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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 13:55

http://www.the-drone.com/magazine/wp-content/uploads/2011/09/st-vincent-surgeon-mp3-strange-mercy.jpeg

 

Insaisissable

 

Annie Clark, alias St Vincent, a créé en deux albums (Marry Me et Actor) une signature pop pour elle tout seule, oui, rien que ça. Un mélange de la folie lyrique de Kate Bush, avec la candeur orchestrale de Sufjan Stevens (pour lequel elle a été musicienne), et la capacité d'être avant-gardiste en gardant ses auditeurs fascinés (Bjork ? avant). Si Actor était inspiré, selon les termes de Clark, de dessins animés comme Le Magicien d'oz et Blanche Neige, donnant un environnement quasiment enchanteur à sa folie, Strange Mercy revient à un style plus rock, avec des guitares plus acérées, et des paroles toujours aussi énigmatiques, inquiétantes.

 

L'ouverture de l'album, "Chloe in the afternoon" (référence au film de Rohmer), est menaçante, une berçeuse de maniaque qu'on verrait bien dans Shining, basculant entre synthé lunaire et riffs à couper au couteau. On se croirait presque au paradis de la normalité lorsque résonne "Cruel",  titre le plus pop écrit par Clark, avec son refrain disco entêtant. La sensualité de "Cheerleader" sied parfaitement à cette histoire de manipulatrice lassé de sa fausse candeur. Ses "I, I, I, I don't wanna be a cheerleader no more" sonnent comme une déclaration d'indépendance. Et si on ne parlait pas d'un personnage mais de la vraie Annie, au physique sage, mais à l'esprit détraqué ?

 

Rien ne va mieux chez le psychologue, sur "Surgeon", où on ne sait pas si elle parle de problèmes sentimentaux ou physiques: "I spent the summer on my back, another attack, steal you just to get along". "Northern Lights" fait penser à Goldfrapp qui aurait été kidnappée par un groupe de Noise-rock, et bénéficie d'un final littéralement jouissif et possédé. "Strange Mercy" plonge dans le noir et interloque: "If I ever meet that dirty policeman who roughed you up, No I don't know what", tout comme "Neutered Fruit", et son obsessionnel "Did you ever really stare at me ?". Le monde de St Vincent est celui de personnages perdus, contradictoires ou lassés de jouer leur rôle. Sur "Champagne Year", nous avons le prototype: "I'll make a living telling people what they want to hear (...)" déclare-t-elle pour préciser ensuite: "It's not the perfect plan, but it's the one we've got". Dans "Hysterical Strengh" on est englouti sous des montagnes de guitares au delay épais, à la fermeture du club de Mulholland Drive de Lynch. La magnifique ballade cloturant l'album, "Year of the tiger", est étonnament terre à terre, en traitant de l'économie américaine en berne: "Living in fear of the tiger (...) Oh America can I owe you one ?". On atterit en douceur d'un voyage au pays des extrêmes sur une note d'amertume.


Strange Mercy est un album exigeant, peut être plus que Marry Me et Actor, tandis que St Vincent affirme sa (ses) personnalité(s) bipolaire(s) et commence à échapper quelque chose de plus intime qu'elle ne veut le faire croire, dans ses textes cryptiques, enrobés par des mélodies tantôt accueillante puis effrayantes, et des rythmiques paranoiaques. C'est une nouvelle étape dans la carrière quasi sans faute d'Annie Clark, et un des meilleurs albums pop de l'année.

 

Label: Beggars Banquet

Sortie: 4 Octobre 2011

 

album en écoute intégrale sur NPR

http://www.npr.org/2011/09/04/139946514/first-listen-st-vincent-strange-mercy

 

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 17:12

http://ecx.images-amazon.com/images/I/31m9PmNfc-L._SL500_AA300_.jpg

 

Nostalgie du présent

 

Zach Condon, leader du projet Beirut, est celui qui a su marier amateurs de pop emphatique, et passionnés de musique des Balkans, sur un premier album fabuleux nommé Gulag Orkestar. Il a ensuite agrandit sa panopli musicale en rendant hommage à la France sur The Flying Cup Club, où les cuivres se mettent en retrait pour laisser place à l'accordéon. Après le double ep March of the Zapotech (enregistré à Oaxaca au Mexique) / Realpeople Holland (compilation de démos electroniques barbantes de Mr Condon), The Rip Tide est un soulagement pour ceux qui doutaient de l'inspiration du monsieur.


