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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 04:32

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Méticuleusement calibré

Blop blop blop, les étoiles de mer sont flashys ce soir, la féérie dansante des sirènes est sur le point de commencer et une musique s’immisce dans votre tête, ce genre de conneries pop 80’s mélo, dansante et criant « je veux vivre en costard trois pièces au bras des plus belles femmes du monde ». Cette musique, ça pourrait être The Golden Hour de Ocean City Defender, un projet solo (de Preston Merkley, canadien de son état) qui a le kit intégral pour réussir dans les clubs rock branchés et se faire remixer pour les discothèques (moins branchées, forcément) : des mélodies de winner, futuristes, grandiloquente, et cools (« The Freddy Shelly Throat Punch »), la dose de nonchalance et de dédain pour se faire respecter (« The Golden Hour ») et le côté binaire bêtement efficace qui marche toujours («Movement »).

A une époque où le revival du son 80’s est devenu un très bon placement en bourse dans l’industrie musicale (retours de Pulp, Blondie, Roxy Music … ) un artiste qui se réclame de Tears for Fears et New Order ne peut pas louper le coche. Ils apportent là-dessus un soupçon de shoegaze emprunté aux plus underground Radio Dept et M83, mais rien qui n’effraie les passants. Malgré ses allures de bon produit bien (trop ?) ficelé et calibré, on ne peut s’empêcher de trouver dans ce Golden Hour ep un charme désuet, ce sentiment quasi incompréhensible qui pousse à laisser RTL2 quand ils vous passent « Such a shame » de Talk Talk  … Pas une seconde d'ennui sur cet ep, pas de mauvaises chansons, pas de crime au mauvais goût, juste de la pop à synthés bien épais, rasée de près, "commerciale" mais séduisante.

 

Sortie: 6 Janvier 2012

Label: Aucun (en écoute/achat sous Bandcamp )


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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 12:52

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Le temps des seringues

 

Amis de l'OCB bien fournie, du PCP bien dilué, et du LSD bien coloré, The Paperhead, le trio chevelu de Nashville semble au premier abord, avoir tout pour vous plaire. Inspirés par le psyché-rock des 60's et 70's, ils sont ce qu'on peut appeler des hommes de traditions. On devine leur fascination précoce pour les compilations Nuggets où l'on faisait des tubes sur un simple groove, et une ligne de basse qui colle au bassin ("Back to those days"), mais aussi les heures à allumer des fumigènes pour voir la sainte vierge au milieu de leur garage ("Can't keep my eyes open" très 13th floor elevators, "Gettin Older"), et les blocages neuronals après avoir trop écouté Sergent Pepper et Revolver ("Easy Living").

The Paperhead ne sonnent vraiment pas comme un groupe américain (plutôt anglais), ni un groupe du 21ème siècle d'ailleurs, mais plutôt un groupe oublié de la création du psychédélique-rock, peut-être même trop prévisible pour provoquer autre chose que la nostalgie. La faute à des morceaux quelques fois broyées dans l'auto-contemplation ("Come Again?", L'instru bruitiste "Wisdom"), et une sensation générale d'immaturité (18 ans de moyenne d'âge) dans la composition. On attend donc des progrès, même si cet album éponyme a ses bons moments. A réserver aux collectionneurs d'antiquités, qui se satisferont de la démarche purement revivaliste.

 

Sortie: 15 Mars 2011

Label: Trouble in Mind Records

 

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 14:59

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Foxes Of Leon

L'Utah est un territoire où l'on peut trouver autant des paysages arides aux roches rouges rappelant la conquête de l'ouest, que des montagnes enneigées de la chaîne des rocheuses . Il est évident à l'écoute de Mountain Sea que les membres de Desert Noises, habitant plus précisément à Provo (située au bord du lac Utah et proche de Salt Lake City), sont influencés, si ce n'est possédés par la carte postale vivante qui les entoure. Mountain Sea est un disque qui respire, qui fait respirer la beauté de la nature à travers une indie-folk contemplative mais jamais complaisante. Les titres évoquent tantôt de grands espaces calmes et lumineux ("Highway Cars", "Up The Mountain"), tantôt de petites idylles bucoliques ("Bible Study", "Oak Tree").

Mais la plus grande réussite du disque, hors de ses arrangements de guitares proprement magnifiques, c'est la voix de Kyle Henderson, qui possède la pureté d'interprétation d'un Robin Peycknold (Fleet Foxes) mais aussi ce timbre écorché qui a fait la renommée de Caleb Followill (Kings of Leon). Si les noms viennent rapidement à l'esprit (rajoutons Band of Horses à la liste), Desert Noises montre déjà sa différence en n'hésitant pas à mettre la batterie, quasi tribale, en avant ("Up the Mountain" et "Oak Tree"). Mountain Sea est un disque qui fait preuve d'une maturité impressionnante, de compositions simplement belles, et assez évocatrices pour vous donner envie de faire bagage dans la minute, et ne plus avoir à faire travailler votre imagination. Dans "Smoke Breathing Monsters", Henderson chante "I don't sleep to dream", tout est dit.

