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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 20:59

Pour le retour de /Taste, après un petit paquet de mois passés à "travailler" pour un "magazine musical" (sur internet, oui vous pouvez rire) de façon très sérieuse, je voulais faire des caisses de live reviews. Le hic dans une chronique de concert, c'est qu'il te faut la set-list (ou être un fan hardcore, ou un pro du blindtest) entière, sinon tu ne peux pas faire de grandes tirades sur le comment du pourquoi du passage ou le groupe a déployé ses ailes ou a sorti ses couilles ou a plongé dans les abysses de leur médiocrité. Tu ne peux pas. Donc au lieu de 4 grandes chroniques des dernières divagations lyonnaises, vous en aurez 4 petites. C'est ti-par

 

Dirty Three + Shellac @ Epicerie Moderne 31/05/2012:

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Les Dirty Three, groupe de Warren Ellis le pote/membre de Nick Cave & The Bad Seeds et Grinderman, ont bien changé depuis leurs débuts post-rock tout en délicatesse et calmes litanies symbolisés par leur album référence Ocean Songs. Ce soir là ils faisaient plutôt honneur à Toward The Low Sun, nouvelle galette un peu plus difficile d'accès, sans cesse lachant prise et papillonnant entre la quasi-impro un brin chiante, et la touche de grâce et d'émotion que l'on attendait plus. Vous vous doutez bien que je vais vous dire qu'en live c'est pareil, mais je vais vous le dire quand même: en live c'est pareil. Un titre sur deux, quelques fois sur trois attire l'attention, et puis on retourne vers un brouillard de batterie branletto-free-jazz-jeprendmesbalaisetjesaupoudrelestomssansbut avec un guitariste tellement amorphe qu'on espère que les célèbres "coups de pieds dans les airs de Warren Ellis" (il fait ça en gueulant comme un gypsy king en rute, c'est assez amusant) ne soient pas juste un jeu de scène. Sans blague, un type qui joue comme si ses cordes étaient les poils d'un chien galeux et qui avec ça sonne faux régulièrement tellement il s'engourdit à rien faire, ça demande punition.

Shellac en revanche, c'est eux qui la donnent, la punition. Avouons-le ce n'était pas monumental, c'était quand même un peu génial. Parce qu'avant tout Shellac, c'est du riff. Les chansons, on s'en fout un petit peu, ça n'existe même pas. Bien sûr "Steady As She Goes", "A Minute", et "The End Of Radio" restent un peu en mémoire, mais au final ce qu'on retient, c'est que ce trio, qui joue à peu près la même chose depuis le début de leur carrière et n'a pas sorti un album depuis 5 ans, n'a pas vraiment de défaut. C'est carré mais nerveux, c'est propre mais humain, entre les chansons comme d'hab ils prennent des questions -surtout pour renvoyer chier les gens qui osent leur poser mais bon c'est Steve Albini pas Dave Grohl-  et puis ils s'amusent bien pour des types qui ont une moyenne d'âge de cinquante piges. Une grosse heure de math/post-hardcore/ons'enfoutçadéchirepoint et on remercie les gars qui restent sur scène pour parler aux fans et vendre des t-shirts (tandis que le vigile vire les spectateurs, curieux moment).

 

Death Cab For Cutie @ Epicerie Moderne 29/05/2012:

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Ma connaissance en discographie de Death Cab For Cutie étant aussi grande que celle de Candeloro en galanterie pendant un championnat de patinage artistique, nous allons résumer l'affaire par: très bon concert de pop à guitare ricaine pour jeune émo ayant vécu ces après-midi honteusement libératrice à regarder Dawson pécho puis perdre puis re-pécho Joey Potter (Katie Holmes pour les plus jeunes d'entre vous). Un concert qui mélangeait de façon équitable leur dernière sortie Codes and Keys (inégal mais respectable) et un best-of de leurs "tubes" comme "Title and Registration", "I will follow you into the dark" ou "Soul meets Body". Ben Gibbard semble bien déchaîné pendant tout le set, surement aidé par un petit cachet de guronzan car il saute partout dès qu'un riff de guitare traverse ses oreilles. On finit la soirée le sourire aux lèvres, se sentant aussi normal que notre nouveau président. C'est bien aussi, le bonheur normal.

