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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 11:09

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Summer ain't over

 

Six jeunes gens, quatre mecs, deux filles, redonnent un sens à l'expression (quasi péjorative) "electro-pop" dans un pays plus connu pour ses plagieurs (Wolfmother, Jet, Silverchair) que ses vrais talents, j'ai nommé l'Australie. A is for Alpine est un album qui n'a jamais honte de sonner branché, mais qui en même temps ressemble souvent à une ré-interprétation des recettes pop radiophoniques des 90's. Du coup, on pense autant à Phoenix qu'aux Cardigans lorsqu'on écoute la ribambelle de tubes aux voix féminines grâcieuses ("Lovers 1/2"), à la batterie punchy mais sobre ("Seeing Red"), aux guitares juste assez rugueuses pour rester rock ("Too Safe"), et aux synthés vintage moltonnés ("All For One").Ce qui impressionne c'est qu'en conservant cette écriture electro-pop faite de gimmicks et d'une certaine naïveté, Alpine réussit à offrir une personnalité propre, grâce à la subtilité des arrangements, la production impeccable (Votre caisson de basse frémira de plaisir) et des titres qui rentrent en tête très, très rapidement ("Hands" est impossible à oublier, et pourtant c'est indéniablement cul-cul et girly). Pas de plaisir coupable ici, puisque le seul crime de Alpine est de faire accessible, propre, intéressant, et fun. La cour déclare le groupe coupable de réussite.

7/10

Sortie: 10 Août 2012 (sur Itunes)

Label: Ivy League Records

Commander en cd ou digitalement sur Itunes

 

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 13:34

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Ange déchu

 

Parmi la profusion d'artistes folk féminines qui bourgeonnent aux quatres coins du globe chaque année, peu d'entre elles dépassent le stade des jolies comptines animalières et des ballades de coeur brisé en noir et blanc. La raison est toute simple: il faut une personnalité forte et une vision précise pour transformer la rudesse d'un bout de bois et six cordes en outil de séduction. Angel Olsen séduit car elle "est" véritablement ce qu'elle chante: complexe, contradictoire, forte et fragile, transformant des thèmes éculés comme l'amour, la perte, et la mort avec une magie noire dont on ne découvre jamais le secret. Sa voix, aussi grave que haut perché quand elle le veut, fait penser à la rencontre de Vashti Bunyan et Nico. Elle en accentue d'autant plus des paroles à la limite de la folie: "Goodbye sweet mother earth, without you now I'm a lonely universe".

 

La folie n'est pourtant jamais le véritable sujet ici, mais elle est souvent le résultat de ce qu'Angel raconte: sur "Can't Wait Until Tomorrow" c'est un amour qui la transforme en martyre masochiste, sur "Always Half-Strange" c'est simplement la réalisation qu'elle ne sait plus en quoi croire et sur "The Sky Opened Up" c'est une obsession paranoiaque qui l'empêche de vivre sa relation. Olsen exprime même une mélancolie de sa propre naissance sur le slow country "Safe In The Womb", aussi étrange que beau. Derrière, la bande-son bascule entre folk sombre aux cordes frottées quasi inconsciemment et country avec pedal steel plus chaleureuse. Half-Way Home aurait pu sortir en 1975 musicalement, mais son esprit torturé et ses monologues skyzophréniques faits de paraboles et métaphores surréalistes appartiennent à notre décennie et bouleversent la scène actuelle avec une originalité et une justesse sidérantes. Un premier disque fascinant.

9/10

Label: Bathetic Records

Sortie: 4 Septembre 2012 (aux USA, pas encore de date Européenne)

Commander le vinyle sur Bathetic Records

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 14:07

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Easy listening

The Raveonettes sont incroyables, au sens le plus littéral du terme. On a en effet du mal à comprendre comment un groupe qui propose la même recette mêlant pop sucrée et rock shoegaze sexy depuis six albums n'a jamais lassé personne et conservé une fan-base importante. Sur Observator, Sune Rose Wagner (chant/guitare) et Sharin Foo (chant/basse) font l'étalage de leurs facettes avec la serennité des vétérans : airs brumeux et hypnotiques à l'effet instantané ("Observation", "Curse The Night"), mini tornades rock noisy faciles à priori mais toujours efficaces ("Sinking with the sun", "Till the end") et une dose de mélodies psychédéliques aux harmonies vocales irréelles ("Young And Cold", "You Hit Me I'm Down"). The Raveonettes n'en sont pas pour autant devenu un groupe parfait, et on notera ici un (seul) faux pas, sur le terriblement sirupeux "Downtown" et ses "oh oh oh, all the boys are goin downtown". C'est bien dispensable, surtout sur un disque qui propose dans sa majorité des atmosphères sonores travaillées, à la beauté et la froideur saisissantes. Ce n'est pas la première fois qu'ils nous font le coup (Raven In The Grave, In And Out Of Control étaient fait du même bois), mais on a pas encore réussi à s'en lasser.