 

Sortie: 18 Octobre 2011

Label: Northplatte Records

 

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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 14:29

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Lesbians on ecstasy

 

Projet parallèle à la clique de Odd Future, The Internet est un duo composé de Syd The Kyd (jeune fille androgyne qui faisait la DJette lors de la tournée OF*) et Matt Martian (producteur chez The Jet Age of Tomorrow). The Internet n'a pas grand chose à voir avec les autres enfants de OF, c'est un album de soul moderne aux ambiances nocturnes et délicates, presque lounge certaines fois. Sur ces sonorités futuristes,planantes et groovy (rappelant les premiers N.E.R.D), Syd dépose des paroles parlant d'attraction sentimentale mais aussi de tabous : ses soirées entre filles cocainées ("Cocaine"), l'affirmation de son identité et de son look de mec ("She dgaf"), ou la difficulté d'assumer une sexualité différente dans une société américaine réac ("Ode to a dream").

L'album est clairement marqué par ce thème du lesbianisme sans pour autant être un manifeste, ou une succession de revendications. Purple Naked Ladies est rempli d'histoires d'amour qui gardent à chaque fois un goût d'inachevé ou d'impossible, et ce sentiment d'instabilité et de perdition s'amplifie au fil du disque. Syd a une vision épicurienne de la vie, et fuit la réalité par la drogue, le sexe, et de façon plus générale, en se mettant en danger ("Fastlane").

Syd ne possède pas une grande voix, mais une sensualité évidente et quelque chose d'hypnotique, mixant le parlé et le chanté. Elle porte des mélodies qui donnent l'impression de sortir d'une boite glauque à 4h du matin, dans un état où seuls restent les instincts. Quelques fois, on regretterait presque que Syd noie autant son chant derrière une panoplie d'effets asphyxiant et simulant un état d'ébriété chez l'auditeur, mais hors de ce petit défaut, The Internet réussit à proposer quelque chose de novateur, aux thèmes intéressants, à l'atmosphère cinématographique fascinante (On pense à Collateral ou Drive). A écouter au milieu de la nuit.

*Odd Future

 

Date de Sortie: 20 Décembre 2011 (Itunes) 17 Janvier 2012 (CD)

Label: Odd Future Records

 

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 11:03

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Maîtrise du chaos

The Men, ce sont quatre vilains petits canards parmi les plus bruyants de Brooklyn, jouant un post-punk lourd et lo-fi sur leur premier album, Immaculada. Leave Home, signant leur arrivée sur Sacred Bones Records (maison de Zola Jesus)  est de ces disques qui ne vous ménage pas un seul instant, car on a affaire à des monstres sonores capables de dérailler à n'importe quel moment (l'incroyable "Think", punk survolté qui se vautre plusieurs fois dans la noise) ou de simplement vous submerger par une rage hardcore digne du Rollins Band   ("I.A.D.O.C.H").

Les membres de The Men se partagent le boulot de composition, et le chant, ce qui explique l'écart de style entre le Heavy-Psyché conquérant en intro ("If you leave ...") et le post-kraut-punk à la Neu! qui conclut le disque ("Night Landing"). On avait pas entendu des jeunes maîtriser un rock aussi noisy et efficacement bordélique depuis The Hunches. La musique de The Men reste de bout en bout abrasive, urgente, au bord de l'explosion, et donne une farouche envie de casser du mobilier. Il ne vous reste plus qu'à appuyer sur play en dessous, et prier pour que votre nuque ne se disloque pas.

 

Sortie: 23 Mai 2011

Label: Sacred Bones Records

 

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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 12:59

Se prendre pour Jean-Pierre Gaillard

 

2011 a été une année assez peu excitante musicalement: peu de groupes prometteurs (Youth Lagoon, Blouse, Yuck ?), des formations qui stagnent (The Horrors, Raveonettes, The Kills) , et des valeurs sûres qui s'effondrent (PJ Harvey, The Strokes, M83). Une année de transition où personne n'a réinventé la roue, et où on avait souvent l'impression d'une frilosité et d'un manque d'idées chez les artistes et groupes déjà installés (à part pour Metallica VS Lou Reed mais là on s'en serait passé), comme si la "crise" leur avait fait perdre l'inspiration. En regardant les tops albums rock à droite à gauche (NME, Pitchfork, Consequenceofsound, Uncut, Q), on sent une certaine uniformisation, signe de la baisse du nombre de découvertes musicales cette année: quand le buffet n'est pas varié, tout le monde bouffe la même chose. Sur ces considérations macro-économico-mediatico-gastronomiques à 10 cts d'euros, voici cinquante albums qui méritaient votre attention cette année:

 

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1/ Noel Gallagher - High Flying Birds

On a beau lui en vouloir un peu d'avoir laissé tomber Oasis pile lorsqu'ils remontaient la pente (avec de bonnes raisons), Noel a prouvé qu'il pouvait se débrouiller en solo avec High Flying Birds. Plus libre de prendre des risques (la pop à la Texas de "Aka What a life"), plus confiant pour déployer son chant (l'imparable "Death of you and me"), il fait tout en grand, et signe parmi ses plus beaux morceaux tout simplement ("If I had a gun", "Everybody's on the run"). Une leçon de songwriting.

