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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 15:01

 


 

Il fait froid dans ces rues d'une commune grand lyonnaise dont je ne nommerai pas le nom puisque Ground Zero est une secte digne d'Anonymous ces jours-ci. Après une vingtaine de minutes de marche, je vois quelques jeunes encapuchonnés ouvrir discrètement un portail et le refermer. Voilà la porte secrète, celle qui va m'amener à cette soirée « Guitares et Pyrotechnie », fusionnant Binaire, Dope Body et PNEU. Ah, et John Niekrasz, que je n'ai pas vu mais dont le nom rapporterait une chiée de points au Scrabble. Binaire joue un rock un brin punk très synthétique, au sol, et pied au plancher. Même s'ils se qualifient de groupe « industrialpunk », le duo marseillais (guitare/synthé/basse/boite à rythme...) sait surtout mêler les calins noisy et les claques mélodiques. Si à quelques moments on pense sévèrement à un Marvin qui aurait lâché le vocoder et le trip spatial, le voyage s'avère bien plus agressif en général. Ce qui transpire, et c'est un peu le thème de la soirée, c'est que le groupe vit, mange, boit et concert chaque semaine de l'année. Aucun blanc, des rythmiques qui passent d'une balançoire à la "Atlas" de Battles à un merdier trash-punk, un gars qui déblatère 2-3 trucs au milieu, une basse épileptique : du poulet sonore aux hormones.

 

 

Passons au corps succulent du chanteur de Dope Body, un croisement improbable entre le physique d'Iggy Pop jeune, la coupe de Dominique Rocheteau trentenaire, et la moustache trop fine pour ne pas crier « hipster ». Ces quatre garçons dans le vent, perdus dans un trou paumé loin de leur Baltimore chéri, vont soulever des caissons de décibels et par là même, de bouchons d'oreille. Cavalcades noise-rock épiques, descentes free-regardez-on-tripote-nos-instruments, remontées punk-rock/fusion dans la boue : ils font un peu n'importe quoi, n'importe quand, mais pas n'importe comment. Pour être honnête, le génie du groupe est justement d'avoir l'air constamment chaotique de façon organisée. Star du show, Andrew Laumann (chant) est pourtant le plus branleur de tous : il consacre en moyenne 30 secondes à brailler et le reste du morceau, à évacuer les mouches fictives qui le harcèlent. Quelques fois, il se pose en éfigie pour que les filles regardent son ventre galbé, des étoiles et quelques grammes dans les yeux. Derrière, c'est le turbin : David Jacoby (batterie) fait la pieuvre en 18 positions sans s'arrêter, le gratteux essaye de marier Rage Against the Machine et Melt Banana, et le bassiste se démène pour arrondir les angles avec le son le plus « amical ». Chaque morceau excite un peu plus le public, et partant du plus criard pour amadouer le jeune underground, le groupe arrive au final à faire avaler la quasi-pop « Road Dog ». Heureusement, le groupe met fin à tout débat avec l'incroyable et violent « Leather Head ».

 

Même pour notre géant du noise-math-rock national PNEU, il n'est pas facile de prendre la suite d'une telle déflagration « à l'américaine », cheveux soyeux et têtes d'anges. Le début de leur concert est brutal, et peut-être la fatigue ou la chute d'adrénaline rendent ces 20 premières minutes juste « bonnes ». J'ai trouvé : j'étais derrière les enceintes, il fallait que j'aille emmerder les gens de l'autre côté pour avoir une meilleur perspective. Me voilà revenu dans le PNEU, celui du cercle qui saute à chaque coup de caisse claire de JB, ou crie quand Jay lâche sa guitare une demie-seconde pour monter la tension. Les titres du dernier album au doux nom de « Destination Qualité » sont mêlés à ceux d'Highway to death, même si je vous l'avouerai de suite : rien ne ressemble plus à du PNEU que du PNEU (et les noms des titres sont in-retenables).

