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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 22:45

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La terreur qui fait pas peur

A force de prôner l'originalité, la fusion des genres, on en oublie que cela peut souvent se terminer en ignominie, surtout quand le groupe en question n'a aucun sens de la retenue, de l'équilibre musical, et n'a qu'un but: sonner plus putassier et agressif que tout le monde. Sleigh Bells est donc ce groupe, un duo de Brooklyn qui a "inventé" en 2010 une potion imbuvable entre hard-rock, beats hip-hop et electro-pop. Ca s'appelait Treats, c'était 32 minutes de riffs gros (et laids) comme des monster-trucks, de rythmiques sonnant comme un fusil à pompe dans Quake 3, et de lignes de chant féminines innocentes, girly et poseuses. Reign of Terror, comme son nom le fait craindre, c'est pareil, en pire.

De l'introduction "True Shred Guitar" façon "on arrive dans une arène déjà surchauffée et on découpe en charpie du AC/DC avec un son digne d'un crash de Boeing 747" aux sons de synthé dégueulasses de la tentative dark-dream-pop "D.O.A" , ce disque est un plaidoyer pour la superficialité, le gimmick, l'inanité musicale. Tout est surjoué, imperméable à une quelconque profondeur mélodique, des titres comme "Born to lose" et son insupportable double-pédale, "Leader of the park" et son solo à deux guitares (et cette voix mièvre blindée d'effets), "You lost me" qui semble piqué à la B.O de la suite cachée de Top Gun (en vogue en ce moment décidément), sont l'équivalent musical d'un cellophane sur un morceau de barbarque pas fraiche.

La folie des grandeurs et du plus gros son pourrait au moins rendre l'expérience excitante sauf qu'il n'y a pas une once de différence entre le volume et l'agressivité d'un titre à son début ou à sa fin. Dans le monde de Sleigh Bells, les émotions n'existent pas, rien ne fait sens, tout est instinct, tout est programmé pour faire BOUM, pour head-banger comme un pantin sans différencier les couleurs, sans passer par plusieurs stades, non, tu vas bouffer de la bouillie savament produite pour contaminer tes séries tv teenage, tes jeux vidéos de gangster, les moments où certains se demandent si la musique est vraiment leur passion, ou simplement un loisir, un défouloir même. Si tu fais parti de cette dernière catégorie, tu ne lis surement pas ce blog, et grand bien t'en fasse, les autres, fuyez ce groupe comme la peste.

1/10

 

Sortie: 20 Février

Label: Mom & Pop Music

 

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 18:09

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Voir plus loin

Les charts anglais sont, depuis la fin du revival indie-rock des 2000's (Libertines, Razorlight, Bloc Party) embourbés dans la mélasse electro-pop (Florence and the machines, La Roux) et la soupette pour stade (Coldplay, Snow Patrol). Les groupes de rock à guitare qui percent se font rares. Les groupes à guitare qui percent et ne cherchent pas à capitaliser sur des schémas éculés (le groupe à la Kinks, le groupe à la Cure, le groupe à la Jesus and Mary Chain), encore plus. Les Maccabees avaient pourtant commencer avec un simple (honnête et plutot appréciable) garage-rock des familles sur Colour It In, rien de très marquant. Ensuite, ils ont peaufiné la recette, et inséré quelques morceaux plus tranquilles, réfléchis ("No Kind Words", "William Powers") sur un second album intriguant, Wall of arms.
Mais aujourd'hui, avec Given to the wild, ils écrivent un nouveau chapitre de leur carrière. Cela débute sur une plage de synthés paradisiaques, où la voix d'Orlando Weeks apparait, semble flotter tandis qu'on entend au loin les même mots "Given to the wild, wild away, wild away". Ensuite quelques notes de guitares, comme jouées dans une piscine de coton, transportent la mélodie jusqu'à un groove de batterie tranquille accompagné de cuivres angéliques. En 7 minutes, le groupe prouve qu'ils n'ont rien à voir avec tout ces jeunes loups anglais dont l'ambition se situe en dessous de la ceinture entre le porte-feuille et les bourses. Ici, on cherche la beauté musicale pure et l'aventure. La promesse de cette introduction est presque tenue dans Given to the wild, un disque qui, s'il n'est pas parfait, fait preuve d'une audace et d'une ambition certaines. S'il y a un moteur pour mettre en route les envoûtantes compositions ici, c'est la section rythmique composée de Rupert Jarvis à la basse et Sam Doyle à la batterie. Ils taillent sur mesure des structures digne d'un grand huit emotionnel ('Feel to follow', la magnifique "Glimmer") autant que de méchants bolides pour du math-rock progressif ("Pelican, "Unknown"). Les guitares et la voix restent donc souvent en retrait mais savent se faire remarquer lorsque la machine s'embale.