 

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2/ Kurt Vile - Smoke Ring For My Halo

C'est le quatrième album de Kurt Vile, et pourtant pour la majorité d'entre nous, c'est comme si le gars venait d'apparaître et de nous illuminer de son delta-blues electrisant et associal, comme un Springsteen qui aurait tourné grunge. Une raison simple: il passait une grande partie de son temps jusqu'à 2009 avec War on Drugs, très bon groupe de rock-shoegaze, et ses premiers disques étaient inégaux car un peu baclé. Avec sa gueule d'homme des cavernes, il balance coup sur coup des pépites mélodiques où il marmonne -comme prisonnier de ses pensées- les réflexions d'un homme qui doute de sa place dans le monde d'aujourd'hui: "Puppet to the man", "Society is my friend", "In my Time". Un disque sur lequel on passe du temps, on découvre des bribes de paroles qui nous échappaient, on entend une guitare qui était cachée, un détail qui nous rend chaque écoute passionnante. Mais on reste surtout fasciné par le charisme du monsieur, qui a tout pour reprendre les rennes de la folk américaine.

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3/ St Vincent - Strange Mercy

Annie Clark a fait aussi une percée cette année, chose assez incompréhensible car Strange Mercy est surement son album le plus étrange et skyzophrénique. Elle s'écarte un peu plus de la féérie de Marry Me et Actress, et continue d'expérimenter, défigurant ici le disco et là l'electro-pop ("Cruel", "Northern Lights"). Un album bipolaire où sa voix angélique et les arrangements (choeurs, violons, cuivres) basculent au gré d'une guitare tronçonneuse et de synthés dérangés. L'équilibre entre titres catchy et titres plus osés fait de Strange Mercy le meilleur album de Melle Clark, et le plus surprenant de l'année.

 

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4/ EMA - Past Life, Martyred Saints

Erika Anderson, sortie d'une rupture avec son mec (dans le groupe drone Gowns), sort un "brulôt" rock-noisy rempli à ras-bord de haine du genre humain et de lamentations. La blogosphère s'emballe, et, en retard, les journalistes pro la descendent à la vue de ses clips tape-à-l'oeil et de son paroles immatures. L'album fonctionne sur ce principe: une fille décide de cracher sur son enfance, la Californie, son mec, puis elle-même, puis regrette tout et donnerait tout pour quelques secondes de sa vie d'avant. Une vieille ado qui ne sait pas où elle va et ce qu'elle veut, mais exprime ses doutes et son innocence avec ce qu'il faut de riffs arides (Pj Harvey, Scoutt Niblett comme modèles) et de sincérité pour conquérir le monde. Chronique ici

 

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5/ Girls - Father, Son, Holy Ghost

On en a parlé, en chronique, dans le top 50 morceaux 2011, ce Father, Son, Holy Ghost est un album quasi parfait, pour un groupe qui ne m'avait pas vraiment marqué sur leur premier essai. Le chant se fait plus fragile, les mélodies plus rassembleuses, empruntant autant à la pop 60's (Buddy Holly) que 70's (Pink Floyd) pour redonner du sens à des traditions dites "ringardes" comme le slow langoureux ("My love is like a river"), la déclaration d'amour grandiloquente ("Vomit"), et la ballade dédicacée à maman ("Myma"). Chris Owens garde un peu le coté tête à claque ("Honey Bunny") mais passe le plus clair de son temps à chercher l'amour "le vrai" ("Forgiveness", "Just a song"). Un disque mièvre mais touchant, fleur bleue mais classe, aux airs évidents, mais qui relève de l'orfèvrerie musicale. chronique ici

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6/ Ty Segall - Goodbye Bread

A l'heure où on cherche de façon obsessive le "nouveau son du futur de la pop-music" (les effroyables Wu-Lyf ?), un type fait dans son coin le plus beau boulot de revivaliste des deux-mille-tizes en dix titres au psychédélisme 60's baignés dans un fuzz poissard. "Goodbye Bread", "You make the sun fry", "My head explodes" sonnent déjà comme des classiques. Ty Segall n'en oublie pas de jouer avec le schéma couplet-refrain pour mieux brouiller la piste du simple artisan nostalgique ("Fine"). Pas de grandes ambitions, mais de grandes chansons, c'est le principal.

