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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 10:29

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Déprime-floor

 

Atoms For Peace est au départ un groupe live formé par Thom Yorke pour jouer son premier album solo, The Eraser, lors d’une tournée en 2009. Quand on a mené le groupe de rock indépendant le plus populaire des deux dernières décennies, on peut se payer un backing band de stars: Flea des Red Hot, Joey Waronker (batteur chez Beck et R.E.M) et bien sûr le gourou Nigel Godrich (synthé et guitare) pour emmener sa barque. Mais cette bande de potes est devenue sérieuse et nous voilà avec un véritable album du groupe Atoms For Peace, alors que Radiohead sort d’un album qui a fait flop chez leurs fans et les critiques de tous poils.

 

Clarifions d’abord deux points essentiels : Amok est un disque de musique électronique, et  Amok ne sonne aucunement comme un groupe live. La patte de Yorke est partout, bouffant une quelconque idée de projet collaboratif : la rythmique claudicante et les arpèges slidées de "Stuck Together Pieces", la basse anxiogène et la reverb nocturne de "Default", l’influence dubstep et les nappes labyrinthiques sur "Amok", tout rappelle qu’il est aux manettes. Ce n’est pas un mal car au final on a à faire là à ce que Radiohead n’a pas osé faire sur King Of Limbs, se livrer une nouvelle fois aux machines et prendre le chemin inverse d’un Kid A, explorer les possibilités de l’électronique de façon assumée et ambitieuse.

 

Yorke ne cesse depuis des années d’apparaître en DJ Set, de s’imiscer en featuring chez Flying Lotus, Burial, Four Tet. Il était temps qu’il fasse un pas en avant qui va plus loin que des démos perdues sur son mac (The Eraser, très bon album au demeurant). Il ne veut plus faire réfléchir, il veut faire danser, dans une transe qui scintille de mélancolie ("Before Your Very Eyes"), avant un déhanchement triste dans un club vide ("Ingenue"), et une course vers le dernier bus qui ramène à un quotidien terne, urbain, moderne ("Reverse Running").

 

Amok est une succession de jams, bribes de chansons, mouvements sonores qui déraillent et s’emboitent, comme des citadins qui se frôlent et se repoussent en attendant de trouver l’atome crochu. Un disque qui arrive finalement à s’extraire de l’exercice futile que l’on craignait, par la vision d’un musicien qui met sa voix en retrait pour laisser l’auditeur baigner dans sa propre solitude, faussement paisible, étrange, imprévisible. 

8/10

Label: Beggars

Sortie: 25 Février 2013

 

       

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