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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 11:19

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Charlotte aux fraises ?

J'entends d'ici les grondements et les ricanements. Oui, une "fille de", "comme si on avait pas notre dose de pop bobo avec Charlotte Gainsbourg". J'ai eu vaguement cette pensée avant d'écouter ICU, premier ep/single (3 titres, quoi) de Lou Doillon. Et puis la mélodie amère de "ICU" est sortie des enceintes, et la voix de Doillon, sans accent américain forcé, sans hululement, sans frémissement d'actrice, juste une belle voix qui n'en fait pas trop et qui arrive en même temps à en faire beaucoup. Les violons arrivent, c'est classique, on voit déjà le clip en noir et blanc dans le métro parisien façon "je regarde à travers la fenêtre en espérant revoir mon ex amour de ma vie qui m'a plaqué". Ca marche très bien. Ensuite, pop guitare/piano printanière avec "Devil or Angel". Avec un titre pareil on se dit que ça va être neuneu au possible, et pas vraiment car le chant fait toute la différence. Lou Doillon, croyez le ou non, sonne comme Eleanor Friedberger (chanteuse des Fiery Furnaces), balance les syllabes à droite à gauche, joue entre chant et "récit" (le truc que Aznavour n'a pas réussi à maîtriser en 60 ans de carrière) avec une aisance qui bluffe.

Les cuivres en fin de course aident sans envahir, pile poil. Enfin, "Question And Answers" est surement le titre le plus radio-compatible , et encore une fois on dirait du Friedberger light, les paroles découpées aux ciseaux, le ton faussement monotone, l'impression d'une histoire qui pourrait durer des heures. L'instrumentation est peut-être moins impressionnante que sur le reste du disque mais l'efficacité est là. Nous ne parlerons pas du remix car comme chacun sait, les remixes c'est de la merde*. Et si la simplicité, le talent vocal et le charisme de Lou surpassait l'aspect très fashion, superficiel et mondain de la musique de Charlotte ( écrite par Beck, Jarvis Cocker, Neil Hannon entre autres) ?

7/10

Label: Barclay

Sortie: 11 Juin 2012

Site de Lou Doillon

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 10:27

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Une poursuite rondement menée

Dans la vague des groupes pop créatifs du début de siècle, The Spinto Band avait une place spéciale: pas de chanteur criard (Clap Your Hands Say Yeah), pas de prétention expérimentale (Animal Collective), juste un amour de la mélodie enjouée et bien faite où les instruments s'imbriquent comme des petits légos aux couleurs pastel. Mais après un premier album quasi-parfait -Nice And Nicely Done de 2005- on avait été un brin déçu par Moonwink en 2008, très porté sur les synthés, un brin boursouflé et manquant de grands refrains, de ponts qui traversent les nuages, de couplet qui clairs comme de l'eau de roche.

Les guitares, voilà, c'était ça qui manquait, et sur Shy Pursuit, ce sont les véritables héroines de l'histoire. Virevoltantes, serpentines, bondissantes. On a affaire à une suite de confiseries à vous faire péter le bide d'un amateur de pop à balancoire: les soupçons tropicaux de "Muesli", "Jackhammer" et "Leave yourself alone", les magiques et imparables refrains de "Take It" et "Out of it" rattrapent tout le (peu de) mal qu'on aurait pu dire du groupe auparavant. The Spinto Band n'a pas finit de nous offrir des moments de grâce, de bonheur musical, et réaffirme son talent face à la jeune garde allant de Vampire Weekend aux Smith Westerns.

8/10

Sortie: 1er Mai 2012

Label: Spintonic Recordings

Site Officiel de The Spinto Band


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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 14:08

