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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 16:41

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Crève-coeur

A peine un an après son départ surprise de Girls (formation indie-rock de San Francisco) au sommet de son succès en 2011 avec l'excellent second album Father, Son, And Holy Ghost , Christopher Owens s'aventure en solo. Mais loin d'une escapade cheap pour capitaliser sur le buzz, Lysandre est le disque d'un artiste libéré et maître de ses ambitions. Flûte traversière, saxophone, choeurs féminins, guitares surf, airs médiévaux et même un instrumental ska (le Gainsbourien "Riviera Rock"): la seule règle ici, c'est le récit. Lysandre est une fille que le chanteur a rencontré lors de la première tournée de Girls en Europe et le disque raconte cet amour impossible séparé par l'Atlantique.


On est toujours bluffé par la fragilité et la sincérité du chant de Chris Owens, qu'il tente de convaincre sa dulcinée de la suivre à New-York avec une ballade rock 70's éblouissante ("Here We Go"), ou retourne à ses lamentations folk d'une pureté qui transpercerait le coeur d'un Yeti ("A Broken Heart"). Pour souffler au milieu d'un constat d'échec sentimental pesant, Chris décide sur "Love is in the ear of the listener" de s'auto-critiquer dans un texte (volontairement?) cocasse: il se demande si les gens le croient sincère, s'il n'écrit pas trop de chansons d'amour, s'il ne devrait pas parler de la mort et ainsi de suite ...


C'est une touche de recul qui ne fait que rajouter à la sympathie d'un personnage qui n'a jamais rien à cacher. Lysandre ne se départ pas énormément du style de Girls, mais il est surement le disque le plus personnel de Christopher Owens, qui continue à utiliser les codes classiques de la pop à guitare avec un feeling surnaturel. Il confirme en une trentaine de minutes qu'il est destiné à trôner chez les grands songwriters des années 2000 et au delà.

8/10

Label: Turnstile

Sortie: 14 Janvier

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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 11:11

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2013 mon amour

Young Michelin, aujourd'hui renommé Aline (suite à une menace du Bibendum) était un secret d'initié il y a 2 ans alors que leur premier disque, une démo 4 titres sans nom, faisait son chemin dans les petits squats, bars, salles de concerts underground. Le plaisir est double dans ce premier album d'Aline. Tout d'abord, la vague pop 80s française des dernières années (Lescop, François And The Atlas Mountain, La Femme) commence à gonfler quiconque apporte un brin de valeur à ce qu'on lui chante, et c'est donc un soulagement d'entendre un groupe qui sait faire une phrase en français. Ensuite, il y a le plaisir de constater qu'avec ça, la musique n'est pas enfouie derrière un chanteur-héros, cas typique de toute production en français. Les années 80 françaises n'ont pas fait beaucoup de survivants, et pour cause, comme les groupes pré-cités, ils écrivaient souvent des textes abscons, faussement étranges, ou sacrément débiles, et délibérément incompréhensibles.

 

L'idée donc, c'est que Regarde Le Ciel, malgré l'avalanche de publicité qu'il va recevoir, est un disque important pour la pop française des années 2000. Ecoutez par exemple "Je Bois Et Puis Je Danse", le single: c'est une balade disco chaloupée sexy et pourtant elle raconte le trouble de n'importe quel garçon émasculé de ce siècle, c'est assez magique. Il y a "Teen Whistle" qui débute en instrumental rêveur pour dérouler une recette bondissante façon Cure de "Boys don't Cry" jouissive où Romain Guerret chante, noyé dans une marre de guitares teenage "Sans vos bras pour m'enlacer, sans vos yeux pour me rassurer je penche, je tombe, encore". Ici on mêle poésie et légèreté avec une aisance miraculeuse. C'est aérien, saisissant, et surtout terriblement sincère. 