Orlando Weeks montre une pallette vocale et d'élocution impressionnante, et prend un peu plus de carrure et de justesse ici. Notons que l'album bénéficie aussi d'arrangements majestueux de violons, synthétiseur et cuivres qui ajoutent une atmosphère de rêve éveillé aux titres. Le seul reproche à faire au groupe, c'est d'avoir cacher les moins bonnes idées à la fin du disque, avec les balades "Slowly One" et "Grew up at midnight" qui finissent dans une ferveur grandiloquente digne de ... Coldplay justement. .Given to the wild est donc un véritable voyage sonore, qui rappelle en beaucoup de points l'évolution des Foals sur Total Life Forever, avec une vision plus posée, des compositions moins rentre-dedans et un univers musical libre, à l'horizon infini, fascinant.

8/10

Sortie: 6 février 2012

Label: Coopérative Music

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 14:46

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"You know I got a plane tomorrow morning, right ?"

Porté par le succès (mérité) de son premier album "solo" dans les charts du Royaume-Uni, Noel Gallagher revient 4 mois après sa dernière date à Dublin (à l'Olympia Theatre), récolter les lauriers devant un public qui lui est acquis depuis des siècles. Et c'est surement cet excès de confiance qui le poussera ce soir à la jouer en roue libre. Etrangement, il débute le set avec "It's good to be free", issu de la compilation de face-b The Masterplan, et encore plus étonnant: le public entonne les paroles du début à la fin. S'en suit le passable "Mucky Fingers", autre plaisir de fan-hardcore tiré de Don't believe the truth. Mais le véritable show débute sur les titres des High Flying Birds, qui sont ce soir, et c'est une nouveauté vis à vis de la première tournée, accompagnés par deux chorales (féminine et masculine) et un trio de cuivres. Si le son général manque de précision, l'O2 Arena ressemblant plus à un hall d'aéroport qu'une salle de concert (avec ses tuyaux de ventilations apparant au plafond, et sa fosse extrêmement large), ces arrangements supplémentaires rendent à merveille sur les tubes "Dream On", "Everybody's on the run" et "If I had a gun". Le groupe joue tout à la lettre, pas d'impro, comme à l'époque Oasis. Deux awards doivent être décernés, un pour la performance la plus brouillonne et heureusement inaudible de Jeremy Stacey (Batteur), l'autre pour la participation plus enthousiaste et éblouissante de Mike Rowe (Clavier/Moog/synthé). Ce dernier est véritablement le phare qui guide les mélodies, et donne un peu de vie à un jeu de scène global qui s'approche du niveau zéro. Gallagher se fend de quelques vannes au public lorsqu'il continue à hurler sa joie entre les morceaux: "You know I got a plane tomorrow morning, right ?". On le sent un peu lassé ce soir, comme si lui même voulait passer à autre chose qu'une Oasis-Fan-Party. On replonge dans les tiroirs d'Oasis justement avec une version acoustique de "Supersonic" sympathique, mais lorsqu'arrive juste après une excitante version de "AkA What a life !" on a le sentiment que Noel et son public prennent plus de plaisir à regarder vers l'avenir.

IMAG0571.jpgCet éternel aller-retour entre les classiques du songbook de Gallagher (et il en a des dizaines) et son nouveau répertoire s'avère frustrant, et ce ne sont pas les ennuyantes faces-b "Talk Tonight" et "Half the world away" qui vont faire monter la sauce. Le show se termine étrangement sur l'efficace "Soldier boys and jesus freaks" et "Stranded on the wrong beach", parmi les titres les plus relaxés du disque des oiseaux qui volent haut (ça fait con en français hein ?). Bien entendu, un rappel façon best-of arrive, mais lui aussi bascule entre l'imparable et le discutable: "Whatever" soulève les foules mais manque de pêche, "Little by little" est toujours aussi pleurnicharde, mais "The Importance of being Idle" remonte la pente, et "Don't look back in anger", comme à son habitude, réconcilie tout le monde. Les irlandais se prennent par l'épaule, se gueulent les paroles dans l'oreille, renversent de la Carlsberg sur leur jogging en basculant de gauche à droite dans une béatitude digne d'une victoire en Coupe Du Monde de rugby. Ils étaient venus pour ça eux, se souvenir des belles choses. Moi, j'attendais qu'on tourne la page, et qu'on ne fixe plus le cadavre dans le blanc de l'oeil, tant pis.