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Goodbye Morning Benders

Pour ceux qui ne suivaient pas la bande de Brooklyn , POP ETC est l'horrible nouveau nom des Morning Benders, un groupe de pop d'orfèvre entre les 60's de Spector et les 2000-tizes de Grizzly Bear. Sauf que, ce changement (dû au fait que "Bender" est une insulte homophobe dans certains pays anglophones) sur la pochette s'accompagne d'une ravallement de façade sur disque.
Que fait un groupe quand il veut changer de voie ? Allez vous l'avez sur le bout de la langue ... De l'electro-pop de merde pardis ! Plus précisément ici nous avons le cas critique du groupe qui veut sonner comme la musique qu'ils écoutent tous les jours et ont donc embauché le producteur Andrew Dawson (Kanye West, Lyl Wayne) pour leur apprendre les rudiments du beat, de l'auto-tune, du RnB et des paroles tournant éternellement autour de "pourquoi tu veux pas sortir avec moi je suis un lover de première classe", et "Faisons la fête toute la nuit". La façon dont Chris Chu déforme sa voix (effet saturé, étiré, découpé) sur quasiment tous les titres donne l'impression qu'il chie sur tout le travail qu'il a pu accomplir jusqu'à aujourd'hui, qu'il a complètement oublié qu'il était le chanteur de quasi classiques comme "Excuses" ou "Wet Ciment". Ce type là mesdames et messieurs, avait une voix en or. Il en a fait de la soupe au caca à la Justin Bieber. Parlons rapidement des instruments, au nombre de deux: un mac et un clavier midi. Ce duo joue inlassablement des sonorités kitsh 80's (qu'on aurait pu apprécier si la mélodie était là et si c'était un type seul aux commandes, pas un groupe indé), des rythmiques pachydermiques pour radio fun (ou Fun Radio), et couvre la grossière entreprise de débilitation et simplification par quelques projectiles sonores façon blip blop de "mec qui s'y connait".

Vous ne me lirez pas citer un titre ou un autre dans cette chronique car c'est un disque qui ne le mérite pas vraiment, et si vous ne faites pas confiance à votre serviteur il y a le single en dessous pour vous saloper les oreilles. Moi je retourne écouter un chef-d'oeuvre nommé Big Echo, dont chacun des titres valaient mieux que tout un disque de Pop Etc.

2/10

Label: Beggars Banquet

Sortie: 12 Juin 2012

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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 10:00

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Le retour des faux idiots

Les Hives, c'est une histoire de passe-passe, une bande de rockeurs suédois qui ont foutu dans un verre les Ramones, les Sonics, un zeste des Rolling Stones pour la gouaille du chanteur, un humour irresistible, et surtout des amphétamines pour constituer le cocktail imbattable qui rassemble toutes les générations fans du dieu "riff". Tout allait bien jusqu'au dernier disque, The Black And White Album, qui manquait de mordant, de mélodies, et quitte à se répéter, de riffs, la seule mais dangereuse arme des Hives.

Alleluia, Pelle Almqvist et ses potes ont décidé pour Lex Hives de faire un Back To Basics comme dit Christina Aguilera: on revient aux guitares aiguisées, avec le chant saturé de caniche enragé, le son de batterie 70's, mais surtout l'énergie garage débordante. Vous avez déjà connu un pote perturbé et sale qui secoue la tête et les chevilles en concert, une 8-6 à la main, et devient incontrôlable quand le refrain arrive ? "1000 Answers", "Patrolling Days", "These Spectacles Reveal The Nostalgics" sont dédicacées à ce type là, principalement. Autour de ces bombasses capables de prendre aux articulations chaque être humain bien constitué, les Hives, sortent de leur tambouille une version bluesy du "I Love Rocknroll" de Joan Jett ("I Want More"), un rock 80's pour club de stretching ("Wait A Minute"), et une tentative soul comique réussie ("Without the money"). Où est l'arnaque ? Nulle part en fait.

