personnages qu'elle incarne ou poursuit. Au milieu de l'attirail digne d'une ménestrelle d'Albion, sa voix de fée rassure et berce,
comme une joyeuse Kate Bush reprenant des standards irlandais. On pense souvent à Ian Dury pour les titres les plus
dansant ("Salamander", "Jesse") et même Jethro Tull pour l'aspect prog des bois ("Leonine", "Black Caravan"). L'ombre au tableau, elle est hélas dans le
trop-plein de couleurs et d'instrumentations dont nous submerge The Hangman Tree. Quelques fois, on souhaiterait que Laura lache un peu sa pédale
de loops pour faire respirer sa musique ou que ses compagnons offrent un peu plus de punch à ses récits (la batterie est terriblement redondante). Enfin, il est évident qu'en 16 titres la
redondance du style ne peut pas passer inaperçue et on se lasse de motifs moins inspirés, et d'arrangements lourds, quelques fois nocifs à la mélodie ("What if king", "Kissbye Goodnight" en duo
avec Buck65). Il en reste un album attendrissant, qui possède trop de défauts de jeunesse pour convaincre sur la longueur. Pourvu que le buffet soit plus léger et goutu à la deuxième réception de
la reine Laura.5/10
Sortie: 23 Janvier 2012
Label: Static Caravan