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 23:44

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Modeste héros

Il y en a très peu de ces artistes qui possèdent les chansons et le charisme, une identité musicale affirmée et une foi inébranlable en leur propos, quelque chose d'aussi mystique et narquois qu'innocent et touchant , quelque chose de Kurt Vile. Ce n'est donc pas étonnant que ce soir le public réuni au Whelan's, lieu phare de l'indie-rock à Dublin, est varié, allant du jeune hipster barbu à bretelles qui vient boire sa cueillère de folk des cavernes, au cinquantenaire bedonnant ayant eu vent d'un gamin qui aurait passé sa jeunesse dans le bluegrass et l'americana, obsédé par des trucs de réacs comme Tom Petty et Bruce Springsteen.

Il arrive seul sur scène, en fait, le show n'est pas commencé, il bidouille son pedal-board, évite de regarder le public qui en profite pour faire quelques instagrams avec leurs Iphone. Puis les lumières baissent, il se lève, chante "Can't come" seul, avec une guitare folk un brin usée, le nez dans sa jungle de cheveux. Le monde se tait, Il relève les yeux quelques minutes plus tard, un petit sourire, le public (nombreux, le concert est sold out) applaudit comme s'il venait de jouer son plus grand tube. Ensuite, son groupe, les Violators, arrive et débutent vraiment les affaires pour un set qui durera un peu plus d'1h20 rappel compris. Lorsque ses comparses sont là, Vile souille vicieusement les mélodies de son dernier album, Smoke ring for my Halo, de distortion, de saturation, comme sur "Jesus Fever" et "Puppet to the man", qui sonnent comme des bourrasques dans une ville fantôme. Il revient aussi sur l'album Childish Prodigy dont la sombre "Heart-attack" est jouée avec une violence terrible. Et pour quelques instants, il est laissé à sa Dobro rutilante, pour tisser avec son art du picking et ses accords enfumés des comptines qui auraient pu être écrite par un Zimmerman ou un Guthrie ("My best friends", "Peeping Tomboy").

 

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Déjà victorieux après 60 minutes de set, il parle de rentrer chez lui, mais certains voient que la set-list a bien entendu son rappel prévu juste à droite de la grosse caisse de ce monstrueux batteur aux bras comme des troncs d'arbre. Te fous pas de notre gueule, reviens par ici.Pas mécontent de sa soirée (le "You're the best audience ever" sonnait étrangement sincère), il ramène les potes, délivre la classique "Baby's arms" et lache les chevaux sur le terrible "Hunchback" qui montre les crocs, permet à Kurt de rugir un poil, et finit en jam goudronnée. Là dessus, les guitares sortent à peine du car crash que le "Freak Train" est en marche, et rappelle la cavalerie à l'ordre, les trois guitares se battant à qui fera dérailler le bordel le plus tout en restant dans les clous, un exercice périlleux et magistralement effectué. Le jeune loup termine la soirée en serrant quelques pognes alors que ses bières entamées au coin de la scène l'appellent, puis il reviendra, discutant avec les gens, quelques secondes à droite à gauche, un peu paumé, un peu inconscient de ses exploits, un peu Kurt Vile.

 

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 22:49

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Mythes et légendes

A la conquête des mystères de mère nature, fascinée par le folklore japonais, possédée par un imaginaire médiéval et fantastique, Laura J Martin n'est pas votre folkeuse habituelle. Une propension à l'évasion qui n'est pas sans rappeler la désormais reine du neo-folk certifié "Heroic-fantasy" Joanna Newsom. Ici, ce n'est pas la harpe mais la flute traversière, la mandoline et le piano qui rythment les contes naturalistes . Son style d'écriture est tourné autour de la psychologie des personnages qu'elle incarne ou poursuit. Au milieu de l'attirail digne d'une ménestrelle d'Albion, sa voix de fée rassure et berce, comme une joyeuse Kate Bush reprenant des standards irlandais. On pense souvent à Ian Dury pour les titres les plus dansant ("Salamander", "Jesse") et même Jethro Tull pour l'aspect prog des bois ("Leonine", "Black Caravan"). L'ombre au tableau, elle est hélas dans le trop-plein de couleurs et d'instrumentations dont nous submerge The Hangman Tree. Quelques fois, on souhaiterait que Laura lache un peu sa pédale de loops pour faire respirer sa musique ou que ses compagnons offrent un peu plus de punch à ses récits (la batterie est terriblement redondante). Enfin, il est évident qu'en 16 titres la redondance du style ne peut pas passer inaperçue et on se lasse de motifs moins inspirés, et d'arrangements lourds, quelques fois nocifs à la mélodie ("What if king", "Kissbye Goodnight" en duo avec Buck65). Il en reste un album attendrissant, qui possède trop de défauts de jeunesse pour convaincre sur la longueur. Pourvu que le buffet soit plus léger et goutu à la deuxième réception de la reine Laura.5/10

