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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 17:09

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Sonic youth

 

Johnny Foreigner, c’est un groupe qui n’a jamais été assez punk-rock californien pour percer à la radio américaine et qui n’a jamais été assez rock lo-fi pour séduire les indie-dudes, et avec ça ils sont british (Birmingham). Johnny Foreigner Vs Everything est un retour inespéré après deux ans sans nouvelles et le groupe ne semble jamais s’être arrêté. Leur musique, joyeusement bordélique, bondissante, continue de sonner hargneuse, noisy, et créative.

Ce qui impressionne réellement chez Johnny Foreigner, c’est la capacité à effectuer des virages mélodiques et rythmiques jouissifs dans leurs morceaux : « Electricity vs The Dead » ,« Hulk Hoegaarden », « Don’t show your fang ». On sent sur une grande partie de Johnny Foreigner Vs Everything que le groupe cherche toujours à se diversifier, on trouve autant des ritournelles pop parfaites dignes à la Pinback ou The Notwist (« 200x », « Doesn’t believe in angels »), que des tueries punk avec un soupçon progressif (« The Swell/Like Neverwhere », « If i’m the most famous boy you know … »). J'essaye de réduire le name-dropping, mais comment faire quand un groupe réussit à sonner dans le même morceau comme At the drive-in pour les nuls puis Blink 182 version destroy ?

Il est dommage que le groupe remplisse à ras-bord la galette (17 titres !) avec des pistes non-musicales (« Concret1 », « Concret2 ») qui ne renforcent pas l’atmosphère du disque, et il aurait été utile d’élaguer la tracklist en coupant quelques possibles face-b (« What drummers get », « Alternate Timelines Piling up »).  Malgré ce trop-plein d’enthousiasme, on est une fois de plus conquis par cette bande d’éternels ados qui redonnent ses lettres de noblesse au punk-rock avec une originalité et une vitalité indéniable. 

 

Sortie: 7 Novembre 2011

Label: Alcopop Records

 


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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 14:17

Dans la série des tops cette semaine, voici venu, le top morceaux (ou top "chansons") qu'on oubliera pas lorsque le chaos et le désordre frapperont à notre porte, entre le 31 Décembre 2011 et le 1er Janvier 2012. Cliquez sur les titres pour les écouter.

(si vous vous ennuyez, regardez dans les yeux de chris, je crois qu'il veut faire des trucs sales)

 

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1/ Girls - Vomit

Un hymne à l'amour un peu désespéré, aux paroles simples et pourtant bouleversantes ("Nights I spend alone, I spend them runnin' round looking for you baby"), ou Christopher Owens brise sa carapace de tête à claque qui se fout de tout pour dévoiler des ambitions débordantes et une sincérité à vous faire fondre un fan de grind-core. De l'intro sombre à l'explosion finale, du grand art. On a pas entendu un seul autre titre dans toute l'année aussi passionnant, maitrisé, et hors des modes (vous en connaissez des groupes indé qui rappellent le Pink Floyd de Dark Side Of The Moon ?).


2/ Ty Segall - You make the sun Fry

Salut, j'ai une obsession pour les Beatles de l'Album Blanc, j'y trouve mon inspiration pour faire une pop lo-fi aux refrains imparables, aux guitares cheap et heavy en même temps, avec des morceaux de 2 minutes 30 en moyenne, comme au bon vieux temps des coupes au bol. "You make the sun Fry", c'est un peu la version détendue de "Helter Skelter". J'ajouterai que Goodbye Bread, dernier album de Ty Segall (non chroniqué ici) est un petit bijoux, mais ne spoilons pas le top album ...

 

3/ Radiohead - The Daily Mail

Un vieux titre non-présent sur King of Limbs (ils prennent l'habitude de mettre le meilleur en face-b apparemment) qui démontre que le Radiohead de Kid A/Amnesiac n'est pas encore mort, et rappelant un peu "Life in a glasshouse" qu'on aurait ré-arrangé pour une B.O de James Bond (cette transition à 2:09 et la montée des cuivres ...). Thom Yorke y délivre une prestation habitée et touchante qui prouve qu'il peut encore sortir de grandes interprétations sans se morfondre. Le genre de morceau qui n'aurait pas pu être composé par un autre groupe.