 

Que l'on goûte à l'ambiance mélancolique de fin de Boum sur "Il faut partir", ou du tube ultra Smiths-ien de l'époque Young Michelin "Elle M'oubliera", c'est la production qui éclate aux oreilles en premier. Le son est cristallin, la voix de Romain habillée d'un écho juste assez surréaliste pour laisser les compositions se fondre dedans, sans que le propos perde de sa force. Du grand art que l'on doit d'après leur bio à Jean-Louis Pierrot, qui a bossé pour Daho, Bashung, et Miossec. Regarde Le Ciel sort un 7 Janvier, et pourtant on est déjà sûr à son écoute, qu'il sera dans le top 2013 de tout amateur de mélodies fines et textes intelligents.

9/10

Sortie: 7 Janvier 2013

Label: Idol

Site Officiel d'Aline

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 15:47

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Radiohead-like

Le californien Alek Fin est un vrai artiste electro des années 2010. Q'est ce que ça veut dire ? Qu'il envisage autant l'organique que le synthéthique, la machine que l'instrument. Mélodies rêveuses et fiévreuses, lignes de basse rondes et jazzy, voix haut perchée et quasi hors de portée, on ne peut s'empêcher de sentir l'ombre de Radiohead sur Mull, et même celle du The Eraser de Thom Yorke. Là, un choix doit être fait: accepter l'hommage ou passer son chemin. Il est facile de repérer d'où vient l'inspiration: le titre "Rocks In Papers" avec ses crépitements rythmiques et sa basse serpentine rappelle fortement "The Gloaming", "Waiting Like A Wolf" reprend le beat final de "Videotape", le pont à guitare à la "Weird Fishes", et enfin "Gone" semble être un mix de "Feral" et "Bloom". Voila pour le name-dropping de morceaux et les reproches.

Mais un EP si référencé peut-il être tout de même bon ? Totalement, d'ailleurs Alek Fin possède des talents de production remarquables, et sait envelopper l'auditeur dans une magie onirique tout en restant dans l'electro-minimaliste. Les titres "Rocks In Papers" et "Waiting Like A Wolf" passent rapidement en replay continu par leur charme de rêve éveillé. Il a aussi la bonne idée de cacher sa voix dans un brouillard de reverb et d'échos pour ne pas pousser le mimétisme radiohead-ien trop loin. Mull est un disque qui ravira tout fan des Oxfordiens cités plus haut. Ses quatres titres sont efficaces et d'une certaine beauté, mais qui appelle à une plus grande prise de risque.

7/10

Label: Alek Fin

Sortie: 1er Décembre (Itunes)

www.alekfin.com

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 10:10

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A new machine is born

 

La patience est une qualité indispensable à tout fan de Trent Reznor, car ce monsieur a beaucoup de projets, et oublie quelque fois qu'on est pas intéréssé par tout ce qu'il fait (ses bandes originales de 3 heures pour Fincher par exemple). Le premier ep d'How To Destroy Angels (éponyme) avait ce talent de faire la transition entre les derniers Nine Inch Nails tout synthétiques et post-apocalyptiques qu'ils étaient, et un nouveau vaisseau sonore piloté par Mariqueen Mandig dont le chant sussuré et pur intriguait. On pouvait aussi considérer ça comme du NIN avec "la pouf à trent" au chant (clin d'oeil aux intégristes). Et alors que les mois ont défilé, avec un album annoncé maintes fois, on se retrouve avec un second ep. On appellera ça un Fail si An Omen n'était pas un grande réussite.


Les capacités de Reznor et son pote Atticus Ross pour donner aux machines un relief emotionnel sont réellement sublimées ici. Clairement on a affaire à une sorte de spin-off féminin de Year Zero, avec des épisodes plus longs et un sentiment de psychose plutôt que de rebellion. Parlons des deux odyssées de An Omen. "Ice Age"  est un titre déguisé en comptine folk asiatique qui se fait progressivement envahir par les drones et la dissonance. C'est saisissant, magnifiquement joué et la voix de Mme Reznor file la chair de poule. "Speaking In Tongues" se permet un pont entre indus, mélodie orientales, et ambient avec cette fois le duo Mariqueen/Trent dont les voix unies semblent prévenir d'un désastre imminent. Un chant de diva est noyé dans des bruits d'ordinateurs détraqués, tout s'éteint, puis tout reprend pour finir sur un champ de ruine.