La flamme, Condon l'a toujours, pour nous donner envie de vivre dans ce monde sépia où l'on raconte les petits bonheurs et les grandes vérités de la vie ("Candle's fire", "Goshen"). The Rip Tide est un disque de maturité, rien ne surprendra un connaisseur de Beirut, les cuivres qui viennent caresser la basse ronde, et un jeu de batterie tout en nuances. Au chant, on sent que Zach n'a plus rien à prouver, il ne marmonne plus, ne se cache pas derrière un orchestre, et donne à ses ritournelles une composition de plus en plus "pop", quitte à perdre un peu le charme dépaysant de ses premiers éclats ("Santa Fe", "East Harlem").On remarquera aussi la concision du disque, dépassant à peine la demie heure, pour ne pas ennuyer une seule seconde, chose rare de nos jours chez les artistes ...

 

Sans prise de risque, mais sans fausse note, The Rip Tide est donc un bon album de Beirut, ce qui veut dire un très bon album, et clairement le compagnon idéal pour accompagner la transition été-automne dans votre chaine hi-fi.

 

Sortie: 30 août 2011

Label: Pompeii Records

 

écoute intégrale sur NPR

http://beirutband.com

 

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 11:41

http://4.bp.blogspot.com/-B-nCIUsV9Jg/TV6zYbGegcI/AAAAAAAAFEA/Wim6PS0AGCE/s320/Radiohead_TheKingOfLimbs.jpg

 

Strange things will happen

 

C'était inévitable, tandis que les sites spécialisés ont déjà craché une "track by track review" quelques heures après que l'album soit disponible sur le site web, et que la blogosphère est remplie de débats ensanglantés entre les diverses castes de fan du groupe (ou juste de gens qui n'aiment pas depuis le début et viennent le dire maintenant), Slash Taste ne peut pas y couper: ceci est une review d'un album sorti il y a 2 jours.
Notons que le rédacteur consciencieux de cette chronique n'a pratiquement rien écouté d'autre dans ce laps de temps, que le mode repeat était son guide, et que les quelques écarts à droite à gauche furent pour réécouter la discographie du groupe, mettre en perspective.
Bordel on dirait un putain d'exposé.

 

Après ce paragraphe de "sureté", parlons peu parlons bien, The King Of Limbs va décevoir et a déjà déçu les même personnes qui n'avaient pas aimé In Rainbows, et semble être une nouvelle preuve que Radiohead est un groupe qui se fout total de satisfaire ses fans. Des fans qui demandent un retour à des son plus rock ? Faisons un album plus electro, des fans qui demandent plus de titres marquants ? Faisons un album de longs titres sans refrain, c'est surfait les refrains.

 

The King of Limbs commence pratiquement sur une déclaration d'indépendance, "Bloom", sorte de mix de free-jazz et de dub-step enrobé d'arrangements orchestraux, qui donnent un aspect cinématographique, tandis que Yorke gémit ses premiers mots sur le thème principal de l'album, la nature ("Watch the ocean bloom, is what keeps me alive"). On est sacrément soulagé quand on entend les premières notes de "Morning Mr Magpie," une guitare timide (du math/post-rock speedé), mais une guitare quand même, la voix de Thom claire et précise, mais seulement pour quelques minutes, puisque les bruits parasites avalent la mélodie peu à peu, et la frustration est encore là. "Little By Little" avec ses guitares de psyché-blues et ses pistes inversées en background, est un titre qui semble banal au premier abord, mais dont les arrangements (le travail sur les percussions/rythmiques surtout) font tout le sel.