 

4/ The Kills - Future Starts Slow

Le titre trompe-l'oeil du dernier Kills, Blood Pressures. Future Starts Slow est de ces morceaux qui vous font croire que le rocknroll a ressuscité (comme le "Whatever happened to my rocknroll" des BRMC, ou "Date with the night" des Yeah Yeah Yeahs). On a ici tout pour démarrer un futur excitant: la batterie martiale, la guitare brumeuse qui vous transporte dans un Tour Bus en plein milieu d'une ville américaine, qui vous aveugle d'un tas d'écrans et d'enseignes lumineuses. La sensation de ne pas savoir ce que demain réserve, et d'aimer vivre de cette façon ... 

 

5/ Mastodon - Black Tongue

Non mais comment font-ils ? Cinquième album des "prog-sludge-stoner-punk-metaleux" d'Atlanta, et ils réussissent encore à sortir des riffs percutants, inspirés, des ponts simplement magnifiques (de 1:50 à 2:50, c'est invraisemblablement parfait). Les seuls types à faire passer les solos à 2 guitares comme quelque chose de classe en 2011. Ce titre est surement le plus stoner (avec "Curl of the burl") de The Hunter, mais c'est aussi celui qui n'a pas une seconde en trop. Si vos cheveux restent statiques en écoutant "Black Tongue", vous n'aimez pas la musique heavy je pense.

 

6/ Ron Sexsmith - Get in Line

Ce bon vieux Ron a sorti cette année un album aussi bon (même si, un poil plus lisse et gentillet) que ses prédécesseurs, en enfilant des perles de pop "à papa" (Mc Cartney-like, diront certains), avec la même tranquilité et la même facilité que sur Exit Strategy of the Soul. Get in Line est le premier titre de l'album, c'est un de ses morceaux pour les jours de pluie, les jours où on rentre du boulot en se demandant pourquoi on doit y retourner le lendemain, les matins où votre chat a fait pipi dans votre lit, ou tout simplement quand vous êtes pas jouasse.

 

7/ Bjork - Mutual Core

Alors qu'une bonne partie de la presse française a détruit le dernier Bjork ("non mais elle fait plus rien depuis Homogenic quoiiiiii"). Ici, à Slash-Taste, on a aimé la poésie de Biophilia et particulièrement "Mutual Core", un titre qui bascule plusieurs fois entre la calme du vide intersidéral et les tremblements annonçant la formation d'une nouvelle planète, le Big Bang, un truc du genre quoi. Et quand la machine s'emballe dans de l'electro-indus bouillonnant, c'est particulièrement jouissif.

 

8/ Tv on the radio - Repetition

Repetition est un peu le "Wolf like me" de Nine types of lights, un autre album un peu trop descendu cette année (contre-coup de la hype de Dear Science ?) de la part du groupe funk-jazz-noise-rock (prenez ce que vous voulez) Tv On The Radio. Comme Wolf like me, il possède une tension constante, Tunde Adebimpe y jette son flow qui semble pouvoir durer des heures, dès 2:00 on est possédé par la transe du groupe. On ralentit, on alourdit le riff, et ensuite on balance ce gimmick "My repetition ... My repetition is this ..." en laissant le groupe jammer jusqu'à l'orgasme sonique et c'est comme ça qu'on signe un tube pour enflammer les foules.

 

9/ Washed Out - Before

Ah, la "chill-wave", on en parle plus beaucoup alors que cette année est sorti le premier album du précurseur du genre, Washed Out. Un album un peu prévisible, mais terriblement dépaysant avec ses nuages de synthétiseurs, ses voix pleines d'échos ... c'était la bande son d'une plongée sous-marine dans la mer des caraibes. "Before", un des meilleurs titres de l'album, possède ce petit groove qui donne envie de faire bronzette, et des nappes de clavier qui bercent le système nerveux. Le morceau le plus zen de l'année.