A coté de ces deux gros morceaux de 7 minutes, "Keep It Together" joue la carte trip-hop flippant de l'an 2480, "On The Wing" est un titre quasi-pop dont on retiendra le sublime sample orchestral au refrain, l'electro-rock groovy  "The Loop Closes" remue le bassin, et on termine en berçeuse avec les notes flottantes de "The Sleep Of Reason Produces Monsters". Mais le mieux est encore de faire le voyage de bout en bout. Quand on vous propose un univers aussi fort et prenant en seulement six titres, il serait dommage de ne pas y faire un tour. Si le concept de Ghost In The Shell devenait réalité, An Omen serait la bande-originale parfaite de cette société.

9/10

 

Label: Columbia

Sortie: 19 Novembre

 

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 22:05

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Rave pas trop

 

Crystal Castles n'a jamais été un duo connu pour sa finesse dans la composition, c'est acquis. Néanmoins leur grand point fort vis à vis des groupes electroniques faits pour animer une beuverie de campagne (les horribles Bloody Beetroots et Kap Bambino pour citer des frenchies) est l'ambiance de bad-trip cocaïné ou ketaminé qu'ils arrivent à offrir de façon assez consistante. III est leur album le plus cohérent car il choisit clairement une orientation calme et sombre, où la voix de Alice Glass ne fait que figuration, fil rouge déformé et découpé durant une descente dans l'abîme d'un disco-rade paumé.

 

Les beats sont simplistes (« Plague ») voire simplets (« Wrath of god ») et pourtant ils sont innocentés de leur crime par le sentiment de plénitude étrange provoqué par des couches des synthés étouffés dans leur sommeil (« Affection », « Transgender ») et quelques fois insidieusement accrocheurs (« Telepath », « Mercenary »). Si la critique (spécialisée surtout) leur tombera dessus pour avoir simplifié leur formule encore un peu plus et laissé de coté tout esprit punk, Crystal Castles aura réussi ici à garder son image de rave tout public, tout en s'approchant d'un idéal entre house, dream-pop, et techno cheap, tout cela mixé comme un disque ambient pour teufeur exténué. Le résultat final est inégal mais ne sonne jamais comme un ersatz d'une influence ou une redite. On peut au moins saluer ça.

6/10

Label: Mercury Records

Sortie: 19 Novembre


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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 22:06

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Coup de mou

Si Chino Moreno souhaitait, comme le titre Koi no Yokan l'indique, que l'auditeur sente venir à la première écoute un sentiment d'amour inéluctable pour ce septième album des Deftones, peut-être qu'il s'est fixé la barre trop haute. Koi No Yokan n'est pas la gifle que les singles rageux et catchy "Leathers" et "Tempest" laissaient entrevoir. Loin de jouer le retour aux sources d'Around The Fur ou même du chef d'oeuvre White Pony, le disque privilégie la facette très aérienne, mélodique et osons le dire, lisse, de la formation. Dans ces murs du son produits façon "boulet de canon", les guitares font rarement dans la dentelle et la batterie perd de son punch, la basse étant quasi en figuration, en attendant Chi Cheng toujours en rééducation. Là où Diamond Eyes se permettait de franches embardées neo aux riffs vicieux ("Rocket Skates", "CMND/CTRL") Koi No Yokan joue la carte du rock-metal moyen alternant l'efficace mais prévisible ("Swerve City", "Goon Squad") et le bourru bande-mou ("Gauze", "Graphic Nature").

 

Mais la vraie peur qui naît après une écoute extensive vient de l'uniformité et la perte de dangerosité dans le son des Deftones, convaincus que la sauce prendra si l'on booste une composition paraisseuse aux hormones avec un producteur spécialiste du fait (Nick Raskulinecz, qui a déjà alloué ses services à Evanescence, Stone Sour, Rush, et Velvet Revolver). Sur cette voie, Deftones pourrait bien perdre son identité et devenir un de ces groupes "qui ne vaut plus grand chose depuis X années". Pour l'instant, on parlera de faux pas et on serrera les dents au prochain concert.