7/10

Label: Beat Dies

Sortie: 11 Septembre


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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 13:10

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Porno-soft

Chroniquer le second disque des XX sur une plate-forme sans aucune contrainte ou pression comme /Taste pourrait sembler sans intérêt, seulement le cas de Coexist est trop intéressant pour passer outre. Voyons voir: trio de pop minimaliste froide et déprimée, The XX ont berné un paquet de monde avec un premier album éponyme qui contenait, avouons-le, quelques titres séducteurs à l'amateurisme mignon. L'éternelle attraction d'un duo homme-femme (plutôt garçon-fille quand on écoute les paroles tournant vers le "dois-je éteindre la lumière et te faire une fellation pour régler notre conflit emo-spirituel ?") avait ajouté le piment nécessaire à ces très modestes mélodies. Le reste n'est que budget promo et réutilisation des passages catchy dans des pubs et des reportages sur un fermier cherchant une jolie jeune femme assez avide pour passer les dix prochaines années dans le Vercors et hériter d'un pactole conséquent. Mais je m'égare.

 

Autant dire qu'un second album aurait pu sembler inutile s'il n'y avait pas un virage conséquent de prévu, quelque chose qui prouve qu'on a pas juste tendu l'oreille pour mieux entendre le bruit des vagues. Coexist est hélas plus ennuyeux qu'une ballade en automne sur le port de Rouen, avec votre grand-mère arthritique qui se plaint des galets et le ciel qui vous inspire le suicide. Le groupe a tenté de refaire le même disque en laissant Jamie XX, leur dj/producteur, installer encore plus ses beats et ses plages ambiant pour combler les trous béants dans la composition. Le thème n'est plus le sexe mais l'amour frustré, donc vos mouchoirs seront toujours nécessaires mais pas pour la même occupation. Du silence, des rythmiques paraisseuses, des lignes de chant au bord de l'apnée, des guitares effleurées ... Mais la magie n'opère plus. Certains vous vendront ça comme un rêve éveillé à l'univers fascinant, libre à vous de boire à leur fontaine, nous on aime pas l'eau croupie.

4/10 

Label: Beggars Banquet

Sortie: 10 Septembre

 


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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 18:40

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Or mélancolique

S'il y a un groupe de Brooklyn qui n'a jamais joué dans la cours des revivalistes fainéants ni des experimentalistes gonflants (hello collectif animal !) ces dernières années, c'est Grizzly Bear. Sur un créneau minuscule, ils ont repris la tradition du songwriting folk poétique américain à la mélancolie complexe (on pense au hasard à Simon and Garfunkel) et l'ont dynamité avec la liberté artistique de notre décennie, créant leur propre définition de "pop".Mais si Grizzly Bear a provoqué une quasi unanimité dans la presse et ses auditeurs au fil des albums, ce n'est pas tant par leur propension à défricher tout en gardant un cap mélodique évident, c'est surtout en écrivant de magnifiques titres ("Two Weeks", "Central And Remote") qui ne nécessitent pas un Bac +6 en rock-critic pour délivrer leur saveur.

Shields est leur travail le plus abouti car le plus "Grizzly Bearien", l'album que l'on attendait d'eux sans vraiment l'espérer: un talent pour la mélodie qui ferait fondre en larme ("Yet Again"), une capacité à étendre ses compositions dans de grandes odyssées multi-facettes totalement maîtrisées et délicieuses ("What's Wrong"), des jeux de legos sonores aux arrangements en dentelles qui font briller guitares, cuivres, violons d'un même éclat autour d'une ligne de piano déambulante et irréelle (l'incroyable "Sun In Your Eyes"). La voix est ici au service des titres, elle propulse l'émotion quelques miles plus loin mais ne prend jamais les devants, car Grizzly Bear reste un groupe, une proposition commune. En cela, les moments d'harmonie restent toujours les passages vocaux les plus impressionnants, même s'ils se font plus discrets ici aussi. Sur Veckatimest, leur dernier disque, ils touchaient le coche très souvent et avaient visé plus direct en s'éloignant de leur ballades quelques fois trop sombres ou moroses, ici ils réussissent autant dans l'ambiance (mystérieuse ici , lyrique là, voir même grandiose) que dans la cohérence sur toute la longueur.

Shields est une grande oeuvre musicale car elle traverse l'esprit et le coeur en vous laissant dans l'incompréhension qui va avec toute beauté artistique.