 

Là, on vérifie son Mp3, merde j'avais mis en shuffle et je suis tombé sur Kid A ? "Feral" sonne comme un remix de "National Anthem" par Burial, minimaliste au possible, jouant sur le va et vient du volume sonore, de la batterie, et le bidouillage de la voix de Yorke, ce qu'on peut appeler un foutage de gueule ou une prochaine tuerie en live.

"Lotus Flower" est donc le single ou ce qui s'en rapproche le plus.  Il sonne (lui aussi) plutot commun à la première écoute, mais une fois de plus on détecte tout le travail de ces gars seulement après plusieurs écoutes (une règle qui fait rire les critiques, mais qui s'applique particulièrement à Radiohead depuis Hail to the thief) et prend une toute autre dimension vis à vis de sa première version acoustique, jouée par Yorke ces derniers temps.

 

S'il y a quelque chose que le monsieur à l'oeil qui vrille sait faire, ce sont des ballades mélancoliques au piano, et on touche une fois de plus la réussite avec "Codex," qui rivalise avec "The Fog", "Last Flowers," ou même "Like Spinning Plates" (quitte à choquer ...), en rajoutant un soupçon d'originalité: les violons mêlés à une plage ambient qui portent le morceau plus loin qu'une simple ballade. On continue sur ce mode avec "Give Up The Ghost", commençant sur un sample de Yorke répétant "Don't hurt me", et qui fera figure de fond sonore pour sa complainte, qui hélas manque un peu d'ambition, et ressemble à un travail qu'il aurait pu faire seul dans son coin.

 

On termine sur "Separator", un titre qui sonne comme la sortie d'un rêve, comme un générique de fin en happy ending, avec une batterie groovy, une basse qui remue le bassin, une guitare qui vient faire briller la mélodie, et Yorke qui nous annonce "If you think this is over then, you're wrong". On espère bien que ce n'est pas fini, puisque The King Of Limbs, s'il n'est pas un album parfait (manque de cohérence, sur-utilisation de samples, manque de mélodies marquantes ...), montre que Radiohead peut encore pousser son art plus loin ("Gloom", "Morning Mr Magpie", et "Eral" sont de très bonnes pistes à explorer), même en perdant quelques milliers de fans sur la route, à ce stade, ils n'en ont plus rien à foutre ...

 

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 22:14

http://1.bp.blogspot.com/_KuYcf7C8iWE/TQ-qHG0jhVI/AAAAAAAABAw/NlPYlsx47LQ/s320/let_england.jpg

 

Queen Harvey is dead

 

Lorsque White Chalk est arrivé en 2007, la PJ Harvey qu'on connaissait, sensuelle, violente, atteinte d'une folie contenue, maîtresse d'un rock indé rèche et, pardonnez moi, couillu, est morte.  Robe blanche à flanelles type 1783, instruments "nobles" (Piano, Auto-harp), chansons sur la mort, le silence, la solitude, un vrai trip d'artiste "mature" comme on dit.  Cela lui avait réussi puisque non seulement cet album était une merveille dans sa composition, sa sincérité, son chant habité et sa concision, et avec ça elle remplissait des lieux "prestigieux" (Théâtres ou salles d'opéra) sans problème pour jouer son récital, et quelques anciens morceaux, seule.

 

Ensuite, un faux nouvel album, avec John Parish, vaguement noisy, presque expérimental, pas marquant du tout, où elle essayait de gémir comme avant mais l'envie n'y était plus. Et puis Let England Shake, aujourd'hui, et autant dire que s'il y a une seule qualité à ce disque, c'est qu'on a rarement entendu un tournant sonore aussi radical. C'est un album "concept" pourrait-on dire: PJ a décidé de parler de la guerre et de pourquoi ouh c'est pas bien, et ouh l'Angleterre a une histoire ensanglantée, et ouh c'est triste. Oublié White chalk qui jouait sur la pureté et la simplicité de l'enregistrement live, ici on vous blinde d'effets, de samples, bref ça sent les heures de triturage de neurones en studio, et c'est foisonnant.

