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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 10:00

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La tête hors de l'eau

Billy Corgan est un véritable tortionnaire. Après avoir annoncé la reformation de son groupe en 2007 on découvrait que ce n'était que lui, Jimmy Chamberlain (batteur d'origine) et un backing band d'inconnus. Zeitgeist, qui devait signer le grand retour sur disque, s'est avéré un gros flop dont on pouvait sauver 2-3 titres, mais pourri par un son mammouth, des pistes par dizaines pour noyer un égo qu'on sait gigantesque. Ensuite, tournée, réconciliation avec des set-list axées best-of et prestations impressionnantes même si sur scène l'ambiance est funéraire. Fin 2009,  Corgan annonce ne plus vouloir être "enfermé" par le format album et démarre le projet Teargarden by Kaleidyscope, composé de 44 titres divisés en 11 mini-albums qui seront dispos gratuitement en téléchargement et en vinyle édition ultra-limité avec visuel de relique d'Indiana Jones et le temple perdu. Au delà du ridicule de l'opération, les morceaux ne suivent pas, c'est mou, c'est douloureusement ampoulé, et même les hardcore-fans perdent confiance. Début 2011, Corgan, pas à un retournage de veste près, annonce "Nous allons sortir un album, Oceania, ça fait parti du concept de Teargarden, mais ça sonnera différent des derniers titres publiés".
Tout ça pour dire, on avait de quoi être inquiet devant tant de cafouillage et manque d'inspiration ces dernières années chez les citrouilles. Si on prend Oceania comme un disque de Billy Corgan, on pourra passer un très bon moment, si on espère un retour à l'age d'or des Smashing Pumpkins, on aura plus de mal. Ce n'est pas pour autant qu'Oceania n'a rien à délivrer. A vrai dire, l'exploration de territoires électroniques, de façon légère et nuancée façon Adore (l'odyssée psyché-folk-prog "Oceania", "Violet Rays") ou plus franche et moins réussie ("One Diamond, One Heart", "Pale Horse") est intéressante et jamais grossière ou hors-sujet sur un disque qui évoque à chaque instant le grand large, le monde aquatique, une beauté naturelle, simple mais jamais facile à retranscrire. De plus, on s'étonne d'entendre ici et là un regain de guitares épaisses comme des haches et de batterie pieuvre et groovy (à la Chamberlain) méchemment: sur l'intro "Quasar" jumeau de "Cherub Rock", "Inkless" qui semble piquée à Mellon Collie And The Infinite Sadness, ou "Panopticon". C'est un tel plaisir de savoir que Corgan peut encore pondre des titres au son massif mais à la mélodie évidente, à l'émotion palpable. On retrouve ici et là des traces de sa romance avec Jessica Simpson ("My Love Is Winter", "Pinwheels", deux niaiseries qu'on oubliera vite) mais à la fin de l'écoute d'Oceania, on a envie de croire en l'avenir des Smashing Pumpkins, ou du Billy Corgan Band, vous l'appelez comme vous voulez.

7/10

Sortie: 18 Juin

Label: EMI

Site Officiel des Smashing Pumpkins

 

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Published by PallMall - dans Chroniques d'albums
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