9/10

Label: Warp

Sortie: 17 Septembre

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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 10:06

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De vagues idées

 

Il est toujours sympathique de ne pas plonger dans le délire sensationnaliste lorsqu'un groupe en pleine jeunesse se voit offrir les vannes médiatiques car l'année est maigre en "révélation pop étourdissante". Les anglais n'avaient plus grand chose à buzzer après les talentueux mais survendus The XX, et voila donc les nouveaux chouchous, Alt-J. Avant d'aborder la musique, rappelons que ça partait mal avec un nom de groupe de faux nerd, des gueules d'étudiant en art contemporain, et une pochette d'album moche qui ressemble à rien. Et An Awesome Wave est un album à l'image de tout ça: un produit parfait pour l'amateur de sonorités tendances, les guitares electriques vaguement math/post-rock ("Intro", "Mathilda", "Something Good") et les acoustiques douceureuses, un poil de moog ou piano, rythmique et sons électroniques ici et là ("Tesselate", "Dissolve me"), qui iront aussi bien à vos soirées entre amis distingués au salon qu'entre potes branchés en boite indé (si si les endroits ou le dj est une playlist sous Itunes).

On a même le droit à de vagues moments de calme folk, avec harmonies vocales et caisses de reverb façon église pour satisfaire aussi le fan de Grizzly Bear ou Fleet Foxes ("Ms", "Taro"). Alors qu'est ce qui cloche ? Une voix de canard gesticulant et prétentieux ("Triangles are my favorite shape", pire catch phrase de 2012), aucun morceau ne retenant l'attention ou ne serait-ce qu'un refrain entrainant, et surtout un nombre incalculable de gimmicks (pompés à Clap your hands say yeah, Spinto Band, Foals) qui relèvent d'un manque total de personnalité. C'est bien simple, on se demande si ce groupe n'a pas été créé de toute pièce par un producteur dans un coin en faisant un mix de tout ce qui a marché dans les charts indie-pop depuis 10 ans. Tout ça ressemble terriblement à un exercice de style de la part de gens sans propos autre que mimer leurs idôles et avoir une part du gâteau. 

3/10

Label: Infectious Records

Sortie: 28 Mai

 

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 16:12

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Rayon de fièvre

Karin Park est une fille, elle fait de la pop électronique assez sombre (goth, qu'on dit), et elle est suédoise. Directement, on pense "on a pas besoin d'une seconde Karin Andersson (The Knife, Fever Ray) !". Et puis on pose son cul, on démarre Highwire Poetry et on se rend compte que là où Andersson en solo est concentrée sur le malaise, l'exploration de sonorités expérimentales et de mélodies étranges, sa compatriote Park veut simplement devenir une popstar, avec les refrains ouverts au dance-floor, la voix qui ose l'émotion, le beat qui ne complexe jamais. Et aucun travail de tacheron là dedans, Highwire Poetry est purement un bijou de production et de tact dans ses arrangements: les basses qui vrombissent en sens inverse sur "Tiger Dreams", les synthés Depeche mode musclés et les blips virtuels sur l'irresistible "Restless", la boucle ambient stellaire sur "Tension" qui flotte pas loin musicalement d'une tech de kétaminé, un poil de sucre en plus. Du sucre brun quand même, car Karin Park a très souvent le timbre et le charme bipolaire d'une Bjork ou d'une Julie Christmas (Made Out Of Babies), la voix de jeune femme qui peut tendre vers l'hystérie si son monde ne tourne pas à la bonne vitesse, ce qui est toujours passionnant à écouter (la dark-wave de "New Era", la très dérangée "6000 years"). Highwire Poetry mérite tellement la promotion qu'il n'aura pas que je pourrai conclure en vous disant que dans quelques années cette fille deviendra une des artistes importantes de la pop internationale. Mais ça ressemblerait à une mauvaise chronique de blog, non ?

9/10

Label: State Of The Eye Records

Sortie: 20 Juin 2012

 

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 10:55

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Un être à avoir

Je suis, suis-je, qui suis-je ? Outre l'originalité du nom, il définit parfaitement la musique et les travaux vidéos de Jonna Lee, la suédoise derrière ce projet. A l'heure où obtenir un minimum d'attention dans le monde culturel est une véritable bataille, elle a bien étudié son plan d'action: mystère et clips viraux pour chaque chanson. Tout ça aurait pu être une histoire de micro-buzz (on parle seulement de 300 000 vues au max sur certains titres, une goutte d'eau sur youtube) si il n'y avait pas une identité sonore resplendissante de précision et de profondeur.
Iamamiwhoami est un peu la cousine positive de Fever Ray, privilégiant un peu plus les mélodies douces et basculant souvent vers la pop electronique. Elle reste dans des eaux froides mais nous y fait mirroiter des lumières irréelles ("Rascal"), elle nous emmène planer avec les lucioles au dessus d'une forêt nordique ("Play") et possède en général ce charme des contes noirs ('Drops"). Kin est un disque qui fourmille de bonne idées et de détails malgré ses chansons plutot accessibles: les voix qui hantent le fond sonore de "Idle Talk" et "Drops", le bruit d'eau qui coule sur "Sever", le jeu de va et viens des synthés et samples sur "Rascal". Mais ce qui marquera surtout à l'écoute de Kin, c'est le son cristallin des instruments et la cohérence des 9 titres.