 

Sortie: 23 Janvier 2012

Label: Static Caravan

 

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 12:48

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Un bon deuxième set

Lorsque résonne le refrain de "Petition", choeurs ensoleillés et chant virevoltant, on se dit que Tennis, trio originaire de Denver, n'est pas un simple passager du bateau pop lo-fi "prout prout" (Best Coast, Vivian Girls, Dum Dum Girls). En parlant de bateau, le groupe est né après un tour du monde de deux tourtereaux (Patrick Riley, Aliana Moore), avec comme résultat le très moyen Cape Dory (2011), un disque ultra-référencé aux mélodies 60's, matinées de surf-pop.

Un an après, Young And Old pourrait bien faire changer d'avis les sceptiques reprochant au groupe un son trop plat, indistinct, sans relief. Les instruments prennent enfin l'air, les guitares et la voix respirent ("Take me to heaven", "Robin"), mais la grande gagnante ici, c'est la basse (et le synthé-basse) qui enveloppe chaque titre d'une couverture groovy bien confortable ("Origins", "Petition" aux refrains imparables). Compliments à Patrick Carvey (Black Keys) qui a produit l'album avec soin pour propulser le son de Tennis vers quelque chose de plus varié, clair, et simplement agréable. Mais les progrès sonores ne seraient rien sans les chansons qui vont avec, et là aussi on est étonné. On sort du pilotage automatique, on risque la guitare disto ici (la fin de "It all feels the same"), le clavier moog en spirale là ("Traveling"), et de nouveaux territoires sont explorés ("Origins" et "Petition" aux accents plus soul, définitivement influencé par les Black Keys). Aliana Moore offre une meilleure prestation vocale, mais on fera peu attention à ses textes, tournant toujours autour d'amours et de voyages ... Young And Old est un titre qui ne ment pas sur la marchandise: porté par les premiers émois de la pop américaine, avec une fraicheur et une jeunesse communicative, c'est un disque solide et sans prétention. Mention bien.

7/10

Sortie: 22 Février

Label: All Tomorrows Parties (ATP recording)

 

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 16:00

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Une taille trop haute

Plus qu'aucun artiste des années 2000, Lana Del Rey a déclenché les mécanismes virulents de l'industrie musicale 2.0 en quelques mois de buzz affolant autour d'un titre, l'anachronique et enchanteur "Video Games" . Les bases du mystère Del Rey étaient déjà là, dans cette éternelle dualité: voix imposante dans les graves, fragile dans les aigus, mix improbable du lyrisme de Barbra Streisand et de la sensualité de Martina Topley Bird, musique d'un autre temps mais texte aux références contemporaines. Ensuite ? Les blogs se refilent la sensation, Pitchfork se charge d'une promo constante, mais le truc dépasse l'underground, les ventes Itunes de "Video Games" et "Blue Jeans" décollent jusqu'à menacer le blockbuster d'Adele "Rolling in the deep". On l'adore pour son charme et son personnage intriguant ou on la déteste pour son physique et son air de mante (pas très) religieuse mais on en parle. Les magazines spécialisés, non-spécialisés, chaînes tv, radios: un peu plus d'un an après le flop de son premier album, retiré de la vente rapidement (Lana Del Ray), elle est reine du monde.