 

Foisonnant, mais difficilement attachant, comme un tas de démos ensevelies sous des arrangements expérimentaux et dont on aurait quelques fois trafiqué la voix ("Let england Shake","Bitter Branches"). La belle se débrouille pas trop mal quand elle lache son obsession pour le "bizarre" et revient à la simple mélodie (The last living rose), mais nous lache surement les pires titres de sa disco avec l'imbuvable "The Glorious land" et son interminable "Oh america! Oh england !", "Battleship hill" qui ressemble à un remix d'Era (La secte invisible qui se croyait au moyen-âge), ou encore le final "Colour of the earth", qui est surement une blague tellement cela sonne comme une mélodie écrite par un enfant à la maternelle.

 

Ce n'est pas tout de se prendre pour une visionnaire qui va refaire l'histoire d'Angleterre à coup d'autoharp en reverse et de samples de trompettes en plastique, il faudrait quand même que la "grande prêtresse" (adoubée par Patti Smith) retrouve une once de sincérité, d'émotion, de talent mélodique et arrête d'ambitionner une musique élitiste, et extrêmement pompeuse (un album sur l'histoire d'Angleterre qui sonne comme de la pop new age en fait). Les titres non-cités dans cette review ne méritent pas vraiment d'attention, à part si vous êtes un fan aveugle, et à ce moment là, vous aurez déjà abandonné la lecture à ce stade.
Triste histoire que celle d'Angleterre, mais triste histoire aussi, celle de PJ Harvey, passée d'idole de l'indie-rock à idole des bobos-new age qui se gaveront de cette soupe bio asceptisée et redoutablement chiante qu'est Let England Shake.

 

Ecoute intégrale sur npr.com

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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 16:18

Slash Taste prend de bonnes résolutions en 2011, on reprend la plume qui s'était plantée par erreur dans notre derrière et attaquons 2011 avec un top 2010. Logique, non?

 

1. Les meilleurs albums de l'année

 

Beach House - Teen Dream

Besnard Lakes - Are the roaring night

Sleepy Sun - Fever

Caribou - Swim

Grinderman - Grinderman 2

Gorillaz - Plastic Beach

Warpaint - The Fool

Arcade Fire - The Suburbs

Best Coast - Crazy For You

Black Angels - Phosphene Dreams

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2. Belles mentions à:

 

65daysofstatic - We were exploding anyway

Wolf People - Steeple

Sufjan Stevens - Age of Adz

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 21:08

http://media.paperblog.fr/i/377/3774507/deerhunter-halcyon-digest-L-JXbc3O.jpeg

 

 

A mort l'underground, ou pas.

 

Deerhunter marche à petits pas vers la "gloire indé", de Turn it up faggot à Halcyon Digest, c'est surtout leur identité sonore plutot que leurs "tubes" (s'il y en a) qui a marqué les auditeurs: un savant mélange de pop et de noise, d'ambient et de rock, une sorte de groupe underground pour les gens qui trouvent l'underground barbant.
Halcyon Digest est surement l'album "couperet" de leur discographie, celui qui va faire chouiner tous les fans "des débuts", ceux qui adorent écouter une musique salement enregistré sur une K7 dans un walkman poussiéreux. A coté, les nouveaux illuminés, ayant eu écho du chef d'oeuvre Microcastle, devenus attentifs à chacun des mouvements de Bradford Cox (en solo avec Atlas Sound aussi), eux, vont carrément allumer un cierge et en parler à leur concierge.

 

Halcyon Digest a pour concept, d'après Mr Cox en personne "les souvenirs déformés que l'on a de son enfance, une digestion enjolivé de notre passé pour mieux le supporter" (enfin a peu près...). Mais finalement on y retrouve surtout la nostalgie et la solitude qui habite la quasi totalité des chansons du monsieur. L'album se partage en deux identités qui semblent un brin opposées au départ. Une minorité de titres constituent des reliques de l'ancien deerhunter: la magnifique montée au ciel de "Earthquake" et sa batterie inversée, "Sailing" où Brad nous refait le radeau de la méduse, et "He would have laughed", l'hommage hypnotique à Jay Reatard.

