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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 22:45

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Nouvelle vie, ancienne martyre

 

EMA, c'est Erika M. Anderson, ancienne chanteuse du groupe folk Gowns, qu'elle partageait avec son compagnon de l'époque, Ezra Buchla. Ce petit historique pour préciser que Past Life Martyred Saints est sa lettre de rupture, avec Gowns, avec son adolescence, et surtout avec Ezra Buchla.

 

C'est un album sur la perte d'illusions, avec un sens de l'emphase sentimentale totalement immature et touchant ("California" et son "But i'm just 22, I don't mind dying"). Anderson, c'est une fille à la voix blessée et à la musique rèche, lo-fi, avec des accords simplets mais des arrangements travaillés.Le charisme et le sens du phrasé nous ramènent à l'époque Rid of me de Pj Harvey. La comparaison est facile et pourtant, à qui d'autre pourraient faire penser l'agressif et sensuel "Milkman", et la folk au bord du gouffre de "Marked".

 

Bien sûr, certains, les plus cyniques, verront dans le déballage intime que proposent ces morceaux quelque chose de surjoué, et il n'est pas question ici de se défendre avec de grandes mélodies, il n'y en a pas. Il y a juste EMA, traumatisée par une spirale négative dont la musique a été la sortie de secours, une histoire qui est rarement comptée cette sincérité, cette justesse.


Past Life Martyred Saints est un coup de poing dans le ventre, un journal de bord plein de pensées extrêmes et contradictoires, et qui tient aux tripes pendant neuf titres en montagnes russes jusqu'à un final quasi lumineux, qui nous ferait croire que la dépression anti-sociale de Anderson n'a pas survécu au traitement. On ne lui souhaiterai pas de se retrouver dans le même état psychologique (suicidaire, donc) pour le prochain disque, mais presque.

 

Sortie: 10 Mai 2011

Label: Redeye Label

 

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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 22:42

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Gouffre post-rétro

 

Y'a des moments comme ça, vous vous réveillez après 2h de pionce, il est 23h30, Samedi soir, Laurence Parisot parle de son livre sur la méchante Marine Le Pen chez Ruquier, y'a plus de bières ou de coca dans le frigo, les potes sont déjà sâouls comme des boeufs au téléphone et votre motivation se limite à faire des cliques sur des sites de téléchargement pas très légaux pour trouver un porno indien que vous avez pas encore vu, ou un film débile avec Steve Carrell qui sera jamais meilleur que dans The Office mais quand même, c'est Steve Carrell. Bref, vous avez rien à foutre de votre soirée, et vous regardez parmi les derniers albums que vous avez chopé, un truc qui pourrait vous mettre la patate.

Tiens, y'a le dernier Justice là, justement. Pas que Cross ait été un album totalement mauvais, il y avait "Waters of Nazareth" qui nous rappelait le Daft Punk de Homework, ou même "Phantom" qui nous rappelait ... le Daft Punk de Discovery , de quoi piocher un peu. Bref c'était du Daft Punk remixé par 2 many dj's, soit le truc le plus accessible et bas du front qu'on pouvait trouver en electro aujourd'hui, mais ça s'écoutait d'une oreille distraite, et ça remuait les petits culs, comme on dit en soirée.

 

Audio, Vidéo, Disco, qui arrive 4 ans après, c'est dire si les gars mettent du temps pour pondre des morceaux (Ils attendaient surement qu'on en finisse avec les 365 remixes de "D.A.N.C.E") , c'est d'abord un monolithe. Un truc symbolique, comme sur la pochette. Important ça, la symbolique. C'est un album d'images, Dracula contre les Monstro-plantes ("Horsepower", "Canon"), Tom cruise se faisant sodomiser sur une plage de Malibu ("Ohio"), ma dernière partie de Space Invader avant que la machine ne crame ("Brianvision") et puis ce jour ou j'ai tenté de faire du scratch avec la B.O de Retour vers le futur ("Helix").

 

On vous propose une quarantaine de minutes de contre-façon de produits au départ non-musicaux, jingle de pub pour Barbie, bande originale de Flash Dance, l'air du manoir hanté sur Mario Kart SNES, avec un peu de beats binaires gros du bras et élégants comme des éléphants, le chanteur de David Guetta qui plane sur tout ça, et vous vous demandez encore si cet album est une grosse merde ?