Pourquoi rappeler l'histoire complète ? Parce que Born To Die est la véritable victime du vacarme médiatique, un album qui sort 4 mois après ce single coup de poker, 4 mois de promo et de concerts. La diva qu'on imaginait capable de réécrire les codes de la pop se confond dans les gimmicks: la croqueuse de diamant mégalo sur "National Anthem" et son "Money is the reason we exist, everybody knows it it's a fact kiss kiss" ou la fille en manque qui feint le coup de foudre ultime et minaude sur "Million Dollar Man" et "Born to die". Mais le réel problème, il est dans une bonne partie des productions proposées par ses collaborateurs Chris Braide (James Morrisson, Cheryl Cole) Mike Daly (Plain White T's, Marié Digby), et Jim Irvin (Michelle Branch, Boyzone). Les beats vaguement hip-hop sont lourds, simplistes, aussi gracieux qu'un cachalot ("Off to the races"), et lorsque la mélodie est bonne un brouillard d'effets sonores et de synthé noie tout espoir de se concentrer sur autre chose ("Million Dollar Man"). On serait facilement tenté de dire qu'Interscope (filiale d'Universal) a joué un rôle dans ce virage FM et surproduit. Est ce inécoutable ou dénué de bons moments ? non. Est ce un grand disque qui confirme nos espoirs ? non plus hélas.

 

Sortie: 27 Janvier

Label: Interscope

 

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 15:32

 

http://news.jukebo.fr/files/2012/01/album-the-ting-tings.jpg

We are advertising

Dimanche 29 Août 2010, fin d'aprem, j'étais assis dans un parc à coté d'un jeune de 16-17 ans, paré de lunettes de soleil et d'une casquette rouge trop grande pour sa tête malgré la grisaille de plus en plus sombre. Il tache son t-shirt vert crapaud avec la sauce de son sandwich végétarien à 7 euros, se nettoie, et me demande des petites feuilles pour rouler un joint. 5 min après, ses amis (ayant étrangement le même look flashy à grosse lunettes) arrivent les mains pleines de bonbons SFR, et prêts à en découdre avec les Ting Tings qui arrivent sur la grande scène de Rock en Seine. Comme un vieux con, je reste en observateur sur la bute en amont à droite, tandis que tous les gens en dessous de 20 ans se ruent dans la fosse.Une tête à claque aux mêmes lunettes que mon compagnon d'il y a quelques minutes (Jules des Martino) se met à jouer 4, allez, 5 notes/touches de synthé, et utilise une loop pedal pour que ça sonne moins creux. Ensuite il va faire de la batterie, enfin, un truc simple, poum poum tchak, une boite à rythme suffirait mais non. On s'emmerde (enfin, le public tape déjà des mimines), et là une grande blondasse entre Loana et Lady Gaga (Katie White) débarque et sort des suites de mots comme des slogans ("everything breaking, but I don't care, Smash the rest up, Burn it Down"), en jouant 3 plans de basse qu'on apprend quand on commence la funk. La foule est en délire, tout le monde reprend le refrain fait de 2 mots "We walk !" (c'est le titre du morceau). Et le succès continue pendant tout le concert, ça saute en rythme, ça pousse des "ah ah" et "oh oh" quand il faut, ça chante même les mélodies.

Ce duo lookés skaters/fluokids qui arrive à conquérir 20 000 ados et adultes décérébrés en quelques secondes, ce sont les Ting Tings, le premier groupe de l'histoire de la musique à être né pour vous vendre du shampoing. Sounds from Nowheresville est leur deuxième album (après We started nothing en 2008), et en quatre années, ils n'ont pas changé d'un iota. La voix de Katie (dont la piste est doublée voire triplée) donne toujours envie de l'étouffer dans un sac à patate ("Guggenheim", "Soul Killing"),  le niveau mélodique se rapproche carrément du Jeu Simon gonflé aux stéroides ("Silence", "One by One") et le pire étant surement le copier-coller d'un album sur l'autre ("Hang it up" est un "Shut up and let me go" bis, "One by one" reprend peu ou prou "Impacilla Carpisung"). Sur la fin, ça essaye de faire des chansons avec un peu de guitare, et là on éclate de rire comme si Patrick Sebastien refaisait un sketch de Desproges. Il y a quelque chose d'aussi fm et stérilisé que les chansons d'Kelly Clarkson ou Vanessa Carlton dans "Day to Day" et "Help". Tout est douloureusement vide, superficiel, putassier, c'est à se demander s'il y a une once de fierté chez ces gens. On pardonnera à peine la tentative de s'imiscer dans une B.O de Tarantino, "In your life", (mêlant guitare tremolo western et violons morbides) qui est la seule bouffée d'air du disque. Mais bon, ça va pas excuser les 30 minutes de saignement auriculaire que je viens de subir.


