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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 16:00

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Une taille trop haute

Plus qu'aucun artiste des années 2000, Lana Del Rey a déclenché les mécanismes virulents de l'industrie musicale 2.0 en quelques mois de buzz affolant autour d'un titre, l'anachronique et enchanteur "Video Games" . Les bases du mystère Del Rey étaient déjà là, dans cette éternelle dualité: voix imposante dans les graves, fragile dans les aigus, mix improbable du lyrisme de Barbra Streisand et de la sensualité de Martina Topley Bird, musique d'un autre temps mais texte aux références contemporaines. Ensuite ? Les blogs se refilent la sensation, Pitchfork se charge d'une promo constante, mais le truc dépasse l'underground, les ventes Itunes de "Video Games" et "Blue Jeans" décollent jusqu'à menacer le blockbuster d'Adele "Rolling in the deep". On l'adore pour son charme et son personnage intriguant ou on la déteste pour son physique et son air de mante (pas très) religieuse mais on en parle. Les magazines spécialisés, non-spécialisés, chaînes tv, radios: un peu plus d'un an après le flop de son premier album, retiré de la vente rapidement (Lana Del Ray), elle est reine du monde.

Pourquoi rappeler l'histoire complète ? Parce que Born To Die est la véritable victime du vacarme médiatique, un album qui sort 4 mois après ce single coup de poker, 4 mois de promo et de concerts. La diva qu'on imaginait capable de réécrire les codes de la pop se confond dans les gimmicks: la croqueuse de diamant mégalo sur "National Anthem" et son "Money is the reason we exist, everybody knows it it's a fact kiss kiss" ou la fille en manque qui feint le coup de foudre ultime et minaude sur "Million Dollar Man" et "Born to die". Mais le réel problème, il est dans une bonne partie des productions proposées par ses collaborateurs Chris Braide (James Morrisson, Cheryl Cole) Mike Daly (Plain White T's, Marié Digby), et Jim Irvin (Michelle Branch, Boyzone). Les beats vaguement hip-hop sont lourds, simplistes, aussi gracieux qu'un cachalot ("Off to the races"), et lorsque la mélodie est bonne un brouillard d'effets sonores et de synthé noie tout espoir de se concentrer sur autre chose ("Million Dollar Man"). On serait facilement tenté de dire qu'Interscope (filiale d'Universal) a joué un rôle dans ce virage FM et surproduit. Est ce inécoutable ou dénué de bons moments ? non. Est ce un grand disque qui confirme nos espoirs ? non plus hélas.

 

Sortie: 27 Janvier

Label: Interscope

 

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