 

10/ Tyler the creator - Yonkers

On parle très peu de hip-hop, de rap, et d'electro sur Slash-Taste, on y connait pas grand chose c'est vrai, et d'ailleurs citer la plus grosse hype hip-hop de l'année confirme ça. Mais on s'en branle, Yonkers, le single qui a fait exploser la popularité de Tyler The Creator (avec son clip un brin morbide et arty), est un titre imparable. Tyler est encore à ce moment là dans son trip suicidaire et skyzophrène, son flow est tantôt relaché tantôt à la limite du nervous breakdown et la basse menaçante qui l'accompagne fait le reste. On ne parlera pas de Goblin, son second album (le premier commercialisé), qui a hélas plutôt déçu en envoyant balader le personnage que "Yonkers" nous avait vendu.

 

11/ The Strokes - Taken for a fool

12/ Kurt Vile - Baby's arms

13/ Lana Del Rey - Video Games

14/ Noel gallagher - Everybody's on the run

15/ Black Keys - Little Black Submarines

16/ Deus - Dark sets in

17/ St Vincent - Year of the tiger

18/ EMA - The Grey Ship

19/ Trail of Dead - Wasteland

20/ Arctic Monkeys - Black Triacle

 

21/ James Blake - Unluck

22/ Smith Westerns - Weekend

23/ Liturgy - Generation

24/ Eleanor Friedberger - My mistakes

25/ Yuck - Get Away

26/ Fleet Foxes - Montezuma

27/ Emily Barker - Billowing Sea

28/ Jacques Greene - What U R

29/ Jay Mascis - Is it Done

30/ Dum Dum Girls - Coming Down

 

31/ Foo Fighters - White Limo

32/ Cults - Abducted

33/ Thee Oh Sees - The Dream

34/ M83 - Intro (feat Zola Jesus)

35/ Youth Lagoon - Montana

36/ Wooden Shjips - Home

37/ The Decemberists - Rise to me

38/ Black Belles - Honky Tonk Horror

39/ Telekinesis - You turn clear in the sun

40/ Atlas Sound - The Shakes

 

41/ Low - Witches

42/ Primus - Last Salmon Man

43/ The Rapture - How deep is your love

44/ Blouse - Time Travel

45/ Feist - The bad in each other

46/ Beirut - Goshen

47/ Zola Jesus - Swords

48/ La dispute - St Paul Missionary Baptist Church Blues

49/ Sharon Jones and the Dap Kings - Genuine part I & II

50/ Marissa Nadler - Baby I will leave you in the morning

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 10:49

Il arrive, quelques fois, qu'on puisse pas écouter 10 nouveaux albums par semaine comme devrait le faire n'importe quel chroniqueur passionné. Pourquoi ? Parce qu'on est pas payé pour faire ça, parce qu'on a une vie à coté, et parce qu'avouons le, à force, on ne sait même plus si on écrit pour se faire plaisir ou pour atteindre plus de 15 lecteurs dans la journée (oui je pense à vous, les quelques fidèles !). Bref arrêtons de tourner autour du pot: voila une liste non-exhaustive d'albums que j'aurai du chroniquer, mais que j'ai zappé, ou qui me sont passés à coté de l'oreille, pour des raisons obscures (si si), sessions de rattrapage ci dessous:

 

All Pigs Must Die - God Is War

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Pour les gens qui ne suivent pas du tout l'actualité metal (et ce n'est pas une tare) All Pigs Must Die est un "supergroupe" constitué de Kevin Baker (The Hope Conspiracy), Adam Wentworth et Matt Woods (Bloodhorse) et surtout Ben Koller, le batteur de Converge. Avec un nom pareil, fallait s'attendre à du vénère, et God Is War est un disque entre punk et hardcore matiné coup de folie (converge-connection oblige), et de ce raffinement technique qui laisse l'auditeur en alerte pendant 8 titres (et 5 autres si vous prenez la version spéciale avec leur premier ep qui hum, déchire sa maman). On regrettera à peine quelques solos Thrash Metal un peu trop "t'as vu mon tatouage de pitbull en rute". Nuque aux abois ? Envie d'un concentré de violence maîtrisé et simplement efficace ? Voila un des meilleurs punching ball de l'année.