8/10

Sortie: 4 Juin

Label: Columbia

Site Officiel des Hives

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 10:00

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La tête hors de l'eau

Billy Corgan est un véritable tortionnaire. Après avoir annoncé la reformation de son groupe en 2007 on découvrait que ce n'était que lui, Jimmy Chamberlain (batteur d'origine) et un backing band d'inconnus. Zeitgeist, qui devait signer le grand retour sur disque, s'est avéré un gros flop dont on pouvait sauver 2-3 titres, mais pourri par un son mammouth, des pistes par dizaines pour noyer un égo qu'on sait gigantesque. Ensuite, tournée, réconciliation avec des set-list axées best-of et prestations impressionnantes même si sur scène l'ambiance est funéraire. Fin 2009,  Corgan annonce ne plus vouloir être "enfermé" par le format album et démarre le projet Teargarden by Kaleidyscope, composé de 44 titres divisés en 11 mini-albums qui seront dispos gratuitement en téléchargement et en vinyle édition ultra-limité avec visuel de relique d'Indiana Jones et le temple perdu. Au delà du ridicule de l'opération, les morceaux ne suivent pas, c'est mou, c'est douloureusement ampoulé, et même les hardcore-fans perdent confiance. Début 2011, Corgan, pas à un retournage de veste près, annonce "Nous allons sortir un album, Oceania, ça fait parti du concept de Teargarden, mais ça sonnera différent des derniers titres publiés".
Tout ça pour dire, on avait de quoi être inquiet devant tant de cafouillage et manque d'inspiration ces dernières années chez les citrouilles. Si on prend Oceania comme un disque de Billy Corgan, on pourra passer un très bon moment, si on espère un retour à l'age d'or des Smashing Pumpkins, on aura plus de mal. Ce n'est pas pour autant qu'Oceania n'a rien à délivrer. A vrai dire, l'exploration de territoires électroniques, de façon légère et nuancée façon Adore (l'odyssée psyché-folk-prog "Oceania", "Violet Rays") ou plus franche et moins réussie ("One Diamond, One Heart", "Pale Horse") est intéressante et jamais grossière ou hors-sujet sur un disque qui évoque à chaque instant le grand large, le monde aquatique, une beauté naturelle, simple mais jamais facile à retranscrire. De plus, on s'étonne d'entendre ici et là un regain de guitares épaisses comme des haches et de batterie pieuvre et groovy (à la Chamberlain) méchemment: sur l'intro "Quasar" jumeau de "Cherub Rock", "Inkless" qui semble piquée à Mellon Collie And The Infinite Sadness, ou "Panopticon". C'est un tel plaisir de savoir que Corgan peut encore pondre des titres au son massif mais à la mélodie évidente, à l'émotion palpable. On retrouve ici et là des traces de sa romance avec Jessica Simpson ("My Love Is Winter", "Pinwheels", deux niaiseries qu'on oubliera vite) mais à la fin de l'écoute d'Oceania, on a envie de croire en l'avenir des Smashing Pumpkins, ou du Billy Corgan Band, vous l'appelez comme vous voulez.

7/10

Sortie: 18 Juin

Label: EMI

Site Officiel des Smashing Pumpkins

 

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 10:30

liars-wixiw.jpg

Les truands du futur

S'il y a un groupe de rock expérimental qui n'a jamais failli à la seconde partie de cette étiquette dans les années 2000, c'est Liars. Créateurs d'ambiances noisy détraquée (They Were Wrong , So We Drowned), abstractions tribales des cavernes (Drums not dead), dépression plus mélodique sous xanax (Liars) et cauchemar psychopathe autour d'hollywood (Sisterworld), on ne peut pas dire qu'ils soient du genre à laisser leur mauvaise graine dans le même jardin pour toujours. Avec WIXIW (prononcez "Wish you"), Liars s'écarte pour la première fois des instruments classiques (guitare, basse, batterie, seringue) pour livrer un album electronique, au sens strict du terme.
WIXIW est une odyssée dans un monde déshumanisé où le gris s'étale en mille nuances, où le mal est intriguant et le cerveau en veille, comme poussé dans ses instincts les plus bas, ses pensées floues, ses obsessions de fin de nuit. La remarquable maîtrise sonore et cohérence des 11 titres rappelle souvent un Radiohead qui aurait réalisé une suite d'Amnesiac, un Depeche Mode qui aurait filé ses compos à CAN. Cela implique d'écouter d'une traite, et encore, et encore, ne pas regarder les heures passer, au volant dans une ville calme et menaçante à 4h du mat' ("N°1 Against The Rush"), dans une secte sous-terraine alors que les sirènes de l'apocalypse résonnent ("WIXIW", "Flood To Flood"), au fond d'un égoût où la cold-wave est morte ("Who Is The Hunter") alors que le dance-floor du nouveau millénaire est offert à la horde de zombies désarticulés que l'humanité est devenue ("Brats", "A Ring On Every Finger"). WIXIW est une oeuvre qui réussit à polir la plus triste des réalités pour en faire un bijou à porter dans votre quotidien effrayant, plein d'insécurité, d'incertitude, mais surtout, d'incompréhension. Saisissant.

9/10

Sortie: 5 Juin

Label: Mute Records

 

le clip/morceau de l'année:

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 13:23

Tango-in-the-Attic-copie-1.jpg

Il était comment Fonzy hein ?