 

Pour le reste, on a sorti la grosse carte pop: "Don't cry" sonne comme un tube des 60's plongé dans un bol d'acide citrique, "Revival" et "Memory boy" sont ballades sautillantes faussement joyeuses, "Desire Lines" ressemble à du Beck en session jam, mais le comble reste "Coronado" qui convoque des trompettes, on a presque l'impression d'écouter du Springsteen. Après le premier choc, l'impression de voir le groupe jouer aux "gentils", en laissant tomber les arrangements dissonants, les délires de sampling et de delay en surchauffe, on se remet Halcyon Digest et on entend tout, caché derrière, finalement les guitares sont aussi poisseuses qu'avant, juste plus enjouées, le chant et les paroles n'ont pas changé d'un poil: déprimés et s'échappant de la réalité. On nous emballe un valium dans du papier Hello Kitty en fait.


Finalement il n'y a toujours personne d'autre pour réaliser un Halcyon Digest aujourd'hui, c'est à dire un album de pop parfaite qui fait le pont entre les 60's rayonnantes et notre décennie désabusée. 

 

Sortie: 28 Septembre 2010

Label: 4ad records

 

www.halcyondigest.com

www.myspace.com/deerhunter

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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 13:01

 

http://cmsimg.gdn.mydesert.com/apps/pbcsi.dll/bilde?Site=J1&Date=20100919&Category=LIFESTYLES0101&ArtNo=9180334&Ref=V2&MaxW=318&Border=0

 

Le Deuil Mystique

 

Alain Johannes, c'est pour beaucoup de gens (hélas) le "ptit gros avec Them Crooked Vultures", pour certains un peu plus avertis, le gars de la bande à Josh Homme qui a joué dans Queens of the stone age et a participé aux Desert Sessions (avec sa superbe reprise de "It" de Prince), et pour les gens mega-pointilleux ou qui vont sur wikipedia, c'est un cv impressionant: Chris Cornell, No Doubt, UNKLE, Spinerette, Mondo Generator, Eagles of death metal, Arctic Monkeys, Puscifer, Silverchair et même Hilary Duff et Kelly Clarkson (faut bien payer son loyer!) ont bénéficié de ses talents. Ingé son, producteur, guitariste, bassiste, bref ce petit paragraphe est là pour remettre à sa place l'aura du monsieur.

 

Spark c'est, à 47 ans, son premier album solo. Et pour cause, Natasha Shneider (sa femme et claviériste chez QOTSA il y a quelques années) était son alter-ego dans le groupe Eleven jusqu'à ce que le cancer l'emporte en 2008. Inutile de dire que cet album est traversé de bout en bout par ce deuil. Spark est un disque de folk psychédélique, qui comme son nom l'indique, réussit à faire jaillir des étincelles mélodiques dans un noir profond.

 

Alain Johannes avait déjà prouvé ses capacités de chanteur mais ici il est totalement seul et maître des chansons, et touche l'auditeur dès que sa voix transperce la danse macabre de "Endless Eyes", premier titre magnifique, et heureusement pas le seul. Dans la lumière, il y a le ukulélé de "Return to you", la quasi folklorique "Gentle ghosts" et bien sûr "Endless eyes". Dans l'ombre, "Speechless" donne des frissons dans le dos, "Makes God Jealous" prend le "The end" des Doors pour le faire tournoyer autour du feu, et "Unfinished Plan" sonne comme un américain perdu dans les balkans. Il ne sera pas de trop de rappeler que Johannes est né au Chili et que Spark  ne tient  pas ses quelques airs hispaniques de nulle part.

 

A croire que le monsieur ne peut jamais décevoir, Alain Johannes a écrit un premier album solo quasi-parfait, en laissant le rock lourd de coté pour proposer un disque aussi beau que glaçant. Parcouru de fantomes, d'hallucinations, d'obsessions, le disque est autant une thérapie pour l'auteur qu'un voyage mystique pour l'auditeur. Une vraie réussite.