 

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7/ Zola Jesus - Conatus

Agaçante diva pour certains, déesse d'une "dark-wave" (?) aussi personnelle qu'héroique pour d'autres, Zola Jesus ne s'est pas fait d'amis avec Conatus, en prolongeant les travaux entrepris sur Stridulum II: production clinique, efficacité pop, et élans lyriques. Ici, elle peaufine ses rythmiques industrielles ("Vessel"), ose illustrer son malaise sur le dance-floor ("Hikikomori"), et commence à se découvrir de vrais talents d'interprétation en gérant sa puissance vocale ("Skin"). Un disque qui envoûte et tient en haleine, même lorsque les ficelles sont très grosses. Pour moins de grandiloquence, voir le dernier Chelsea Wolfe, aux titres plus sombres et aux sonorités plus organiques. Chronique de Conatus ici

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8/ Ron Sexsmith - Long Player, Late Bloomer

Mon pêché guimauve de 2011, c'est le canadien dépressif mésestimé et sacrément moche aujourd'hui, Mr Sexsmith. Long Player, Late Bloomer reprend les grandes lignes qui parcourent sa discographie: mélodies claque-doigt, balades pour rocking-chair, pop de papy, rock de réac. Il sait faire sa sauce et si vous en prenez une cuillère, vous deviendrez pendant 3-4 min aussi abruti et heureux que Ted d'How I Met Your Mother qui tombe amoureux toutes les semaines. C'est plein de punch-lines que Sinatra aurait même pas osé faire genre "I'll have to call you back, I'm in the middle of love". "The reason why", "Believe it when I see it", "Love Shines", tout ça pue le veston à carreaux en laine de mouton, et la soupe aux légumes. Mais tout ça pue la classe aussi. Vous comprenez pas ? Ringard is the new Hype.

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9/ La Dispute - Wildlife

Après la chronique dithyrambique que je leur ai fais il y a quelques semaines, je ne vois pas quoi rajouter: ceci est un album de post-hardcore, ceci est un album poignant, récit de plusieurs faits divers américains par l'intermédiaire d'un chanteur abordant religion, criminalité, pauvreté, et autres joyeuseries, criant sa rage à tout bout d'champs, se remettant en cause, déballant son sac avec une verve incroyable, et toujours juste, jamais forcée. Le mec est clairement à la phase "est ce que l'humanité existe encore ?". Un groupe qui dépose ses tripes sur le buffet, cisaille ses rythmiques, groove sans temps morts. Une claque monumentale et surtout un des rares disques cette année qui fout les frissons par sa puissance émotionnelle.

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10/ Smith Westerns - Dye it Blonde

Un disque qui au départ devrait me faire fuir: mélodies et paroles sirupeuses, du synthétiseur (et des guitares qui sonnent presque pareil), un chanteur à la voix de minet et une production bubblegum à vous transformer en roudoudou aux premières secondes de "Still New" et son kitshissime "I wanna tell you you're hard to resist". Seulement quoi ? C'est un exutoire parfait à la morosité ambiante et aux groupes toujours plus lo-fi, toujours plus garage, toujours moins intéressés par l'art délicat de la chanson. Ils ont les solos qu'on rejoue inconsciemment les mains vides (le pont de "Still New", "Imagine Pt 3") et les refrains qui vous bouffent les lèvres ("Only One", "All Die Young", "Fallen in Love"). De la musique de bal de promo, qui fait appel à l'innocence des "premiers baisers". Et pour finir de vous effrayer, sachez que les Smith Westerns ont la capacité de vous faire aimer Elton John, vous flippez là hein ?

 

11/ Bjork - Biophilia

12/ Atlas Sound - Parallax

13/ Yuck - Yuck

14/ Mastodon - The Hunter

15/ James Blake - James Blake

16/ Emily Barker and the Red Clay Halo - Almanac

17/ Fleet Foxes - Helplessness Blues

18/ Colin Stetson - New History Warfare Vol 2: Judges

19/ Deus - Keep your Close

20/ Liturgy - Aesthethica

 

21/ Beirut - The Rip Tide

22/ Wooden Shjips - West

23/ Radiohead - King Of Limbs

24/ Thee Oh Sees - Castlemania

25/ Trail Of Dead - Tao of the Dead

26/ Decemberists - The King is Dead

27/ Washed out - Within and Without

28/ Black Keys - El Camino

29/ Laura Marling - A Creature I don't know

30/ Low - C'mon

 

31/ 93 Million Miles from the Sun - Northern Sky

32/ Dum Dum Girls - Only in Dreams

33/ Johnny Foreigner - Johnny Foreigner VS everyone.