 

Sortie: 5 Septembre

Label: Southern Records

 

Youth Lagoon - The Year of Hibernation

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On vous a peut-être bassiné sur des sites spécialisés en pop moderne ou décomplexée sur Youth Lagoon. Mais quand même, ce jeune étudiant de 22 piges qui ne cesse de répéter en interview que sa musique est celle d'un anxieux, limite flippé de tout, vient de sortir l'album le plus rassurant et confortable de 2011. Oui, confortable, comme le single "Cannons" qui semble vous enrouler dans une couverture en coton bio dans un chalet au fond des rocheuses, ou la solennelle "Montana" qu'on jurerait avoir été écrite pour un docu sur les derniers ours blancs. La musique est faussement lo-fi, faite de claviers moelleux et de beats sourds, sa voix, très féminine, flotte au dessus, blessée et nostalgique. Il touche la réussite mélodique quasiment à chaque fois, et réussit à foutre une branlée à tous les albums de pop à synthé de l'année, en faisant plus simple, plus sincère, plus convaincant. Charismatique quoi.

 

Sortie: 27 Septembre

Label: Fat Possum Records

 

Wooden Shjips - West

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Wooden Shjips avaient toujours eu une grosse réputation live, mais avouons que sur album, pour quelqu'un qui n'écoute pas des tonnes de musique psychédélique par jour, ça n'avait rien de bien extraordinaire, c'était ce genre de groupe qu'on sait être bon, mais qui n'excite pas plus que ça. Sur West, les San Franciscains se la jouent plus cash, plus direct, un peu comme s'ils prenaient la voie des Black Angels vers un son plus précis, quitte à décevoir les gros camés du fond de salle. Quand ils pompes les 3/4 du riff de Satisfaction sur "Home", on rigole 10 sec et après on ferme sa gueule et on allume le spliff: c'est magnifiquement accompagné d'un farfisa et d'une voix de poseur à cheveux crades. Le kraut-rock qui sent la chicha ("Looking out"), la piste en reverse qui berce ton THC ("Rising"), tout est réussi dans ce disque, et on monte au 8ème ciel de krishna en 7 titres. Qui a dit que le psyché devait durer des plombes pour hypnotiser ?

 

Sortie: 29 Aout

Label: Thrill Jockey

 

Liturgy - Aesthethica

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L'affaire au départ: un groupe de black-metal de Brooklyn (hein?) fringués comme des gens normaux (quoi ?) croyant avoir créé un genre que le chanteur a appelé, dans un manifeste "le black metal transcendantal". Un groupe détesté par les fans de Black-metal, car salopant le genre avec plusieurs autres: noise-rock ("High Gold" et ses montagnes russes), expérimental (les instrumentaux "Helix Skull" et "Glass Earth"), et même math-rock héroique (l'ultra jouissif "Generation" qui fait durer le même putain de riff 7 min sans lasser l'auditeur). Ils ont beau nous la jouer conceptuel sur certains passages (les boucles de voix de "Glass earth", 2 min de silence à la fin de "Sun of Light"), cette bande n'est pas loin de l'image qu'ils veulent se donner: originaux, excitants, et capables d'extraire une partie de ce qui fait le black-metal pour séduire un public "large", grossièrement, les amateurs de rock puissant. Les gratteux semblent fusionner pour foutre de sacrés coups de riffs dans nos tympans, le chanteur hurle à la mort mais fait passer une certaine émotion malgré tout, et le batteur est monumental car toujours là pour donner une dynamique précise, et nous confondre entre ordre et désordre, dans un chaos qui subjugue. Aesthethica est un disque un peu cérébral, à la violence sous-jacente, aux musiciens soudés pour une seule cause. Vrai metal ou pas, c'est un album mémorable.