5/10

Sortie: 16 Novembre

Label: Warner Bros

 

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 13:56

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Air France Friendly

A ma fenêtre cette après-midi il y avait: un ciel gris, une pluie d'automne classique accompagnée de son vent froid et bourdonnant, et des corbeaux qui tournoient autour de cables électriques qui ponctuent des champs de patûre bien maigres au vert pâle. Un tableau qui, associé à l'écoute d'un disque de Jean-Jacques Goldman, m'aurait assuré un voyage aux tréfonds de la perdition et de la folie. Gardant mon libre-arbitre, j'ai plutôt lancé le premier album des américains de Bells, trio post-rock de Lancaster. Délicatesse, guitare spatiale, batterie solennelle mais légère, basse vrombissante mais ronde, Our Forest Our Empire est un disque tout confort.

 

Lorsqu'il le faut, les membres du groupes accélèrent la cadence avec un brin d'électronique et sonnent comme une version plus humaine des derniers 65daysofstatic ("Always Invisible", "Youth"), sinon ils oscillent entre And So I Watch Your From Afar pour le coté labyrinthe épique ("Mountains") et Maserati pour les riffs en écho et façon course-poursuite ("Seeker Pt 2.") avec un semblant de Sigur Ros dès qu'ils s'essayent au chant ("We're Lost In Winter" où on croirait entendre Jonsi). Tout cela oscillant toujours entre 3 à 6 minutes, pour t'empêcher de revivre cette humiliation personnelle lorsque tu t'étais endormi pendant le dernier Godspeed Your Black Emperor. Ton pote t'avais dis que c'était culte pourtant. On reconnaîtra que Bells propose surtout une musique de gens qui ont rien à foutre de leur vie (le post-rock, donc), possiblement des personnes faisant 2 siestes par jour, imaginant tous les paysages qu'ils ne verront jamais puisqu'ils n'auront pas l'argent pour prendre l'avion. Donc si tu as besoin d'un coup de fouet, d'une patate dans tes tympans, repars dans l'autre sens. Mais si tu aimes te faire bercer par un groupe sympa, bien intentionné, aux mélodies joliement ficelées et rêveuses, Our Forest Our Empire t'es chaleureusement recommandé.

6/10

Label: Bells

Sortie: 28 Août 2012 (digital)

 

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 10:35

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L'éclat des illusions

Chan Marshall en a connu des vies d’artistes : de Dear Sir en 1995, son premier album rugueux côtoyant les rives noisy, à son chef d’œuvre Folk You Are Free, en passant par un statut de diva blues crooneuse sur The Greatest, on pourrait croire que la belle n’a rien d’autre à délivrer que de classieuses reprises de standards américains, comme sur sa dernière livraison, Jukebox.

Quatre ans après, cheveux courts, glamour au vestiaire, fraiche rupture dans le sac à main, elle revient plus insaisissable que jamais sur Sun. Alors que le beat imparable du refrain de "Cherokee" nous attaque le bassin au son d’un blues psychédélique digne de Beck, on se rendrait à peine compte que Chan nous parle de détresse : « I never knew love like this, (…) I never knew pain like this », et nous implore de l’enterrer aux cieux, près de ses ancêtres. La musique sur Sun est celle du combat contre soi-même, dans une ambiance de western sentimental plein de contrastes (l’auto-tune et le piano de bar sur "3,6,9", la rythmique boogie et le break electro-indus sur "Silent Machine") et d'auto-critique (la ballade synthétique et pessimiste  "Real Life").

Sans piédestal de crooneuse sudiste, Chan Marshall n’en est que plus sincère et touchante et réussit dans un disque partagé entre électronique, blues et pop moderne à illustrer autant la perdition amoureuse que celle d'une globe-trotteuse, insaisissable. On restera troublé par le monologue intérieur "Human Being" qui traite de la peur de vivre sa vie et de la culpabilité ; ou encore  hypnotisé par la bande-son pour solitude urbaine "Manhattan" ; mais surtout subjugué par la beauté du très long "Nothing but time" (11 minutes). Cet avant-dernier titre survole toutes les problématiques évoquées tout au long de Sun, sur une mélodie qui renvoie au "Heroes" de Bowie. Une histoire de dépassement de soi dans une mauvaise période : exercice éculé mais rarement exécuté avec un tel brio.