34/ All Pigs must die - God Is War

35/ Metronomy - The English Riviera

36/ Blouse - Blouse

37/ Youth Lagoon - The Year of Hibernation

38/ Tv on the radio - Nine types of light

39/ King Creosote and Jon Hopkins - Diamond Mine

40/ War on Drugs - Slave Ambient


41/ The Do - Boths ways open jaws

42/ Marissa Nadler - Marissa Nadler

43/ The Living Kills - Faceless Angels

44/ Eleanor Friedberger - Last Summer

45/ Feist - Metals

46/ Jay Mascis - Several Shades of Why

47/ The Kills - Blood Pressures

48/ Caveman - Coco Beware

49/ Arctic Monkeys - Suck it and see
50/ Foo Fighters - Wasting Light

 

Merci à toutes les personnes qui sont venues sur ce blog, et celles qui sont revenues malgré les nombreux moments "sans posts", j'essaye d'être un poil plus régulier en ce moment : ) Bonne année musicale 2012.

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 17:09

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Sonic youth

 

Johnny Foreigner, c’est un groupe qui n’a jamais été assez punk-rock californien pour percer à la radio américaine et qui n’a jamais été assez rock lo-fi pour séduire les indie-dudes, et avec ça ils sont british (Birmingham). Johnny Foreigner Vs Everything est un retour inespéré après deux ans sans nouvelles et le groupe ne semble jamais s’être arrêté. Leur musique, joyeusement bordélique, bondissante, continue de sonner hargneuse, noisy, et créative.

Ce qui impressionne réellement chez Johnny Foreigner, c’est la capacité à effectuer des virages mélodiques et rythmiques jouissifs dans leurs morceaux : « Electricity vs The Dead » ,« Hulk Hoegaarden », « Don’t show your fang ». On sent sur une grande partie de Johnny Foreigner Vs Everything que le groupe cherche toujours à se diversifier, on trouve autant des ritournelles pop parfaites dignes à la Pinback ou The Notwist (« 200x », « Doesn’t believe in angels »), que des tueries punk avec un soupçon progressif (« The Swell/Like Neverwhere », « If i’m the most famous boy you know … »). J'essaye de réduire le name-dropping, mais comment faire quand un groupe réussit à sonner dans le même morceau comme At the drive-in pour les nuls puis Blink 182 version destroy ?

Il est dommage que le groupe remplisse à ras-bord la galette (17 titres !) avec des pistes non-musicales (« Concret1 », « Concret2 ») qui ne renforcent pas l’atmosphère du disque, et il aurait été utile d’élaguer la tracklist en coupant quelques possibles face-b (« What drummers get », « Alternate Timelines Piling up »).  Malgré ce trop-plein d’enthousiasme, on est une fois de plus conquis par cette bande d’éternels ados qui redonnent ses lettres de noblesse au punk-rock avec une originalité et une vitalité indéniable. 

 

Sortie: 7 Novembre 2011

Label: Alcopop Records

 


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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 14:17

Dans la série des tops cette semaine, voici venu, le top morceaux (ou top "chansons") qu'on oubliera pas lorsque le chaos et le désordre frapperont à notre porte, entre le 31 Décembre 2011 et le 1er Janvier 2012. Cliquez sur les titres pour les écouter.

(si vous vous ennuyez, regardez dans les yeux de chris, je crois qu'il veut faire des trucs sales)

 

http://static.nme.com/images/gallery/GirlsSF190911.jpg

 

1/ Girls - Vomit

Un hymne à l'amour un peu désespéré, aux paroles simples et pourtant bouleversantes ("Nights I spend alone, I spend them runnin' round looking for you baby"), ou Christopher Owens brise sa carapace de tête à claque qui se fout de tout pour dévoiler des ambitions débordantes et une sincérité à vous faire fondre un fan de grind-core. De l'intro sombre à l'explosion finale, du grand art. On a pas entendu un seul autre titre dans toute l'année aussi passionnant, maitrisé, et hors des modes (vous en connaissez des groupes indé qui rappellent le Pink Floyd de Dark Side Of The Moon ?).


2/ Ty Segall - You make the sun Fry

Salut, j'ai une obsession pour les Beatles de l'Album Blanc, j'y trouve mon inspiration pour faire une pop lo-fi aux refrains imparables, aux guitares cheap et heavy en même temps, avec des morceaux de 2 minutes 30 en moyenne, comme au bon vieux temps des coupes au bol. "You make the sun Fry", c'est un peu la version détendue de "Helter Skelter". J'ajouterai que Goodbye Bread, dernier album de Ty Segall (non chroniqué ici) est un petit bijoux, mais ne spoilons pas le top album ...

 

3/ Radiohead - The Daily Mail

Un vieux titre non-présent sur King of Limbs (ils prennent l'habitude de mettre le meilleur en face-b apparemment) qui démontre que le Radiohead de Kid A/Amnesiac n'est pas encore mort, et rappelant un peu "Life in a glasshouse" qu'on aurait ré-arrangé pour une B.O de James Bond (cette transition à 2:09 et la montée des cuivres ...). Thom Yorke y délivre une prestation habitée et touchante qui prouve qu'il peut encore sortir de grandes interprétations sans se morfondre. Le genre de morceau qui n'aurait pas pu être composé par un autre groupe.