 

Sortie: 14 Mars

Label: Thrill Jockey

 

War on Drugs - Slave Ambient

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L'ancien groupe de Kurt Vile continue à voir des mirages dans la soupe polluée qu'est devenu le rêve américain, de l'americana psychédélique qui emprunte à Dylan et Springsteen pour nous compter des histoires de losers héroiques. On bascule entre les moments d'étrange béatitude (les instrumentaux "The animator", "City reprise") et de rengaines terre à terre, au fond du bar ("I was there" et son harmonica) ou sur la route ("Best Night"). Un disque qui fait semblant d'aller nulle part alors qu'il touche toujours au but. Un groupe qui ne sera jamais connu mais qui persévère dans un style si particulier qui fait aujourd'hui le buzz grace à Kurt Vile. Que les journalistes n'oublient pas le groupe où l'homme des cavernes se réfugiait avant de faire la une de tous les magazines.


Sortie: 5 septembre

Label: Secretly Canadian

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 10:23

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Comeback of the Unknowns.

 

Fonda sont un groupe de Los Angeles formé en 1994 par Emily Cook et David Klotz, proposant un rock noisy et mélodieux dans la lignée des Breeders, Dinosaur Jr, ou Teenage Fan Club. La recette pour un succès dans les 90's sauf que leur premier album n'est sorti qu'en 1999 après un tas de changement de line-up, et l'histoire les a (injustement) oublié. Aujourd'hui, 8 ans (!) après leur dernier disque ("Catchin up with the future", ironique hein ?) ils reviennent en plein revival shoegaze-pop, en faisant, devinez quoi, du shoegaze pop.

 

Les voix de Emily et David ne semblent pas avoir bougé d'un poil, même si leur registre se fait plus sucré et ensoleillé qu'avant ("A love that won't let go"), ils nous envoûtent avec des tubes au charme simple et aux paroles naives comme s'ils étaient encore teenager ("Summertime flight" et son "I've had a lot of time to feel, and left alone my heart's not real"). Le petit booster garage-rock en fin de parcours, "My heart is dancing", façon The Pandoras et leur "Hot Generation" rappelle une dernière fois que Fonda n'a pas perdu une miette de sa vigueur.
Better Days est un ep qui nous laisse espérer un vrai retour de Fonda sur scène, l'histoire de botter quelques culs de revivalistes peu inspirés. A savourer avec un air de "c'était mieux avant".

 

Label: Minty Fresh

Sortie: 21 Novembre 2011

 

www.fondamusic.com

 

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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 10:08

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De nouveaux ermites vaillant

 

Silver Tongues, formation de Louisville, Kentucky, hésitent sur leur premier album, Black Kite, entre folk américaine aux harmonies 60's et pop orchestrale. Tout commence sur "Highways", cérémonial à l'orgue où se pose délicatement la voix de David Cronin, avec son falsetto appelant le ciel. Et là, brusquement, "Ketchup", single déjà entendu sur la blogosphère, démarre et casse l'ambiance dans une tornade de chant crié, de roulement de batterie incessant, et de synthétiseur new-wave.

Et ils refont le coup juste après avec un bout de folk intimiste et brumeuse à faire reformer Simon and Garfunkel ("Black Kite"), bousculé par un morceau de pop à violons massif et héroique qui pencherait plutôt vers du sous-Shearwater ("Warsaw"). Mais dès lors le disque choisit sa voie et on découvre des trésors d'arpèges se réverbérant dans la voix de Cronin, quelque part entre Michael Stipe (R.E.M) et Robin Pecknold (Fleet Foxes).

On se demande pourquoi Silver Tongues ont décidé de cacher leur vraie identité folk pastorale sur ses premiers singles ("Warsaw" et "Ketchup") alors qu'il sont tellement meilleurs sur les ballades comme  "Hope for" ou "Greater Time". Black Kite se termine ironiquement avec un titre nommé "Home", moment magique au piano où le chant de Cronin prend une ampleur incroyable. Espérons qu'ils choisissent vite où est leur place sur l'échiquier musical, car Black Kite, à un ou deux titres près, est un début prometteur qui charme par le naturel et la maturité de son songwriting.