 

Label: Ed /balls/ bangers

Sortie: gratuit avec l'achat d'un t shirt american apparell .

 


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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 23:59

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Agréable surprise

 

"Enfin, fini les boulets qui veulent leurs chansons à la con sur mes albums, fini l'autre grand dadet avec ses caprices pour choisir parmi mes chansons celles qu'il préfère, fini de passer pour le type sympa derrière qui fait les choeurs et emmerde le monde 10 minutes du concert parce qu'il a le culot de chanter ses propres morceaux, on va bien se marrer quand je sortirai seul un album que les trois autres traîtres arriveraient pas à écrire en une vie". Voilà mot pour mot, ce que Noel Gallagher n'a pas dit lors de ses nombreuses interviews et sa conférence de presse pour la sortie de ce Noel Gallagher's High Flying Bird, premier album solo du compositeur de, excusez du peu, Rocknroll Star, Live Forever, Supersonic et une dizaine d'autres titres rentrés dans le panthéon du rock.

 

High Flying Bird contient tout ce qu'on connait de Noel Gallagher: le goût pour les élans pop titanesques ("Everybody's on the run", "(I wanna live in a dream in) My record machine"), le penchant pour les mélodies kinksiennes et beatlesiennes intemporelles ("Death of you and me", "Soldier boys and Jesus Freaks"), et le psychédélisme savamment polissé ("Stop the clocks"). Mais il contient surtout de très bonnes chansons, chose dont, doit-on le rappeler, le premier album de Beady eye (la team des traîtres) manque cruellement.

 

 Le refrain pourtant simpliste de "Aka... What a life !" , le "Shout it out for me !" de "Dream on", et les "aaah" de "If I had a gun" piègent rapidement l'auditeur, n'essayez pas d'oublier, vous les aurez en tête pendant des mois, ou plus. La seule véritable erreur de l'album, "Stop the clocks", ballade moyenne gonflée à la chantilly 100%, ne fait néanmoins pas ombre à un disque qui s'imisce tranquillement dans nos oreilles. Ce ne sont pas des choses qui se racontent dans une chronique. Peu importe si les paroles se recyclent un peu ("Aka What a life", "Aka Broken arrow") ou si il n'y a pas une once de nouveauté dans le style de Noel. Il y a de ces artistes qui écrivent encore des chansons qui semblent avoir toujours vécu dans notre mémoire musicale, sans sonner comme des pastiches. Certains appellent ça l'héritage, et bien celui de Noel Gallagher est conséquent et il sait toujours le faire fructifier.

 

Label: Gemini Vid

Sortie: 17 Octobre 2011

 

www.noelgallagher.com

 

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 11:56

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L'arrestation

 

En 2005, on aimait le coté déjanté, déluré et simpliste de l'electro-pop ("new rave" pour les publicistes) de CSS, une bande de brésiliennes sorties d'école d'art, la moitié ayant une carrière de top-model toute prête, et qui décidaient de faire le truc le plus cool quand on est jeune, avoir un groupe


La blague, plutot bien défendue par des tubes comme "Iet's make love and listen to death from above", ou "Off the Hook", a réussit à tenir jusqu'à un second album, Donkey, qui n'avait pas le potentiel comique et dance-floor du premier. Apparemment décidées à faire une carrière musicale (le monde de la mode leur tourne le dos ?), elles reviennent cette année avec La Liberacion.


Le début de l'album est terrifiant, on constate que le groupe a jeté les guitares pour se sacrifier à des lignes de basse au synthé qu'on pourrait entendre chez Keisha, ou sa comparse Katty Perry. Lovefoxx, chanteuse et compositrice chez CSS, avouait déjà à ses débuts une adoration pour des stars radiophoniques telles que Beyoncé, mais on n'imaginait pas que sa musique puisse sonner comme le "mainstream du pauvre" ("City Grrl", "You could have it all", "I love You").


Heureusement l'album propose aussi quelques morceaux tropicaux plaisant ("Echo of love", "Red Alert"), et même un peu de rock brut ("La liberacion", "Ruby eyes"). Les titres manquent néanmoins tous de l'humour et du fun qui faisait toute la patte de CSS, comme si la sauce pimentée était coupée au ketchup. La Liberacion n'est pas un naufrage, mais il ne donne pas envie d'être réécouté, et si la blague n'était plus drôle ?