 

4/ The Kills - Future Starts Slow

Le titre trompe-l'oeil du dernier Kills, Blood Pressures. Future Starts Slow est de ces morceaux qui vous font croire que le rocknroll a ressuscité (comme le "Whatever happened to my rocknroll" des BRMC, ou "Date with the night" des Yeah Yeah Yeahs). On a ici tout pour démarrer un futur excitant: la batterie martiale, la guitare brumeuse qui vous transporte dans un Tour Bus en plein milieu d'une ville américaine, qui vous aveugle d'un tas d'écrans et d'enseignes lumineuses. La sensation de ne pas savoir ce que demain réserve, et d'aimer vivre de cette façon ... 

 

5/ Mastodon - Black Tongue

Non mais comment font-ils ? Cinquième album des "prog-sludge-stoner-punk-metaleux" d'Atlanta, et ils réussissent encore à sortir des riffs percutants, inspirés, des ponts simplement magnifiques (de 1:50 à 2:50, c'est invraisemblablement parfait). Les seuls types à faire passer les solos à 2 guitares comme quelque chose de classe en 2011. Ce titre est surement le plus stoner (avec "Curl of the burl") de The Hunter, mais c'est aussi celui qui n'a pas une seconde en trop. Si vos cheveux restent statiques en écoutant "Black Tongue", vous n'aimez pas la musique heavy je pense.

 

6/ Ron Sexsmith - Get in Line

Ce bon vieux Ron a sorti cette année un album aussi bon (même si, un poil plus lisse et gentillet) que ses prédécesseurs, en enfilant des perles de pop "à papa" (Mc Cartney-like, diront certains), avec la même tranquilité et la même facilité que sur Exit Strategy of the Soul. Get in Line est le premier titre de l'album, c'est un de ses morceaux pour les jours de pluie, les jours où on rentre du boulot en se demandant pourquoi on doit y retourner le lendemain, les matins où votre chat a fait pipi dans votre lit, ou tout simplement quand vous êtes pas jouasse.

 

7/ Bjork - Mutual Core

Alors qu'une bonne partie de la presse française a détruit le dernier Bjork ("non mais elle fait plus rien depuis Homogenic quoiiiiii"). Ici, à Slash-Taste, on a aimé la poésie de Biophilia et particulièrement "Mutual Core", un titre qui bascule plusieurs fois entre la calme du vide intersidéral et les tremblements annonçant la formation d'une nouvelle planète, le Big Bang, un truc du genre quoi. Et quand la machine s'emballe dans de l'electro-indus bouillonnant, c'est particulièrement jouissif.

 

8/ Tv on the radio - Repetition

Repetition est un peu le "Wolf like me" de Nine types of lights, un autre album un peu trop descendu cette année (contre-coup de la hype de Dear Science ?) de la part du groupe funk-jazz-noise-rock (prenez ce que vous voulez) Tv On The Radio. Comme Wolf like me, il possède une tension constante, Tunde Adebimpe y jette son flow qui semble pouvoir durer des heures, dès 2:00 on est possédé par la transe du groupe. On ralentit, on alourdit le riff, et ensuite on balance ce gimmick "My repetition ... My repetition is this ..." en laissant le groupe jammer jusqu'à l'orgasme sonique et c'est comme ça qu'on signe un tube pour enflammer les foules.

 

9/ Washed Out - Before

Ah, la "chill-wave", on en parle plus beaucoup alors que cette année est sorti le premier album du précurseur du genre, Washed Out. Un album un peu prévisible, mais terriblement dépaysant avec ses nuages de synthétiseurs, ses voix pleines d'échos ... c'était la bande son d'une plongée sous-marine dans la mer des caraibes. "Before", un des meilleurs titres de l'album, possède ce petit groove qui donne envie de faire bronzette, et des nappes de clavier qui bercent le système nerveux. Le morceau le plus zen de l'année.

 

10/ Tyler the creator - Yonkers

On parle très peu de hip-hop, de rap, et d'electro sur Slash-Taste, on y connait pas grand chose c'est vrai, et d'ailleurs citer la plus grosse hype hip-hop de l'année confirme ça. Mais on s'en branle, Yonkers, le single qui a fait exploser la popularité de Tyler The Creator (avec son clip un brin morbide et arty), est un titre imparable. Tyler est encore à ce moment là dans son trip suicidaire et skyzophrène, son flow est tantôt relaché tantôt à la limite du nervous breakdown et la basse menaçante qui l'accompagne fait le reste. On ne parlera pas de Goblin, son second album (le premier commercialisé), qui a hélas plutôt déçu en envoyant balader le personnage que "Yonkers" nous avait vendu.