 

Label: Rekords Rekords

Sortie: 5 octobre 2010

 

Album en écoute (streaming) sur

www.alainjohannes.com

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 21:48

Binaire testostéroné

 

On ne s’en souvient plus mais, il y a 5 ans, les morceaux lourds et hypnotisants du répertoire naissant des désormais leader du psyché mondial était fréquemment coupés de quelques perles indés très velvetiennes avec notamment "No Satisfaction", une mélodie bancale à l’ocarina, soutenue par un tom basse mal tendu et des chœurs très hippies.

 

Wilderness Heart n’est plus l’œuvre du même groupe. Ayant gagné ses épaulettes de futur album-culte par une cohérence, un jusqu'au-boutisme et un mélange de riffs mémorables et d’ambiances prog sombres, In The Future avait un peu tracé la voix aux barbus de Vancouver. Ces derniers ont, tout l’honneur est pour eux, choisi de ne pas outrageusement continuer dans l’escalade prog’.

 

A vrai dire, on a là un album plutôt burné. Suivant la trajectoire inverse des groupes heavy-psyché nés vers 1968, Black Mountain a raccourci ses morceaux, éclairci ses thèmes, donné moins de places aux claviers. Alors qu’elle ne crachait pas sur un côté un peu arty à ses débuts, la bande semble aujourd'hui en pleine recherche de son américanité. Guitare folk surmixée en soutien du riff, binaire testostéroné (le quasi-Black Sabbath "Let Spirits Ride"), l'album propose aussi des ballades avec pedal steel et la voix d'Amber à la quinte. A écouter avec un pare-buffles quoi.

 

Est-ce pour autant un mauvais album ? Absolument pas. Ça fait même longtemps que l'on avait entendu un aussi bon album de cow-boy, taillé pour l'autoroute et les chemises à carreaux. Mais soyons honnête, les deux meilleurs morceaux sont ceux qui auraient pu rentrer sur In The Future : "Rollecoaster" et "Wilderness Heart", ces morceaux au climat lourd, à la tension et à la passion un peu supérieure rappelle que Black Mountain est un groupe psychédélique qui doit faire un peu plus décoller son auditorat. Malgré de bonnes ballades et morceaux classic rock bien sentis comme "The Way To Gone" ou "Radiant Hearts", cet album manque de consistance, tolère des chansons sans idées, donne l'impression d'avoir été composé un peu vite. Les cassures de rythme, les instrumentations sont trop prévisibles pour pouvoir prétendre à vraiment accrocher ceux que In The Future a marqué. Un poil dommage. On garde un œil sur la troupe quand même.

 

Label : Jagjaguwar

Sortie : 13 septembre (ouais je sais...)

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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 21:26

 

http://2.bp.blogspot.com/_SNvPx9XUxCg/THH_MX5tLQI/AAAAAAAAALA/3kY6QhbLKdw/s400/cover-707685+%281%29.jpgHorriblement lisse

 

Pas la peine de se repasser La Mia Vita Violenta, vous savez très bien que ça n'y ressemblera pas. Pas la peine non plus de se planquer dans sa chambre et de faire semblant de se taillader les veines en écoutant religieusement cet album, allongé sous le velux, vous avez passé l'âge. Le problème c'est bien que Kazu et les frères Pace aussi.

 

Soyons plus précis, on ne reproche pas à l'un des meilleurs trio rock indé des 15 dernières années l'efficacité de ses antidépresseurs, non, on est juste affligé par l'absence totale d'autres choses à dire. Le problème n'est surtout pas dans l'abandon ici presque total des guitares, le virage amorcé par 23 était finalement -au moins sur la première moitié de l'album- réussi. Il parvenait à marier de nouveaux arrangements et un esprit intact, celui d'un groupe romantique, aux excès de lyrisme attendrissants et à l'instrumentation sobre et intelligente.