8/10

Label: Beggars Banquet

Sortie: 3 Septembre 2012

 

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 13:25

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Sales Gosses

On aurait tort de regarder seulement outre-Atlantique pour notre dose d'indie-rock 90's façon "on m'a volé mon gouter, ma copine et mon polo mauve à rayure". N'en déplaise à Dinosaur Jr qui a offert en septembre la très agréable machine à recycler I Bet On Sky, les héros 2012 de la catégorie sont écossais. Ils s'appellent Paws, ça veut dire "pattes", comme celle d'un animal qui aurait bouffé les membres de Weezer période Blue Album, Blink 182 et Pavement, puis régurgité le tout. Ce qui donne le frisson sur Cokefloat, c'est la facilité avec laquelle on nous transporte dans une euphorie teenage ("Pony", "Bloodline" sont taillées pour les pogos). Bien entendu qui dit pop-punk dit sujets idiots, et ici on surfe sur un océan d'anecdotes futiles allant d'une femme dissertant sur sa grossesse difficile ("Sore Tummy") à une souris de bibliothèque complexée ("Miss American Bookworm"). Ce genre d'entreprise ne marche jamais si le groupe n'envoie pas la décharge.

Ici, on respectera le théorème: chant de gosse de 14 ans en rute + riffs catchy et simples + saturation quasi permanente = bonheur dans ton caleçon. Il serait vain de citer le nombre de tubes potentiels, mais on va dire 2000 pour pas faire d'erreur. Seul repos au milieu de la déferlente d'hormones et de fun que procure Paws sur ce premier disque, "Get Bent" est une tentative folk qui vaut beaucoup plus pour ses paroles d'ado frustré ( extrait traduit: "Si tu connais même pas mon fruit ou mon animal préféré, comment puis-je compter sur toi ?") que sa mélodie. Pour le reste, il y a assez de potions magiques rock pour vous faire oublier votre trentaine bien tassée, et décoincer ces articulations qui vous ont pas servi depuis votre dernière visite à Walibi.

8/10

Label: Fat Cat Records

Sortie: 17 Octobre 2012

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 13:36

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Beauté de glace

On a tendance à dire que le troisième album d'un groupe ou d'un artiste décide du reste de sa carrière (le second étant une copie du premier forcément ). Natasha Khan, la songwriter anglaise derrière Bat For Lashes, a heureusement décidé sur The Haunted Man de monter d'un cran ses ambitions et affiner son principal point faible, les paroles. Après l'ésothérique Two Suns (chroniqué ici) inégal et pourtant fascinant pour quelques fulgurances ("Daniel","Glass"), le doute était possible sur la suite. La vérité est que The Haunted Man est un disque en clair obscur, comme un joyau tiré d'un marécage, d'un éclat sans commune mesure dans la discographie du groupe.

Ici on joue dans une cours d'hallucinations auditives où se bousculent les poussées expérimentales et la pop lyrique. Preuves en sont les choeurs flippant sur "Oh Yeah", les cloches dissonnantes et le drone à la Portishead de "Horses Of The Sun", ou le chant de guerrier accompagné d'un synthé menaçant à mi-morceau sur "The Haunted Man". Natasha Khan n'oublie pas pour autant son goût pour les refrains dansant avec la suite "All Your Gold", "A Wall", "Rest Your Head", qui jouent leur rôle de lien entre des titres plus pesants. L'aspect baroque de la musique (violons, cuivres, tambours, chorales, orgues) n'est pas, pour une fois, simplement ornemental, et semble plus maîtrisé, laissant transparaître les émotions. On saluera enfin la désarmante ballade au piano "Laura",  composée par Justin Parker, le responsable du "Video Games" de qui vous savez. The Haunted Man est plus grandiose, mais aussi plus consistant que les deux premiers Bat For Lashes grâce à une compositrice qui ose et assume sa voie, faire une musique raffinée et accessible, ne choisissant aucun camp. Tant mieux.

7/10

Label: EMI

Sortie: 15 Octobre 2012

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