Tango In The Attic est un combo (double fatality !) gallois qui n'avait pas franchement enthousiasmé quiconque avec leur sauce pop sautillante à la Vampire Weekend matiné de synthétiseur et de guitares au son mammouth mais à l'effet marmotte. On ne sait quelle mouche les a piqué, mais Sellotape, c'est tout le contraire. Là où on avait laissé un groupe empoisonné par les rengaines mélodiques british, la production claustrophobe et plate, et un sévère manque de personnalité, on trouve une bande de gars délirant, dans les structures, dans les pyramides de notes, dans le chant même: libérés grossièrement.

Ce qui interloque dans Sellotape, c'est l'inventivité de ses créateurs: "Paw Prints" qui démarre sur 2 accords en mode garage et s'étale après 1min30 min dans un duo groove de batterie / arpège math-pop et faire un aller-retour deux-trois fois; "198 Alpaca" et ses claviers dérangés comme un caroussel en plein trip d'acide qui se termine dans un tourbillon electronique; "Chewing Gum" qui sonne terriblement Arctic Monkeys mais possède cette partie de basse à vous décrocher le bassin, les breaks de batterie qui vont bien, et se transforme en noise-rock à 3 min pour mieux remonter à la surface. Tant de surprises, de contrepieds, d'audace qu'on croirait entendre un premier disque, fait de sueur, d'idées aiguisées et de bières fraiches. Il serait un peu réducteur de citer un kilo de noms mais pour faire un portrait musical: ces gens font du surf avec Thurston Moore en jean vintage et rayban avec du Foals dans les écouteurs. Qui a dit cool ?

7/10

Sortie: 28 Mai 2012 (mp3, sortie cd prochainement)

Label: Domicile Crocodiles
Facebook de Tango In The Attic

 

Ils ont même un single qui sent trop trop trop trop bon. Comme du Tahiti Douche Relaxante.

 

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 09:30

azealia-banks-1991.jpg

Tour de chauffe

Enfin, la première sortie de la petite créature qui fait parler d'elle sur tous les blogs (du vaguement indie-rock au clairement electro/hip-hop) depuis la sortie l'an dernier de l'insubmersible tube "212". Entre ses concerts sold-out brûlant d'une courte demie-heure, ses soirées avec le gota de la mode (Karl Lagarfeld en a fait sa grande égérie il y a peu, concert privé en prime), on se demandait même si Azealia Banks n'allait pas imploser avant de sortir un vrai disque, comme une autre reine du buzz internet que vous aurez deviné.

Si on attend encore la sortie de l'album, prévu avant fin 2012, 1991 est un bon avant-goût et indicateur de la direction toujours plus dansante, et trans-genre dans laquelle Azealia Banks évolue. Parlons d'abord des deux déjà connus: "212" est une attaque crunk/ragga/house frontale avec un flow aussi vicieux et speedé que grinçant suivi d'un pont chanté magnifique qui explose au son d'une alarme grinçante qu'on aurait piqué à Prodigy (à qui Azealia rend hommage en live en reprenant "Firestarter"). "Liquorice" est beaucoup moins agressif et possède un ton purement Acid-House, avec son refrain sucré "I could be the right girl, Tell me if you like my color, can I be your type ?", le genre de titre qui nous transporte à l'époque des débuts de Moloko ou Basement Jaxx

Mais la force de la Brooklyn-girl est de remettre au goût du jour ce genre de production un brin datées en y appliquant ses influences hip-hop, ragga et surtout son flow rapide, précis, mais toujours au service de la dynamique plus que de la technique. "1991" est une belle démonstration de cet équilibre qui constitue le plus bel atout de Banks, un titre à la mélodie facile mais dont les paroles nous ennivre au rythme du dance-floor. Car soyons clair, cet ep, et ce qu'Azealia Banks propose depuis les premiers titres disponibles sur le net, est beaucoup plus proche de la dance que du hip-hop, et son rêve est moins de devenir la prochaine Nicky Minaj (dieu merci) que de simplement de faire bouger des booty dans tous les night-clubs du monde. A ce jeu là elle possède déjà une bonne main. On a hâte de voir quelle sera sa prochaine carte.

