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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 23:44

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Modeste héros

Il y en a très peu de ces artistes qui possèdent les chansons et le charisme, une identité musicale affirmée et une foi inébranlable en leur propos, quelque chose d'aussi mystique et narquois qu'innocent et touchant , quelque chose de Kurt Vile. Ce n'est donc pas étonnant que ce soir le public réuni au Whelan's, lieu phare de l'indie-rock à Dublin, est varié, allant du jeune hipster barbu à bretelles qui vient boire sa cueillère de folk des cavernes, au cinquantenaire bedonnant ayant eu vent d'un gamin qui aurait passé sa jeunesse dans le bluegrass et l'americana, obsédé par des trucs de réacs comme Tom Petty et Bruce Springsteen.

Il arrive seul sur scène, en fait, le show n'est pas commencé, il bidouille son pedal-board, évite de regarder le public qui en profite pour faire quelques instagrams avec leurs Iphone. Puis les lumières baissent, il se lève, chante "Can't come" seul, avec une guitare folk un brin usée, le nez dans sa jungle de cheveux. Le monde se tait, Il relève les yeux quelques minutes plus tard, un petit sourire, le public (nombreux, le concert est sold out) applaudit comme s'il venait de jouer son plus grand tube. Ensuite, son groupe, les Violators, arrive et débutent vraiment les affaires pour un set qui durera un peu plus d'1h20 rappel compris. Lorsque ses comparses sont là, Vile souille vicieusement les mélodies de son dernier album, Smoke ring for my Halo, de distortion, de saturation, comme sur "Jesus Fever" et "Puppet to the man", qui sonnent comme des bourrasques dans une ville fantôme. Il revient aussi sur l'album Childish Prodigy dont la sombre "Heart-attack" est jouée avec une violence terrible. Et pour quelques instants, il est laissé à sa Dobro rutilante, pour tisser avec son art du picking et ses accords enfumés des comptines qui auraient pu être écrite par un Zimmerman ou un Guthrie ("My best friends", "Peeping Tomboy").

 

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Déjà victorieux après 60 minutes de set, il parle de rentrer chez lui, mais certains voient que la set-list a bien entendu son rappel prévu juste à droite de la grosse caisse de ce monstrueux batteur aux bras comme des troncs d'arbre. Te fous pas de notre gueule, reviens par ici.Pas mécontent de sa soirée (le "You're the best audience ever" sonnait étrangement sincère), il ramène les potes, délivre la classique "Baby's arms" et lache les chevaux sur le terrible "Hunchback" qui montre les crocs, permet à Kurt de rugir un poil, et finit en jam goudronnée. Là dessus, les guitares sortent à peine du car crash que le "Freak Train" est en marche, et rappelle la cavalerie à l'ordre, les trois guitares se battant à qui fera dérailler le bordel le plus tout en restant dans les clous, un exercice périlleux et magistralement effectué. Le jeune loup termine la soirée en serrant quelques pognes alors que ses bières entamées au coin de la scène l'appellent, puis il reviendra, discutant avec les gens, quelques secondes à droite à gauche, un peu paumé, un peu inconscient de ses exploits, un peu Kurt Vile.

 

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commentaires

conor 21/02/2012 02:28

http://www.youtube.com/watch?v=so0AENg7VbU