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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 19:33

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Oui, je sais, la plupart d'entre vous ont déjà du se taper 15 listes d'albums préférés 2012, quasi toutes les mêmes (cette année la règle est de mettre Kendrick Lamar, Frank Ocean, et l'horrible Grimes dans le top 10), et peut-être pour les plus persévérants, quelques suites de noms complètement inconnus à peine présentés, voire totalement inconnus et improbables. Oui, on appelle ça "l'autre extrêmisme musical". Ici, les publications se sont fait rares cette année alors il est autant question de rattraper le coup que de proposer autre choses que des groupes/artistes dont on vous a rabaché les oreilles.

Voila donc 10 albums de 2012 dont vous avez peu/pas entendu parler, qui sont tous très bons, voir foutrement appréciables, chroniqués juste assez pour en avoir une idée.

1/ Merchandise - Children Of Desire (Best Of 80-90s // Jagjaguwar)

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Children Of Desire est un disque génial car il plagie tellement à droite à gauche qu'on arrive plus à savoir quelle étiquette donner: Shoegaze-pop ? New-wave ? Post-punk spatial ? C'est un disque qui ne respecte rien: 6 titres, de 2 à 11 minutes, une envolée à la Hawkwind ici (“Become What You Are”), une version Indus des Smiths là (In Nightmare Room), personne n'en sortira blasé. Le chanteur est merveilleusement grave, les guitares vicieuses, la batterie groovy et pourtant glaciale, l'ambiance caverneuse mais gracieuse. La Floride, nouvel eldorado du trans-genre ?

 

2/ Peace'd Out - Peace'd Out EP (Neo-Metal/Post-Hardcore/Mieuxquesonétiquette // Sirene Records)

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51sISoaoziL._SL500_AA280_.jpg

Là, ne dites pas qu'on vous a pas prévu dans la petite parenthèse au dessus: c'est de la musique pour jeune frustré ou énervé, ou les deux. Des riffs bondissants à la And So I watch you from afar en plus menacant, un son qui a la bonne idée d'alterner grosse tranches mélodiques et coups de burin sympas (le coté néo de l'affaire), la technique est là, le chant hurlé mais humain (on pense à Chino Moreno des Deftones à ses débuts) , et la batterie math-core pimente bien l'affaire (c'est pas Converge mais ça envoie). On appréciera la production très brut de décofrage et la concision générale, pas besoin de plus de 2 minutes pour foutre un public en charpie. Bien pensé.

 

3/ Ex Cult - Ex Cult (Punk/Hardcore // Goner Records)

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Le punk sera à la mode en 2013, j'y crois. La jeunesse fan de rock indépendant se met bien à écouter des mixtapes de rappeurs quasi inconnus et des albums de black-metal bio, alors à force, on reviendra forcément au plus sauvage. Lorsque ça arrivera, Ex-Cult (jeunes gars de Memphis, Tennessee) sera l'arc-en-ciel magique rejoignant le monde de Jello Biafra et celui des Black Lips. Grossièrement, ils jouent du hardcore avec un son garage-rock (l'album est produit par Ty Segall au passage), ce qui donne une sauce accrocheuse, fédératrice, avec ce qu'il faut de rage pour garder la fête dangereuse. Ca transpire, c'est brouillon mais délicieux, et c'est ce qu'on veut.

 

4/ Shrag - Canines (Indie-rock // Fortuna Pop! Recordings)

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Encore une raison de ne pas renier l'Angleterre quand on parle de rock bruyant. Le troisième album de Shrag est une suite de chansons de type indie-rock de genre très bien pensées, construites, de style basse devant, guitare en embuscade, batterie pointilleuse. A l'instar de leurs compatriotes de Joy Formidable, Shrag arrivent à compresser les références 90's (on sent un brin de Pixies et Breeders recouvert de pop) en gardant une grande fraicheur. Canines est un disque garanti sans prise de tête, sans prétention mais pas sans ambition.

 

5/ Tamaryn – Tender New Signs (Pop Shoegaze de mirage // Mexican Summer)

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On avait chroniqué il y a quelques temps dans ces colonnes le magnifique The Waves de Tamaryn, chanteuse Neo-Zelandaise exilée à San Francisco. Un disque beaucoup plus massif et lumineux que Tender New Signs. Mais cette seconde livraison possède des charmes différents: production shoegwave (non ça n'existe pas), une reverb plus clean sur la voix d'ange de la demoiselle, des guitares en cache-cache terriblement bien amenées. On a envie de parler de “tubes” pour des titres comme “While you're sleeping” ou “Prizma” que les gars de Jesus And Mary Chain auraient aimé écrire ...