7/10

Label: Cooperative Music

Sortie: 28 Septembre 2012 (Déjà dispo en digital)

Chaîne Youtube de Iamamiwhoami

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 16:08

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Billy et les coeurs brisés

Georges Lewis Jr. est de la race des bikers tout cuir version 21ème siècle, avec le coté regard profond, style étudié, apparence de lover mais coeur en sucre rose quand une meuf joue un peu trop avec. Le coeur, toujours le coeur, Confess ne fait qu'en parler, car au fil des rencontres d'un soir, des baisers volés, des attachements à un seul sens, Twin Shadow a découvert quelque chose qu'il cachait encore malgré lui sur Forget: c'est un beau salaud. Du genre à vous chanter avec une balade de dandy dramatique sur un air purement 80's pop (de l'écho partout, la rythmique bondissante) que l'une "ne le comprend pas", l'autre "veut cacher qu'il l'a embrassé", et pour couronner le tout qu'il va "pleurer quand le film sera finit". Le personnage est clairement agaçant, et pourtant, Confess, s'il manque de nuance dans la forme, touche souvent au coeur (encore lui) par cette même incapacité à reformuler ses sentiments.

Contrairement à Forget, Confess a une claire ambition pour animer les dance-floors de Williamsburgh en pleine recherche de compromis entre indie-credibility et efficacité pop mainstream, car les sonorités ici sont tout ce qu'il y a de plus agréables et tendances: on pense à Prince en plus moderne/electronique ("Golden Light", "Patient") et souvent à un Billy Idol introspectif ("When The Movie's Over", "Beg For The Night"). En somme Confess est un disque qui manque de retenue aussi bien sur la longueur (on dépasse souvent la 3ème répétition du refrain), que sur les paroles ( je vous laisse traduire "Maybe you don't want no one to find out that I've been kissing you" ). Sauf que, si on le prend pour ce qu'il est, un pastiche de pop 80's (synthés ronds, guitares flanger étouffées, beats pour séance de jogging) durement bossé par un gars un brin mégalo seul dans son appartement, on admettra que l'entreprise est plutot réussie. On en gardera le souvenir de quelques mouvements de hanche gênés et un regard brulant d'une serveuse qui ne sait pas un traître mot de ce qui est dit dans la chanson (généralement une saloperie un brin machiste, au mieux mysanthrope). On a pécho avec moins qu'ça.

7/10
Label: 4AD

Sortie: 26 Juin 2012

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 15:01

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Une foi(s) de trop ?

Valtari signe le grand retour de Sigur Ros après quasiment 4 ans d'absence et un album live l'an dernier (chroniqué ici ), donc autant dire que le fan moyen ou même supérieur était en train de crever d'un manque de douceur islandaise couverte de miaulements fantomatiques. Avec tout le respect qu'on peut accorder à cette troupe de gens à la musicalité prouvée et responsable de quelques mélodies filant le frisson des grands jours (sur les albums Ágætis byrjun,  et () principalement) disons qu'on espérait plus qu'un énième disque digne d'une B.O de docu sur les baleines en voie de disparition. Car malgré leur réputation de somnifères ultimes, Sigur Ros ont aussi dans leur attirail quelque chose de sombre et de profond qui dépasse les hululements de Jonsi (roupillant largement sur "Ekki Mukk" et "Eg anda"), les carillons et les cordes omniprésentes sur les trois quarts de leurs titres.

On se souvient quelques fois du penchant "ambiant" du groupe à leurs débuts: sur "Varðeldur" (jouant sur le feedback/larsen des instruments à vent et une ligne de piano enfouie sous le delay) et "Fjogur Piano" (qui passe de la balade quasi nue au clavier à un long ronronnement de violons à bout de souffle). Mais dans l'ensemble, et c'est bien tout le problème de Valtari, l'auditeur n'aura pas la moindre sensation d'écouter un nouveau disque de Sigur Ros: on a déjà entendu chaque miette de ces huits titres quelque part dans la discographie des islandais. Ne nions pas le travail, la beauté des sonorités, le doigté qu'il faut pour créer ces masses sonores qui en appellent beaucoup moins au post-rock qu'à la musique classique. Mais si le prédécesseur Með suð í eyrum við spilum endalaust avait un brin déçu par un aspect trop direct et un abandon des plages aériennes qui ont fait la marque de Sigur Ros, il avait le mérite d'aller dans une nouvelle voie, et de ne pas user une recette jusqu'à la corde comme Valtari le fait, inconsciemment ou non. 

5/10

Label: EMI

Sortie: 25 Mai 2012

Site Officiel de Sigur Ros

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