 

Sortie: 29 Novembre 2011

Label: Karate Body Records

 

http://silvertongues.bandcamp.com/album/black-kite

http://www.facebook.com/silvertonguesmusic

 


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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 11:56

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Have mercy on me

 

DesertShore est un groupe de San Francisco mené par Phil Carney (ex- Red House Painters), et Chris Connoly, qui joue dans les mêmes territoires que les peintres de maison rouge, entre le slow-core et le folk-rock mélancolique. Si le premier album était entièrement instrumental, donnant un relief quasi post-rock à leurs compositions, ici Mark Kozelek, ancien Red House et aujourd'hui officiant sous le nom de Sun Kill Moon, vient prêter main forte à son ancien camarade en chantant sur une grande partie de l'album.


Autant dire que les fans des RHP ne seront pas perturbés par Drawing of threes car il conserve qui faisait la force du groupe culte des 90's, des mélodies qui semblent couler de source ("Randy Quaid"), une atmosphère d'automne rouge au milieu de la campagne ("Mercy") et ces longs titres hypnotiques qui semblent s'enfoncer dans des marécages de sentiments ("Molle"). Il est toutefois dommage que Kozelek lache le micro sur les quatre dernières pistes, lui qui sait contrebalancer les élans trop tire-larmes du groupe ("Matchlight Arcana" et sa mélodie qui roupille sans vraiment attirer l'attention). Le principal défaut du groupe est de se conforter dans des schémas musicaux qu'ils connaissent par coeur, qui sonnent éculés et caricaturaux.

Drawing of threes est comme un pote juste après une rupture douloureuse: sa tristesse est touchante pendant un moment, mais sur la fin il se morfond et on a envie de le secouer un peu. L'auditeur serein et sans dépression latente préfèrera peut-être se tourner, dans le même style, vers le dernier Low, qui a le mérite d'alterner mélodies contemplatives et envolées rock. 

 

Label: Caldo Verde Records

Sortie: 22 Novembre 2011

 

http://www.desertshoreband.com/

 

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 10:00

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51XLa4YgHdL._SL500_AA300_.jpg

 

Boogie on the radio

 

Brothers, dernier album des Black Keys, l'an passé, a fait littéralement exploser la popularité du groupe grace à un mélange de leur blues-rock teinté de soul plus poli et produit que d'habitude (30% du succès) et un plan marketing (70% du succès) assez affolant à base de vidéos comiques virales, rotation en boucle de "Tighten Up" à la radio, campagne de pub dans vos magazines, vos métros, du Bataclan à l'Olympia qu'ils vont réinvestir sous peu, même votre maman les a entendu en regardant une pub pour le Renault Scenic.

 

C'est idéalement le moment ou un groupe sort son album boursouflé qui vient cueillir les nouveaux curieux, conforter les fans du virage vers des sphères plus simples et catchy, et énerver ces vieux fans qui "savent de quoi ils parlent" avec leur collec de 45 tours édition limité, chopés sur le "j'y étais" tour, à l'époque où tu portais encore des culottes courtes. El Camino est assurément la confirmation que les Black Keys ne sont plus un duo (ils étaient déjà accompagnés sur la tournée Brothers), et qu'ils ont l'ambition de devenir un groupe de rock, de ceux qui déchainent les foules sur une grande scène de festival.

 

Et comment résister à l'hymne "Lonely Boy" et son "Woh oh oh oh ! I got a love that keeps me waiting" , au refrain de "Money Maker" (vous avez deviné il dit "she's a money maker") ou à celui de "Run right back" (et là c'est "I run right back to her"). Un peu de moquerie ne fait pas de mal, puisqu'on peut ensuite dire que les Black Keys ne jouent pas que sur des gimmicks et justifient leur métamorphose avec un titre époustouflant et très différent du reste: l'épopée "Little Black Submarines" qui passe de la folk au blues-prog rappelant un certain "Stairway to Heaven".