 

Mais quand bien même on aurait envie de se laisser prendre par l'extrême superficialité de l'instrumentation, il faut que ça serve à quelque chose... Pas dégueulasse en soit, "Not Getting There" est surtout horriblement lisse. Baignées dans l'aspartame, "My Plants Are Dead" et "Oslo" ne sont pas non plus foncièrement désagréables, pour peu qu'on attende pas de ce groupe qu'il fasse mieux que les faces B de Lykke Li.

 

En fin d'album, Kazu fait une rechute dépressive sur "Black Guitar" et "Spain", deux chemins de croix mélodiquement intéressants mais aux arpèges tellement minables et puérils qu'ils feraient presque changer d'avis sur le vieillissement du groupe : pas vraiment sorti de l'adolescence, Blonde Redhead s'est en fait modernisé, c'est à dire désabusé.

 

Une coquille vide, une lobotomie en douceur. Trop négative pour les publicistes, trop lisse pour les esthètes, qui va donc bien en vouloir ?

 

Label : 4AD

Sortie : 14 Septembre

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 22:00

http://asthmatickitty.com/images/releases/covers/AKR075_350_ADP.jpg

 

Retour en fanfare =>

 

Le farceur. Ce grand timide, -génie certains disent- nommé Sufjan Stevens nous a laissé 6 ans sans chansons. L’homme qui avait déclaré (un peu à la blague) qu’il avait pour projet de faire un album par état des USA, juste après le couronnement de Come on feel the Illinoise, avait disparu dans son coin. Collaborations, reprises, album instrumental, quelques concerts ici et là, mais aucune annonce d’une vrai suite à Illinoise, avant ce vendredi 20 aout 2010, où apparait sur le site d'asthmatic records (son label) un disque disponible en streaming et pour 5 dollars en version digitale.Un ep? de 60 minutes ? un album quoi. Et pas de démos gravées à la va-vite sur un cd-r, non non, c'est mal connaître le monsieur. 

 

"All delighted people", déjà jouée en tournée, est une odyssée de 11 min où Sufjan remet le couvert de l’orchestre pastoral (cuivres, violons, flutes traversières …) pour offrir une suite logique à Illinoise. Fabuleux, le morceau vous fait décoller comme un papillon et répétant inlassablement quelques lignes de paroles, semble grandir à l’infini. Il est présent une seconde fois dans une « classic rock version » (dixit Stevens) proposant une très jolie relecture, moins solennelle et plus tranquille, qu’on imaginerait jouée par Calexico ou Beirut.


Autour de ces deux sommets se glissent des titres folks qui raniment en nous un sentiment de grâce que seul le monsieur sait provoquer : "Heirloom", "Arnika", "From the mouth of Gabriel". Sur ce All delighted people ep,  le Sufjan qu’on connaissait, un peu rêveur et utopiste, se porte étrangement sur le thème de la mort : "Desperate measures lead to death" chante-t-il sur "From the mouth of Gabriel", "I’m tired of life, I’m tired of waiting for someone" sur "Arnika". Un disque qui se termine avec "Djohariah" qui débute avec un solo interminable et noisy pendant que les chœurs répétant la titre du morceau résonnent de plus en plus fort pour finalement laisser entrer le chant de Stevens à partir de la onzième minute, comme si de rien n’était. Un titre qui aurait peut-être mérité un « edit » un peu plus court car un peu répétitif, mais a la mérite d'être original dans sa construction. Il est une des preuves que le multi-instrumentaliste est devenu fan de longues progressions, sortes de "jam" qui néanmoins ne laissent rien au hasard.


Si All Delighted People n’est qu’un ep, il prouve que Sufjan Stevens en a encore sous la semelle, et avec un peu plus de concision (oui, trois morceaux qui tournent autour de 10 min, ça reste un peu difficile à suivre), il pourra faire de son prochain album la merveille qu’on attend de lui.
Pour l’instant il nous offre un magnifique ep qui n’a comme défaut que d'en donner trop, au risque de perdre un peu l'auditeur. Mais peut-on avoir "trop" de talent ?

 

Album en écoute ici: http://sufjanstevens.bandcamp.com/

 

Pour plus d'infos voir la news qui va bien

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