 

Sortie: 22 aout 2011

Label: PIAS FRANCE

 

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 21:15

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Disco inferno

 

Spinoza a formé au 17ème siècle, pendant l'écriture de sa dernière oeuvre, l'Ethique, une idée selon laquelle tout être existant "réellement" possédait une force, une volonté de persévérer dans son être, d'étendre son action et sa pensée. Ce concept est connu sous le terme latin de Conatus. Et Nika Roza Danilova, aka Zola Jesus, est de ces personnalités qui semblent capables d'exprimer et renforcer leur être à chaque album. Si l'on avait trouvé le virage cold-wave de Stridulum II quelque peu décevant, la faute à une boite à rythme cheap digne d'un dance-floor gothique, ce Conatus ouvre de nouvelles perspectives à la jeune diva underground.

 

Toujours fascinée par les ambiances noires et froides où sa voix s'emporte et se perd ("Vessel", "Skin"), Nika a aussi absorbé un peu de lumière synthétique dans son chemin ("Hikikomori", "Lick the palm of the burning hand") et sonne de plus en plus comme une songwriter. Les paroles se font plus matures, mais c'est surtout musicalement qu'on sent une avancée: les beats à la NIN sur "Vessel" et "Shivers", le piano quasi nu sur "Skin" ou les violons synthétiques de "Hikikomori". Zola Jesus conserve cette voix de cantatrice grave et imposante, mais dispose cette fois d'une aptitude à calmer le jeu, à mélanger les sentiments.

 

Le bas blesse lorsque Nika reprend ses grand chevaux et laisse sa puissance vocale l'emporter sur le sens de sa musique (le presque disco "Seekir"). On pardonnera vite cet écart car Conatus est un album qui donne foi en Zola Jesus, une artiste qui ne cesse de parfaire son identité sonore, reconnaissable entre mille.

 

Label: Gemini Vid

Sortie: 26 Septembre 2011

 

Ecoute intégrale de l'album sur le site du Guardian: ici

 

 

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 14:32

http://magiska.vlsweb.net.br/wp-content/uploads/2011/10/3542716193-1.jpg

 

Mulholland Drive

 

Chrysta Bell, actrice, top-model, songwriter et chanteuse née à San Antonio, Texas, est pourtant une véritable inconnue de notre coté de l'Atlantique. Hors des albums du groupe de Jazz 8½ Souvenirs (dont vous vous souvenez?), on ne sait que peu de chose de sa carrière musicale. Mais la demoiselle a eu la chance de participer à la B.O de Inland Empire, le dernier cauchemar du gourou intellectuallo-filmique, David Lynch. Celui-ci a donc décidé de produire le premier album de la demoiselle, qui apparemment a besoin de le faire savoir (cf: pochette).

 

Sa musique est, sans surprise, une parfaite B.O lynchéenne avec ce qu'il faut de noirceur, de moments irréels, de tourments psychologiques. Chrysta sonne comme une Beth Gibbons aux intonations soul, ce qui donne un album aussi passionné et sensuel ("Swing with me", "Friday Night fly") que désespéré et dramatique ("Angel Star", "Down by Babylon"). On retrouve bien l'univers du vieux fou, où les héroines semblent toutes magnifiques et parfaites en apparence mais cachent des troubles profonds. La musique bascule entre slow-soul et trip-hop lévitatif. Il n'y a que sur le dernier titre "The truth is" que Chrysta se permet un style plus accessible, electro-pop plutot efficace, mais qui semble sorti de nulle part.

 

This Train n'est pas un album pour toutes les oreilles, et selon les conditions d'écoute, on peut autant passer à coté que tomber amoureux. Il délivre une atmosphère de sombre rêve, passionnant mais exigeant comme seul Lynch sait le faire, mais cette fois, il n'y a plus besoin d'image.