 

On reste quand même circonspect de l'attirail sonore qui gâche un peu de très bons titres:  le synthé kitshoune de "Sister", la basse buzzante "à la Raconteurs" sur "Gold on the ceiling" (rappelant "Howlin' for you"), ou les cloches de noel sur "Dead and Gone". A ce stade, on fait une moue blasée et on regarde son voisin s'exclamer "c'est qui ce groupe ? c'est frais !" ou on accepte le deal, car au final ce n'est qu'un très bon album, parsemé de très bons refrains à vous faire swinger un âne mort, emmitouflé dans une laine fm-isante trop délicate pour être honnête. Un grand piège pour tous les pisse-froids de ce monde.

 

Sortie: 6 décembre 2011

Label: Nonesuch

 

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 10:04

http://media.tumblr.com/tumblr_lugdi6D0qP1qh6qvo.jpg

 

Eternels adolescents

 

Les San Franciscains incontrolables sont de retour à peine 6 mois après Castlemania, un album plein d'expérimentations, entre folk de punk, et psyché-pop noisy. La formation garage-rock la plus prolifique depuis l'invention du terme garage-rock n'a heureusement pas vidé son sac de tubes à la vigueur contagieuse, aux labyrinthes de guitares acérées, et aux rythmiques robotiques. Sur ce Carrion Crawler/The Dream, ils se permettent des titres très psyché et venimeux ("Crack in your eyes", "Robber Barons") entrecoupés de démos rockabilly tantôt subtiles ("Heavy Doctor") tantôt basiques et rentre-dedans ("Wrong Idea"). L'album a été enregistré en live, ce qui donne une grande cohérence au tout, et même un sentiment de jam sur certains titres. L'ajout d'un second batteur n'a par contre pas tellement changé la donne, on reste dans les schémas binaires et punchy des précédents disques.

 

On ne peut pas faire l'album parfait à chaque fois quand on sort des disques aussi souvent, et on reconnaîtra ici et là que la volonté de s'en tenir aux références, des Cramps à Jon Spencer Blues Explosion, tire certains titres par le bas. Mais Thee Oh Sees réussit toujours à sonner au pire comme un groupe de rocknroll efficace ("Opposition"), au mieux comme une furie capable d'allumer le feu à n'importe quel coin de riff ("The Dream"). Une dizaine d'années nous sépare des débuts de Thee Oh Sees en tant que groupe (ancien projet solo de John Dwyer depuis 1997) et ils sonnent toujours comme une bande de gamins à l'assaut du monde, auraient-ils trouvé la fontaine de jouvence éternelle ?

 

Sortie: 15 Novembre 2011

Label: In The Red

 

www.theeohsees.com

 

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 12:25

http://3.bp.blogspot.com/-nKgd5lXBvSU/Tso2YsZs1uI/AAAAAAAAB3M/fSl1iy1I9OA/s400/93millionmilesfromthesun-northernsky.jpg

 

Voyage sans retour

 

Le Shoegaze, c'est devenu le marketing du pauvre, dès qu'un groupe se permet un coup de disto de plus de 10 sec, qu'il a le malheur d'utiliser un delay/reverb, ou qu'il fait simplement un titre de plus de 3min30, bam il fait partie de la confrérie de la coolitude à tête baissée. A Doncaster (UK), depuis 2009, un groupe resuscite le genre avec classe, et une force de frappe qui fait passer Jesus and Mary Chain pour de la musique de chambre.

93 million miles from the sun forment leur identité sonore en capturant  l'évidence mélodique des premiers BJM ("Before you leave", "Sorrow song") , la turbulence noisy d'A place to bury strangers ("Waiting There") et la majesté du post-rock d'Explosions in the sky ("Tall Buildings in Large Cities"). Ces gens là ne font aucune concession, les amplis sont sur le volume 11, le batteur est sous perfusion d'anabolisants, et le chanteur est quelque part vers Neptune en train de sussurer comme un Robert Turner (BRMC) caché sous dix litres de reverb. Si l'originalité n'est pas le mot qui vient en premier à l'esprit, on reconnaîtra leur doigté pour perpétuer l'héritage de Swervedriver et Slowdive plutot que celui (tant pillé) de My Bloody Valentine.