 

11/ The Strokes - Taken for a fool

12/ Kurt Vile - Baby's arms

13/ Lana Del Rey - Video Games

14/ Noel gallagher - Everybody's on the run

15/ Black Keys - Little Black Submarines

16/ Deus - Dark sets in

17/ St Vincent - Year of the tiger

18/ EMA - The Grey Ship

19/ Trail of Dead - Wasteland

20/ Arctic Monkeys - Black Triacle

 

21/ James Blake - Unluck

22/ Smith Westerns - Weekend

23/ Liturgy - Generation

24/ Eleanor Friedberger - My mistakes

25/ Yuck - Get Away

26/ Fleet Foxes - Montezuma

27/ Emily Barker - Billowing Sea

28/ Jacques Greene - What U R

29/ Jay Mascis - Is it Done

30/ Dum Dum Girls - Coming Down

 

31/ Foo Fighters - White Limo

32/ Cults - Abducted

33/ Thee Oh Sees - The Dream

34/ M83 - Intro (feat Zola Jesus)

35/ Youth Lagoon - Montana

36/ Wooden Shjips - Home

37/ The Decemberists - Rise to me

38/ Black Belles - Honky Tonk Horror

39/ Telekinesis - You turn clear in the sun

40/ Atlas Sound - The Shakes

 

41/ Low - Witches

42/ Primus - Last Salmon Man

43/ The Rapture - How deep is your love

44/ Blouse - Time Travel

45/ Feist - The bad in each other

46/ Beirut - Goshen

47/ Zola Jesus - Swords

48/ La dispute - St Paul Missionary Baptist Church Blues

49/ Sharon Jones and the Dap Kings - Genuine part I & II

50/ Marissa Nadler - Baby I will leave you in the morning

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 10:49

Il arrive, quelques fois, qu'on puisse pas écouter 10 nouveaux albums par semaine comme devrait le faire n'importe quel chroniqueur passionné. Pourquoi ? Parce qu'on est pas payé pour faire ça, parce qu'on a une vie à coté, et parce qu'avouons le, à force, on ne sait même plus si on écrit pour se faire plaisir ou pour atteindre plus de 15 lecteurs dans la journée (oui je pense à vous, les quelques fidèles !). Bref arrêtons de tourner autour du pot: voila une liste non-exhaustive d'albums que j'aurai du chroniquer, mais que j'ai zappé, ou qui me sont passés à coté de l'oreille, pour des raisons obscures (si si), sessions de rattrapage ci dessous:

 

All Pigs Must Die - God Is War

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Pour les gens qui ne suivent pas du tout l'actualité metal (et ce n'est pas une tare) All Pigs Must Die est un "supergroupe" constitué de Kevin Baker (The Hope Conspiracy), Adam Wentworth et Matt Woods (Bloodhorse) et surtout Ben Koller, le batteur de Converge. Avec un nom pareil, fallait s'attendre à du vénère, et God Is War est un disque entre punk et hardcore matiné coup de folie (converge-connection oblige), et de ce raffinement technique qui laisse l'auditeur en alerte pendant 8 titres (et 5 autres si vous prenez la version spéciale avec leur premier ep qui hum, déchire sa maman). On regrettera à peine quelques solos Thrash Metal un peu trop "t'as vu mon tatouage de pitbull en rute". Nuque aux abois ? Envie d'un concentré de violence maîtrisé et simplement efficace ? Voila un des meilleurs punching ball de l'année.

 

Sortie: 5 Septembre

Label: Southern Records

 

Youth Lagoon - The Year of Hibernation

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On vous a peut-être bassiné sur des sites spécialisés en pop moderne ou décomplexée sur Youth Lagoon. Mais quand même, ce jeune étudiant de 22 piges qui ne cesse de répéter en interview que sa musique est celle d'un anxieux, limite flippé de tout, vient de sortir l'album le plus rassurant et confortable de 2011. Oui, confortable, comme le single "Cannons" qui semble vous enrouler dans une couverture en coton bio dans un chalet au fond des rocheuses, ou la solennelle "Montana" qu'on jurerait avoir été écrite pour un docu sur les derniers ours blancs. La musique est faussement lo-fi, faite de claviers moelleux et de beats sourds, sa voix, très féminine, flotte au dessus, blessée et nostalgique. Il touche la réussite mélodique quasiment à chaque fois, et réussit à foutre une branlée à tous les albums de pop à synthé de l'année, en faisant plus simple, plus sincère, plus convaincant. Charismatique quoi.