 

www.chrystabell.com/

 

Album en écoute intégrale sur bandcamp

http://chrystabell.bandcamp.com/

 

Label: None

Sortie: 29 Septembre 2011

 

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 20:59

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Froid metallique

 

Les moins avertis connaissent Feist pour cette foutue pub Apple où l’on entendait « 1,2,3,4 », morceau pop très léger de l’album The Reminder, plaisante suite du très bon Let it die. Plaisante suite, mais enfermant la belle canadienne dans un style inoffensif entre pop, blues, et sonorités jazzy. Si on reprend les meilleurs titres des deux précédents albums, que ce soit "Mushaboom", "When I was a young girl", "My moon my man", ou bien "Brandy Alexander", aucun ne semble vraiment prendre aux tripes. Feist a toujours été capable de jolies mélodies, de très bonnes chansons, mais jamais de porter une émotion personnelle, une personnalité forte qui fait les grands artistes. Sur Metals, sans pour autant révolutionner sa musique, elle entreprend le grand pas entre l’inoffensif et le fascinant.

 

Metals prend dès le premier titre, une route qui semble beaucoup plus sombre, bosselée et quelque part tourmentée. "The bad in each other" possède une saveur douce-amère, blues du désert sur ses couplets, puis slow grandiloquent sur le refrain, qui fait sonner les mots d'autant plus fort: "A good man, and a good woman, bring out the worst in each other". Feist n'est plus dans la candeur et la jolie comptine pour fin d'été, elle s'aventure dans des contrées pop plus étranges et innovantes ("A commotion", "Cicadas and Gulls"), et se permet des arrangements exaltés sur des thèmes musicaux mélancoliques ("Graveyard", "Comfort me"). Les choeurs  et les cuivres sont d'ailleurs présents sur une grande majorité des titres et apportent cette fois plus de profondeur aux mélodies, aux émotions. 

 

Que les fans des premiers albums se rassurent, on retrouve un lot de morceaux mid-tempo plus classiques, mais néanmoins agréables ("How come you never go there", "Woe be"), voire excellents ("Bittersweet melodies", "Undiscovered First"), qui complètent une oeuvre sans fausse note d'une artiste qui sait se remettre en question sans perdre son charme ni son talent.

Metals sonne bien comme un "album de la maturité" (sic), celui où on se libère de ses gimmicks et de son étiquette pour pousser son art un peu plus loin. Feist semble avoir les bras solides.

 

Label: Polydor

Date de sortie: 3 octobre

 

Ecoutez l'album en entier, en streaming sur  www.listentofeist.com

 

En concert à l'Olympia le 20 Octobre 2011

 

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 11:05

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Au début, il y avait ...

 

Au bout de son chemin d'éternelle avant-gardiste, ambitieuse et populaire à la fois, Bjork s'est perdu. A force de vouloir pousser l'association nature/machine dans ses retranchements, elle en est arrivé à sortir une galette écolo new-age d'une capacité laxative certaine, nommée Volta (2008), qui a fait perdre patience aux moins indulgents, et provoqué le doute même chez les plus grands fans.

 

Quoi de mieux pour échapper au désastre terrestre que de faire un album sur l'univers, des trous noirs au big bang, en passant par la fusion des atômes, en clair, péter un boulon un brin megalo comme elle sait seule le faire ? Biophilia est donc l'Odyssée de l'espace racontée par Sciences et vie junior, et composé comme la bande-originale de l'avant-Terre. Débarrassons-nous de tout l'aspect superficiel (l'album sortira sous forme d'applications pour Ipad, permettant d'intéragir avec les différentes pistes) pour se concentrer sur la musique.

 

L'émerveillement musical, qui manquait à Bjork depuis quelques albums, est omniprésent ici: berçeuse à la harpe sur "Moon", ou electro xylophonique sur "Virus", on retrouve la douceur du chef d'oeuvre Vespertine. Mais on croise aussi les beats de Homogenic, devenus des monstres DrumNbass envahissant des mélodies innocentes comme des éruptions de magma ("Crystalline", "Mutual Core"). Entre ces mets les plus accessibles, Bjork joue au chat perché, et réussit une version de Pierre et le Loup dans un cratère ("Hollow"), et une reconstitution du vide intersidéral en mi mineur ("Dark Matter"), deux titres assez fascinant.

 

L'équilibre et la cohérence de Biophilia sont exemplaires. Plongeant l'auditeur dans une poésie aux confins des "premiers temps", Bjork est enfin revenue à la raison, en travaillant à parts égales, mélodies et concept. Son talent extraordinaire s'en trouve réaffirmé.