 

Wolves In the Throne Room @ Epicerie Moderne 01/06/2012:

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crédit photo: ardeas

Le black-metal pour les gens qui aiment pas le black-metal qui disaient ! Bah moi j'aime le black-metal (enfin, en live, faut pas déconner je me balade pas sur la plage en écoutant du Immortal) de temps à autre, et je t'emmerde, jeune au t-shirt illisible, à la mine graisseuse et aux cheveux balayant le vent. Le décor est chouli tout plein ce soir là, des grands drapeaux façon étendard de Winterfell dans Game Of Thrones entourent la scène qui est à même le sol, chacun représentant un animal avec une inscription pas franchement compréhensible, c'est vraiment coutume dans le milieu. Ca commence, c'est tout doux comme une côte d'agneau, on dirait du Mono (les japonais je précise) joué avec une Metal Zone. Pis ensuite ça balance le gros qui tâche, double-pédale et riff tremblant, mais, magie ou déception pour certain, ça sonne toujours aussi planant et inoffensif. Oui, même en aboyant des conneries dessus, Nathan Weaver ne nous fait pas peur. Il s'en fout lui, il vit dans la forêt, parait même qu'ils vont arrêter après cette tournée parce qu'ils n'ont plus le temps pour fumer des joints et caresser des lapins en quête de vérité. En tout cas ce concert était un beau petit voyage à la violence apaisante, si j'étais péteux je dirais cathartique, mais je sais pas l'écrire. On espère qu'ils reviendront nous faire du "black metal de pédé" sous une forme ou une autre prochainement.

 

JC Satan + Thee Oh Sees @ Clacson 02/06/2012

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Oh la belle soirée garage pour djeun's de bon goût que voilà. Je m'excuse d'ores et déjà pour la vraie première partie que j'ai pas vu car je buvais de l'eau pour oublier le reste de ma semaine (à peu près). JC Satan donc, le groupe qui monte qui monte comme une petite bête de scène de bordeaux à tombouctou. Sacrée bande de performers que ces gens là, une chanteuse forte en charisme et en chair (comment ne pas apprécier les deux en même temps, ne m'en voulez pas si vous faites plus que mes 60kg tout mouillé) et un gratteux/chanteur/héros habillé en marin-moustache qui ponctue les titres de solos étourdissant et de riffs "à la /groupedegaragebasiqueetefficacedes70s/". Bref vous avez là le rêve de toute une nation de jeunes excités, jouant méchamment fort, possédant des refrains imparables (nan, vraiment, le refrain arrive, et paf, tu chantes, tu sautes, ou tu t'en vas parce que t'es moche et vieux). Une très très belle mise en bouche.


Thee Oh Sees, c'est marrant, sont vieux. Mais ça empêche pas John Dwyer, le leader des San Franciscains, de ressembler lui aussi à un marin gay, peut-être même accouplé avec un dandy warhol. Mais bon, dès qu'il ouvre les vannes et les jams du dernier album Carrion Crawler/The Dream débutent, se glissent sur le dance-floor avec la tension que Mike Shoun (batterie) et Petey Dammit (guitariste au nom forcément cool et pas vrai) savent y rajouter, on ne discute plus. On prend ses converse à son cou, littéralement, on jump sur son voisin, on bouffe des cheveux, la disto baisse un brin, on regarde à droite la dernière personne qui nous a marché sur les pieds, elle est jolie tiens, parce que Thee Oh Sees, ça attire aussi les jolies meufs, c'est pour dire si ce groupe a tout bon. Donc grossièrement la set-list a été quasi intégralement du dernier album, pour une petite heure sans rappel car, j'ai oublié de le préciser, il fait aussi chaud que dans le slip d'un kangourou ici, et on commence à échanger plus d'ADN que dans une gang-bang party. On finit en douceur sur un des rares titres courts, psyché garage tranquillou alors qu'on se réveille de notre transe. Prochaine fois, promis, je vous redis la même chose en rajoutant les noms des morceaux.

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