 

Sortie: 27 Septembre

Label: Fat Possum Records

 

Wooden Shjips - West

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Wooden Shjips avaient toujours eu une grosse réputation live, mais avouons que sur album, pour quelqu'un qui n'écoute pas des tonnes de musique psychédélique par jour, ça n'avait rien de bien extraordinaire, c'était ce genre de groupe qu'on sait être bon, mais qui n'excite pas plus que ça. Sur West, les San Franciscains se la jouent plus cash, plus direct, un peu comme s'ils prenaient la voie des Black Angels vers un son plus précis, quitte à décevoir les gros camés du fond de salle. Quand ils pompes les 3/4 du riff de Satisfaction sur "Home", on rigole 10 sec et après on ferme sa gueule et on allume le spliff: c'est magnifiquement accompagné d'un farfisa et d'une voix de poseur à cheveux crades. Le kraut-rock qui sent la chicha ("Looking out"), la piste en reverse qui berce ton THC ("Rising"), tout est réussi dans ce disque, et on monte au 8ème ciel de krishna en 7 titres. Qui a dit que le psyché devait durer des plombes pour hypnotiser ?

 

Sortie: 29 Aout

Label: Thrill Jockey

 

Liturgy - Aesthethica

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L'affaire au départ: un groupe de black-metal de Brooklyn (hein?) fringués comme des gens normaux (quoi ?) croyant avoir créé un genre que le chanteur a appelé, dans un manifeste "le black metal transcendantal". Un groupe détesté par les fans de Black-metal, car salopant le genre avec plusieurs autres: noise-rock ("High Gold" et ses montagnes russes), expérimental (les instrumentaux "Helix Skull" et "Glass Earth"), et même math-rock héroique (l'ultra jouissif "Generation" qui fait durer le même putain de riff 7 min sans lasser l'auditeur). Ils ont beau nous la jouer conceptuel sur certains passages (les boucles de voix de "Glass earth", 2 min de silence à la fin de "Sun of Light"), cette bande n'est pas loin de l'image qu'ils veulent se donner: originaux, excitants, et capables d'extraire une partie de ce qui fait le black-metal pour séduire un public "large", grossièrement, les amateurs de rock puissant. Les gratteux semblent fusionner pour foutre de sacrés coups de riffs dans nos tympans, le chanteur hurle à la mort mais fait passer une certaine émotion malgré tout, et le batteur est monumental car toujours là pour donner une dynamique précise, et nous confondre entre ordre et désordre, dans un chaos qui subjugue. Aesthethica est un disque un peu cérébral, à la violence sous-jacente, aux musiciens soudés pour une seule cause. Vrai metal ou pas, c'est un album mémorable.

 

Sortie: 14 Mars

Label: Thrill Jockey

 

War on Drugs - Slave Ambient

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L'ancien groupe de Kurt Vile continue à voir des mirages dans la soupe polluée qu'est devenu le rêve américain, de l'americana psychédélique qui emprunte à Dylan et Springsteen pour nous compter des histoires de losers héroiques. On bascule entre les moments d'étrange béatitude (les instrumentaux "The animator", "City reprise") et de rengaines terre à terre, au fond du bar ("I was there" et son harmonica) ou sur la route ("Best Night"). Un disque qui fait semblant d'aller nulle part alors qu'il touche toujours au but. Un groupe qui ne sera jamais connu mais qui persévère dans un style si particulier qui fait aujourd'hui le buzz grace à Kurt Vile. Que les journalistes n'oublient pas le groupe où l'homme des cavernes se réfugiait avant de faire la une de tous les magazines.


Sortie: 5 septembre

Label: Secretly Canadian

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 10:23

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Comeback of the Unknowns.

 

Fonda sont un groupe de Los Angeles formé en 1994 par Emily Cook et David Klotz, proposant un rock noisy et mélodieux dans la lignée des Breeders, Dinosaur Jr, ou Teenage Fan Club. La recette pour un succès dans les 90's sauf que leur premier album n'est sorti qu'en 1999 après un tas de changement de line-up, et l'histoire les a (injustement) oublié. Aujourd'hui, 8 ans (!) après leur dernier disque ("Catchin up with the future", ironique hein ?) ils reviennent en plein revival shoegaze-pop, en faisant, devinez quoi, du shoegaze pop.

 

Les voix de Emily et David ne semblent pas avoir bougé d'un poil, même si leur registre se fait plus sucré et ensoleillé qu'avant ("A love that won't let go"), ils nous envoûtent avec des tubes au charme simple et aux paroles naives comme s'ils étaient encore teenager ("Summertime flight" et son "I've had a lot of time to feel, and left alone my heart's not real"). Le petit booster garage-rock en fin de parcours, "My heart is dancing", façon The Pandoras et leur "Hot Generation" rappelle une dernière fois que Fonda n'a pas perdu une miette de sa vigueur.
Better Days est un ep qui nous laisse espérer un vrai retour de Fonda sur scène, l'histoire de botter quelques culs de revivalistes peu inspirés. A savourer avec un air de "c'était mieux avant".

 

Label: Minty Fresh

Sortie: 21 Novembre 2011

 

www.fondamusic.com

 

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