 

Label: Mother records

Sortie: 10 Octobre 2011

 

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 12:49

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Taureau transgénique

 

Avec  Crack the skye, Mastodon était passé réellement de l’autre coté de la barrière séparant métal et prog-rock, privilégiant les grandes pistes à ambiance aux brulôts metal-stoner-punk qui ont fait leurs beaux jours (Remission, Leviathan). The Hunter est la dernière mutation du Mastodon, partagée entre prog-métal lissé et incursions classic-rock inégales. On est au départ séduit par quelques amuse-bouches stoner-métal ("Black Tongue", "Curl of the burl"), puis interloqué par des titres où on jurerait entendre des covers, un poil plus musclées, de Trail of Dead ("Blasteroid", "Creature Lives"), et enfin un peu consternés en entendant des solis à faire pleurer les minettes ("The Hunter", "The Sparrow").

 

La production, tout au long de l’album, nous écarte encore un peu plus des racines métal du groupe : chant en avant (le point faible du groupe hélas), guitares grognant doucement, batterie étouffée, peut-être que les petits gars d’Atlanta veulent suivre la voie de leurs idoles, Metallica en tête, mais ils y perdent leur force de frappe.  Il en reste un goût de "trahison", ce qui devait forcément arriver à Mastodon, après quatre albums parfaits, chacun avançant dans une direction différente.

 

The Hunter possède néanmoins ce qu’il faut de tubes, de riffs ciselés, de moments de virtuosité jouissive (le groovy "Bedazzled Fingernails") et de hargne ("Spectrelight") pour satisfaire le fan. On notera aussi que le spectre sonore parcouru sur l’album a le mérite d’être large (du plus aérien au plus virulent), mais aussi le défaut de manquer de cohérence. Les puristes vont détester tandis que les novices adoreront, la vérité est au milieu. On était habitué au coup de poing dans les couilles, on aura qu’une baffe dans la gueule, pas si mal.

 

Label: Warner Bros

Sortie: 26 Septembre 2011

 

album écoutable intégralement ci-dessous.

 

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 14:21

http://www.allomusic.com/data/pictures/news/00/01/17/33/8931.jpg

 

Les nouveaux dinosaures.

 

Velociraptor ? Sans blague ? Kasabian, nouvelle tête de proue du brit-rock depuis l’extinction des dinosaures (Oasis), a toujours eu vocation à embrasser les stades et créer le groove qui soulèvera les foules, mais leur dernier essai, West Ryder Pauper Asylum (oh le joli titre), était d’une inégalité certaine (réussite rock sur "Underdog", désastre pop sur "Where did all the love go"), mais surtout assez inintéressant et sur-produit comme tout concept album qui se respecte.  Le Kasabian de Velociraptor ! est loin de revenir en arrière sur les pitreries de studio (ça commence par un gong et des trompettes dignes d’un duel Eastwood-Bronson) mais possède quelques pop-songs agréables. Car oui, ne nous leurrons pas, Kasabian est aujourd’hui un groupe de pop caché sous 2-3 singles vaguement énervés.

 

Ici dans la catégorie « Faites voler le Wembley Stadium », Velociraptor ! joue à l’electro-rock à la Chemical Brothers époque Dig your own hole, sur "Days are forgotten" qui est un repompage de leur fameux tube "LSF" avec un refrain moins inspiré, et le plus réussi "Switchblade Smile" tout synthétisé et tendu comme un hooligan en début de soirée. Hors de ça, Tom tente encore d’écrire une bonne ballade folk ("Goodbye Kiss") et laisse pantois, Sergio rend un hommage aux Beatles de Sergent Pepper attendrissant ("La fée Verte"), et surtout un titre orientalisant sous drogue qui fait rire au début puis intrigue pour finalement convaincre ("Acid Turkish Bath", hum).

 

Alors, rien d’horrible ? Bah si quand même, "I hear voices", soupe electro-pop digne des Ting Tings, et  "Re-Wired", un énième amas de clichés musicaux et paroliers (« HIT ME ! HARDER ! I’M GETTIN RE-WIRED ! »), l’exemple même de ce qui empêche Kasabian d’intéresser les modernistes du rock, mais qui assure leur radio credibility. Dommage, car en retenant le meilleur, l’album aurait fait un bon ep. En somme, Velociraptor se veut un rouleau compresseur avec un sticker « Le meilleur groupe de rock au monde » dessus, mais n’est qu’un album moyen, d’un groupe partagé entre un succès à entretenir, et une identité à réinventer.


Label: Columbia

Sortie: 19 Septembre 2011

 


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