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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 12:39

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Imprévisible

 

Ce qu'il y a de bien avec Of Montreal, c'est que chaque album est une pochette surprise, remplie de bonbons aux goûts acides, amers, cuisinés par un scientifique fou qui ne s'impose aucune limite, aucun tabou, le grand Kevin Barnes. Après le disco-RnB-funk de False Priest, où il convoquait les voix féminines les plus sensuelles du moment (Janelle Monaé, Solange Knowles) pour des jeux de séduction, cette fois-ci il met l'esprit kermesse de coté et s'abandonne à son art de la tromperie. Paralytic Stalks n'est pas disque de boum, c'est même tout l'inverse: introspectif, conceptuel, torturé et dérivant les schémas trop évident.

Dans sa capsule spatiale, Barnes s'essaye au rock psychédélique noyé dans le feedback et la rancoeur ("Gelid Ascent"), jouant les boules à facettes menaçantes ("We will commit wolf murder"), et il ré-affirme sa maîtrise du transgenre cyclotimique ("Yes Renew the Plaintiff" qui accumule electro expérimental, pop 80's, pont tribal et prog-rock avec une cohérence invraisemblable). Les thèmes tournent autour de la rupture, l'humiliation, et la sublimation des passions les plus extrêmes: habituel pour les connaisseurs, mais on y sent quelque chose de moins ironique et détaché que sur les deux derniers albums. En un sens, on revient à l'époque du chef d'oeuvre Hissing Fauna ... are you the destroyer, mais cette fois la palette sonore est quasi illimitée.

C'est un disque de grand écart, une déclaration d'indépendance musicale, et certaines fois, c'est comme si on écoutait une compile malsaine alternant David Bowie et Steve Reich ("Wintered Debts" qui se noie dans "Exorcismic Breeding Knife"). Les morceaux de Paralytic Stalks sont riches, exigeants, perdus dans un déluge d'instruments (Violon, Saxophone, piano, synthé, batterie, boite à rythme, nappes électroniques). C'est une belle façon de prouver (si c'était nécessaire après 10 albums ...) la créativité surnaturelle d'un leader se jouant de toutes les étiquettes et n'appartenant à aucune autre chapelle pop que la sienne. Décevant pour ceux qui espéraient que False Priest signe la fin du Of Montréal jusqu'au boutiste (titres longs, skyzophrénie mélodique, frustration de l'auditeur), excitant pour ceux qui aiment être bousculés et disséquer les talents d'un songwriting toujours aussi particulier, qui n'en fait qu'à sa tête. Exigeant et talentueux.

 

Sortie: 8 février 2012

Label: Polyvinyl

 

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