8/10

Label: Interscope Records

Sortie: 12 Juin 2012 (import)

 

Site officiel d'Azealia Banks

 

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 18:34

http://benkweller.com/kite/images/album-cover.pngNever gonna change

A une époque, Ben Kweller avait un petit capital sympathie vis à vis des fans de ses parrains, les Strokes, les Kings of Leon qui l'avaient embarqué en tournée comme ils l'avaient fait pour Adam Green. Des cas étrangements similaires de jeunes songwriter qui ont manqué leur envol. Chacun a exploré une voie qui lui a fait perdre l'attention du public, et des médias: Green est parti dans une ambitieuse déconstruction de son art et étouffa ses mélodies sous des arrangements lourds comme des patates, Kweller abandonna au bout de deux albums son efficacité pop/rock grungy pour faire de la country insipide (son dernier album Changing Horses). Il se retrouve aujourd'hui à sortir son cinquième album sur son propre label, The Noise Company.

Go Fly A Kite est un agréable retour à ses premières amours, une mixture que les Wings et les Foo Fighters auraient pu boire autour d'une même table, quelque chose de faussement simpliste et un peu bas du front ("Jealous Girl", "Free") mais de temps en temps bougrement bien écrit ("Out the door", "Justify Me"). On se sent un peu coupable d'avaler ces chansons-smarties, qui fondent dans la bouche avec un goût de naiveté et de refus de grandir. Kweller tente de faire les même chansons que lorsqu'il avait 20 piges et la vie devant lui, et c'est peut-être le seul, mais gros défaut de ce disque qui n'a rien de plus à offrir que ce que Sha Sha et On My Way nous avaient donné. Le sagouin a même caché deux ballades country-esque en fin de galette, "I miss you" et "You can count on me", qui sentent un peu trop le kumbaya pour un type qui vient de dépasser la trentaine, marié, 2 enfants. A réserver aux fans de la première heure.

6/10

 

Sortie: 12 Février 2012

Label: The Noise Company (uniquement disponible sur le site de Ben Kweller)

 

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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 22:45

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La terreur qui fait pas peur

A force de prôner l'originalité, la fusion des genres, on en oublie que cela peut souvent se terminer en ignominie, surtout quand le groupe en question n'a aucun sens de la retenue, de l'équilibre musical, et n'a qu'un but: sonner plus putassier et agressif que tout le monde. Sleigh Bells est donc ce groupe, un duo de Brooklyn qui a "inventé" en 2010 une potion imbuvable entre hard-rock, beats hip-hop et electro-pop. Ca s'appelait Treats, c'était 32 minutes de riffs gros (et laids) comme des monster-trucks, de rythmiques sonnant comme un fusil à pompe dans Quake 3, et de lignes de chant féminines innocentes, girly et poseuses. Reign of Terror, comme son nom le fait craindre, c'est pareil, en pire.

De l'introduction "True Shred Guitar" façon "on arrive dans une arène déjà surchauffée et on découpe en charpie du AC/DC avec un son digne d'un crash de Boeing 747" aux sons de synthé dégueulasses de la tentative dark-dream-pop "D.O.A" , ce disque est un plaidoyer pour la superficialité, le gimmick, l'inanité musicale. Tout est surjoué, imperméable à une quelconque profondeur mélodique, des titres comme "Born to lose" et son insupportable double-pédale, "Leader of the park" et son solo à deux guitares (et cette voix mièvre blindée d'effets), "You lost me" qui semble piqué à la B.O de la suite cachée de Top Gun (en vogue en ce moment décidément), sont l'équivalent musical d'un cellophane sur un morceau de barbarque pas fraiche.

La folie des grandeurs et du plus gros son pourrait au moins rendre l'expérience excitante sauf qu'il n'y a pas une once de différence entre le volume et l'agressivité d'un titre à son début ou à sa fin. Dans le monde de Sleigh Bells, les émotions n'existent pas, rien ne fait sens, tout est instinct, tout est programmé pour faire BOUM, pour head-banger comme un pantin sans différencier les couleurs, sans passer par plusieurs stades, non, tu vas bouffer de la bouillie savament produite pour contaminer tes séries tv teenage, tes jeux vidéos de gangster, les moments où certains se demandent si la musique est vraiment leur passion, ou simplement un loisir, un défouloir même. Si tu fais parti de cette dernière catégorie, tu ne lis surement pas ce blog, et grand bien t'en fasse, les autres, fuyez ce groupe comme la peste.

1/10

 

Sortie: 20 Février

Label: Mom & Pop Music

 

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