Après avoir subit les déflagrations de "All you've found you've left behind" (très Spacemen 3), et l'aérien "Echoes", on sent que le navire dans lequel on est embarqué fait route vers l'étoile brulante pour une opération-suicide. Et qui pourrait survivre à l'ultime "Sonic Assault" qui conclut l'album en assomant les tympans, dans une descente interminable vers l'enfer rouge pour finalement s'éjecter dans l'espace abyssal. On avait pas entendu un groupe proposer un shoegaze aussi excitant, créatif et maîtrisé depuis le Silver Album de December Sound en 2007. Autant dire, des années lumières. Indispensable.

 

www.myspace.com/93millionmilesfromthesun

 

Sortie: 24 Octobre 2011

Label: Northern Star Records

 

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 14:56

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Peu de monde à l'épicerie moderne ce lundi soir alors qu'on s'étonne qu'une camionette/pizzeria s'est installé pile devant l'entrée, vendant aux trentenaires ésseulés le casse-croute qu'ils n'ont pas pu s'offrir entre la sortie du boulot et l'arrivée dans la banlieue lointaine de Feyzin. On s'attarde à boire quelques canettes dans le froid avant de se motiver pour voir un bout de la première partie. JP Inc. inconnu de mes écoutilles, est un vieux complètement siphonné qui chante des jingles de pubs comme dans un karaoké nous ramenant aux tendres années 80. Le monsieur est sur le label Comedy Central, ce qui explique bien des choses. Projetés derrière lui, les programmes d'une fausse chaine de télévision sensé être "l'avenir de la tv" en France nous proposent une chanson sur les bienfaits d'Internet, sur les Pot Noodles, et promotionne les services des "Steves", sorte d'Agence tout risque de la coolitude patriotique U.S. Expliqué comme ça, on comprend pas grand chose, alors voici une vidéo sur les limousines, wouh:

 

 

 

Pinback, tout comme JP Inc. , jouera à même le sol, et c'est là que la déception d'une audience peu nombreuse devient une bénédiction. Entourés de quelques lampes et sans aucune séparation avec le public, on a l'impression (selon les mots de Rob Crow lui même) d'être à une house party intimiste. Le trio dispose d'un son parfait pour dérouler leur indie-rock avec cette touche emo californienne qui fait leur originalité. Derrière eux, on aura le droit à quelques projections de Dark Star (le film dont est inspiré leur nom), des clips plus ou moins intéressant qui n'attireront pas l'oeil. Ca commence tranquillement avec les douces mélodies de "Tres", "Bloods on fire", et la groovy "Non photo blue". Quelques têtes commencent à dodeliner et le groupe part vers des titres un peu plus dansant comme "Fortress" ou "Good to sea".Ils jouent avec une précision hallucinante et on notera surtout Chris Prescott qui donne à ses parties de batterie quelque chose de plus puissant et catchy que sur album, certains resteront scotchés par son jeu tout le long du concert.

 

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Entre temps, Rob Crow (le gros barbu) s'enquille une canette de bière tous les deux morceaux, sort quelques blagues en parlant à l'ingé son et nous dit qu'il est tout heureux même si une partie du public, attendant peut être des titres plus incisifs, s'en va après la première heure. Et pourtant, ils ont raté le final brulant de "B", et la turbine pop de "From nothing to nowhere". Tant pis pour eux. Pinback n'est pas un groupe qui déchaîne les foules mais leur alliance piano/basse/guitare/batterie propose toujours quelque chose d'intelligent et de faussement évident. En 1H20 on a réappris à apprécier un concert rock sans sauter partout ou se déboiter la clavicule. J'suis trop vieux pour ces conneries, putain de merde.

 

 

 

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