 

6/ Beth Orton – Sugaring Season (Reine folk d'avant // Anti/Epitaph)

http://ecx.images-amazon.com/images/I/5161uCLFt2L._SL500_AA280_.jpgGloire oubliée des années 90, Beth Orton, à l'entrée de sa quarantaine, revient après 6 ans sans album. Personne n'aurait bronché, surtout moi (je ne connaissais la belle que de nom), si le single “Magpie”, délicieuse ballade folklorique anglaise, mystique et grâcieuse, n'avait appelé à plus de recherche. Pour la pionnère de la “folktronica” à l'époque ou cette expression sonnait encore plus ridicule, c'est carrément une opération de retour à la terre: simple, épuré, mais surtout apaisé. A cette âge là on ne parle plus de maturité mais de sagesse.

 

7/ The Wilderness Of Manitoba – Island Of Echoes (Gentils barbus // Pid (import) )

http://aux-www.s3.amazonaws.com/wp-content/uploads/2012/07/The-Wilderness-of-Manitoba-Island-of-Echoes.jpgLes canadiens de Wilderness Of Manitoba font du folk-rock des grands espaces, avec un sac à dos, un coucher de soleil, un poème naturaliste et des voix légères comme le ciel. Des gens simples et talentueux, des potes mélodiques de Port O Brien, Desert Noises, et toute une tripotée de groupes de hippies qui veulent juste vous embellir le quotidien, et ambiancer vos road-trips en forêt. Island Of Echoes, c'est un bon pote avec qui on boit une bière et on rêve de demain.

 

8/ Dylan Leblanc – Cast The Same Old Shadow (Crooner Country déprimé // Beggars Banquet)

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S'il y a une voix parmi les plus sous-estimées ou simplement mal “marketées” aux USA en 2012, c'est celle de Dylan Leblanc. Un timbre qui prend directement à la gorge, une sorte de Jeff Buckley version cowboy solitaire, capable de transformer quelques mots en or, mais aussi de se déployer pour filer des frissons. Ce second album est plus sombre que Paupers Field, et à 22 piges, Dylan arrive déjà à écrire un disque d'americana de quarantenaire: la mort, le désespoir, la nostalgie hantent ses pensées. En permanence dans un brouillard de reverb les compositions sont bercées de pedal steel, de piano et claviers à fleur de peau et de lyrisme, de violons aux sanglots longs. Tout cela mis en branle par une batterie de cabaret à 3 heures du matin, titubante. Un disque qui demande du temps, une lumière tamisée, et pourquoi pas un whisky.

 

9/ Regina Spektor – What We Saw From The Cheap Seats (Anti-folk mainstreamisée // Sire)

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Régina avait un peu déconné sur ses deux derniers albums, et on aurait pu croire que son contrat chez Warner Music l'avait rendu toute guimauve, incapable de pondre autre chose que des bande-son pour Grey's Anatomy. Heureusement, WWSFTCS (oui je vais pas recopier ...) est un disque qui revient au coté impertinent, malicieux et inventif qui a fait tout le charme de son chef d'oeuvre Soviet Kitsh. Le son reste surproduit (sans dec la rythmique sur “All the row boats”) mais on sent Regina libérée, elle a retrouvé son humour (“Ballad of a politician”) et ses mélodies trépidantes. Pour les initiés, soulagement, pour les novices, une belle porte d'entrée.

 

10/ Maserati – Maserati VII (Post-Dance-Futuro-rock // Temporary Residence)

http://ecx.images-amazon.com/images/I/413WcntA1KL._SL500_AA300_.jpg

Le grand malheur de tout groupe instrumental “qui bouge”, c'est qu'il y aura toujours un con pour dire “faut les voir en live, sur album c'est pas génial”. Du coup on écoute jamais l'album. Et Maserati VII, c'est une course effrénée vers le kiff longue durée. Quoi, ça veut rien dire ? C'est des bouts d'electronique dansante dans une marre de groove binaire avec des guitares comme si The Edge jouait du Métal, ça va plaire à votre soeur qui écoute Rihanna, et à votre cousin qui croit que Battles c'est le truc le plus novateur du 21ème siècle (il a pas tort ?). Maserati trouve ici le juste milieu entre organique et synthétique, pour faire du futurisme sans rétro, et du space-rock sans l'ambiance psychotropes. Tu peux l'écouter, assis, debout, en faisant un gangnam style, ça sera toujours du putain de dance-rock de qualité.

       

 

N'oubliez pas d'acheter des disques, des vinyles, des t-shirts de groupes, des places de concerts (sauf si c'est organisé par Gérard Drouot) entre deux téléchargements illégaux. Likez la page facebook (juste à votre gauche dans le sommaire) et suivez /Taste sous Twitter (@Slashtaste). On se retrouve en 2013. 

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Published by Hank - dans Les news
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commentaires

Anthony 30/12/2012 23:46

Merci d'avoir l'honnêteté de dire que ce sont des albums/groupes dont on a peu ou pas entendu parler, parce que c'est un peu le cas de tous les tops que j'ai lu jusqu’à présent, alors qu'ils
étaient censé refléter les albums incontournables de l'année.
Du coup, ça me donne plus envie d'en savoir un peu plus sur certains :-)