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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 16:08

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Billy et les coeurs brisés

Georges Lewis Jr. est de la race des bikers tout cuir version 21ème siècle, avec le coté regard profond, style étudié, apparence de lover mais coeur en sucre rose quand une meuf joue un peu trop avec. Le coeur, toujours le coeur, Confess ne fait qu'en parler, car au fil des rencontres d'un soir, des baisers volés, des attachements à un seul sens, Twin Shadow a découvert quelque chose qu'il cachait encore malgré lui sur Forget: c'est un beau salaud. Du genre à vous chanter avec une balade de dandy dramatique sur un air purement 80's pop (de l'écho partout, la rythmique bondissante) que l'une "ne le comprend pas", l'autre "veut cacher qu'il l'a embrassé", et pour couronner le tout qu'il va "pleurer quand le film sera finit". Le personnage est clairement agaçant, et pourtant, Confess, s'il manque de nuance dans la forme, touche souvent au coeur (encore lui) par cette même incapacité à reformuler ses sentiments.

Contrairement à Forget, Confess a une claire ambition pour animer les dance-floors de Williamsburgh en pleine recherche de compromis entre indie-credibility et efficacité pop mainstream, car les sonorités ici sont tout ce qu'il y a de plus agréables et tendances: on pense à Prince en plus moderne/electronique ("Golden Light", "Patient") et souvent à un Billy Idol introspectif ("When The Movie's Over", "Beg For The Night"). En somme Confess est un disque qui manque de retenue aussi bien sur la longueur (on dépasse souvent la 3ème répétition du refrain), que sur les paroles ( je vous laisse traduire "Maybe you don't want no one to find out that I've been kissing you" ). Sauf que, si on le prend pour ce qu'il est, un pastiche de pop 80's (synthés ronds, guitares flanger étouffées, beats pour séance de jogging) durement bossé par un gars un brin mégalo seul dans son appartement, on admettra que l'entreprise est plutot réussie. On en gardera le souvenir de quelques mouvements de hanche gênés et un regard brulant d'une serveuse qui ne sait pas un traître mot de ce qui est dit dans la chanson (généralement une saloperie un brin machiste, au mieux mysanthrope). On a pécho avec moins qu'ça.

7/10
Label: 4AD

Sortie: 26 Juin 2012

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Published by Pikapika - dans Chroniques d'albums
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