Sortie: 27 Février 2012

Label:Columbia

 

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 13:12

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Psychédélisme de sauvageon

Il se passe des choses étranges de l'autre coté de la manche. Un groupe a décidé de ne pas honorer les dieux britanniques tels qu'Oasis, les Smiths, Jesus and Mary Chain ou encore Pulp. Non, eux ils seraient plutot à faire des incantations la nuit au grand valhalla et courir tout nus dans des champs de pavot.  Ce trio de gens dérangés, c'est Islet, ils viennent de Cardiff, et Illuminated People est leur premier album.
Plus que psychédélique, la musique de Islet est primale et instinctive, avec ses toms et ses cymbales rythmant votre flux sanguin ("Libra man" terriblement kraut-rock de CAN, la folie noisy-pop de "This fortune", à la Deerhoof) et ses airs caméléons entre détente alcoolique et furie collective ("Entwines Pines" pop-shoegaze qui se termine en math-rock menaçant, "Filia" le titre le plus sombre, comateux au départ puis de plus en plus rageur). Ils ne savent même pas se prendre au sérieux (le clownesque et planant "Shores") et quand ils veulent passer pour des gens saints d'esprit, ils sonnent comme Vampire Weekend sous acide ("Funicular"). Trop de conneries bien faites, trop de twists débiles mais jouissifs, Illuminated People ce n'est jamais ce qu'on imagine, et souvent ce qu'on a pas espéré, mais c'est surtout aventureux et original. Une preuve que les esprits libres de la weird-pop (Animal Collective, Gang Gang Dance, Bear in Heaven) ne naissent pas uniquement dans la Big Apple. Cool.

 

Sortie: 23 Janvier 2012

Label: Shape Records

 

Album en écoute/vente sur Bandcamp (Vinyle en édition limitée)

 

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 14:57

http://did.youhearthenew.com/wp-content/uploads/2012/01/Grimes-Visions-2012.jpg

Post-megaupload

Est-il nécessaire de repréciser: aujourd'hui, on peut faire de la musique sans être musicien. On peut même avoir du succès sans avoir de sens mélodique (qui a encore balancé une vanne sur David Guetta ?). De nos jours, un bon logiciel de MAO, un clavier/controleur Midi (un Akai MPC si vous voulez vraiment coller à la tendance), quelques synthés et vous êtes prêt(e). Vous allez facilement sortir vos premiers titres dark-pop-binaires dont vous comblerez les lacunes par quelques arrangements "space" (sons de pisto-laser, échos incessant, samples indus), de temps en temps un beat hip-hop pour secouer le public qui ronfle, et vous arriverez à tout faire (hum) sauf des chansons. Soit, la canadienne Claire Boucher (l'unique composante de Grimes) a déja avoué ne pas être une musicienne au sens strict. Elle joue des titres "parce que les sons lui plaisent" et se soucie peu du sens que sa musique ou ses paroles peuvent avoir. Là dessus, elle qualifie sa musique de "post-internet" , une expression peut-être pompeuse mais pas si loin de la réalité ici: Visions, son troisième album (en comptant Geidi Primes et Halfaxa, sortis sur le micro-label Arbutus Records), touche à tout et ne va pas vraiment quelque part.
Si Grimes était qualifiée d'artiste "Witch-House" (mélange de sonorités indus, hiphop et univers gothique) auparavant, elle essaye ici d'opérer un tournant pop, avec difficulté. C'est un disque où l'on bascule, comme sur le web, entre le plus superficiel ("Genesis" et "Oblivion" même pas dignes de face-b d'Au Revoir Simone, "Vowels= space and time" qui resuscite la dance et le RnB 90's), et le plus intriguant ("Eight") et même intéressant ("Skin" et ses 6 minutes de shoot galactique entre ambient, post-punk et RnB). Visions signe l'arrivée de Grimes chez un label important, 4AD, et contient tous les ingrédients pour confirmer le buzz : le mélange des genres osé (le RnB revient en force avec des artistes comme The Weeknd) et l'aspect assez dansant et en même temps étrange de ses morceaux. Et si tout ça est présenté par une jolie gamine lookée comme une étudiante en école d'Art, vous aurez de quoi satisfaire le hipster en vous. On attend un autre disque pour décider si on a affaire à une arnaque ou une vraie visionnaire.

 

Sortie: 21 Février (USA) 12 Mars (Europe) 2012

Label: 4AD

 

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