La deuxième partie du concert, celle loupée par les gens qui rentrent en transport en commun, est hélas pour eux bien au dessus. Le public a retrouvé ses esprits, sa bière, mais le groupe a aussi retrouvé un peu de relief avec des titres moins « insaisissables ». Le groupe est à son meilleur quand il trouve la balance entre efficacité et provocation, et ce « sweet spot » est atteint pendant une petite demie-heure, rappel et douche comprise. Un demi-orgasme, c'est mieux que rien.

 

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 00:27

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A première vue, le Ty Segall Band a tout du groupe de garage-rock San Franciscain: un bassiste en t-shirt ringard multicolore et délavé (Mikal Cronin), une batteuse tatouée jusqu'à l'os maigre comme un clou mais terriblement sexy (Emily Rose Epstein), un second guitariste salement rasé aux cheveux longs et tête de roadie (Charles Moothart) et puis il y a la star. Ty Segall est un de ces gosses californiens au physique de skateur, chevelure blonde ébouriffée, regard lumineux et une énergie capable de bouffer toutes les attentions. Ce soir sera un concert exceptionnel par bien des aspects. Tout d'abord, Ty Segall Band est une formation qui vous assomme les tympans et les ossatures avec un talent monumental: "Thank God For The Sinner" et son refrain heavy as shit fait décoller, "You're The Doctor" trempe les jeans, "Finger" offre un faux répis pour exploser dans un bain de fuzz sanglant, on est happé la gueule contre l'ampli du début à la fin du carnage ... Exceptionnel, aussi, car le dernier tiers du concert est jonché de coupures de courant, obligeant le groupe à hacher ses titres, mais toujours avec le sourire, Segall s'amusant même à continuer ses mimiques de rockstar du quartier en attendant le retour du courant.

http://img543.imageshack.us/img543/8034/imag1279i.jpgCertains dans le public sont joueurs. Une coupure ? "Drum solo !" crie le plus aviné. Ty Segall décide de partir dans le public au dernier morceau ? Son pied de micro disparaitra dans la foule et quelques fanfarons tenteront de jouer sur sa mustang qui restera traumatisée. Epique bonus, un fan monté sur scène réussit à faire tomber la grosse caisse. Tout ceci avec la bande-son d'une rock party fièvreuse où les Stooges et MC5 tentent de faire de la pop. Tout est joué comme si le monde s'écroulait, on entend rien et on entend tout en même temps. Une heure et quart de concert dans les pattes, ils partent. Vexés d'être gentillement maltraités par de jeunes excités ? Même pas, retour une minute après (après plusieurs coupures d'électricité, une batterie foutue par terre et un pied de micro volé donc) pour reprendre le "Paranoid" de Black Sabbath, version bourrasque sonique avec solos de trois heures débile. On lache nos dernières forces ... coupure de courant. On la refait du début ? Bien sûr. Ty Segall, un type besogneux, fun et humble. 

http://img35.imageshack.us/img35/7128/imag1284bw.jpghttp://img210.imageshack.us/img210/4867/imag1296l.jpghttp://img545.imageshack.us/img545/3591/imag1293p.jpg

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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 20:59

Pour le retour de /Taste, après un petit paquet de mois passés à "travailler" pour un "magazine musical" (sur internet, oui vous pouvez rire) de façon très sérieuse, je voulais faire des caisses de live reviews. Le hic dans une chronique de concert, c'est qu'il te faut la set-list (ou être un fan hardcore, ou un pro du blindtest) entière, sinon tu ne peux pas faire de grandes tirades sur le comment du pourquoi du passage ou le groupe a déployé ses ailes ou a sorti ses couilles ou a plongé dans les abysses de leur médiocrité. Tu ne peux pas. Donc au lieu de 4 grandes chroniques des dernières divagations lyonnaises, vous en aurez 4 petites. C'est ti-par

 

Dirty Three + Shellac @ Epicerie Moderne 31/05/2012:

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Les Dirty Three, groupe de Warren Ellis le pote/membre de Nick Cave & The Bad Seeds et Grinderman, ont bien changé depuis leurs débuts post-rock tout en délicatesse et calmes litanies symbolisés par leur album référence Ocean Songs. Ce soir là ils faisaient plutôt honneur à Toward The Low Sun, nouvelle galette un peu plus difficile d'accès, sans cesse lachant prise et papillonnant entre la quasi-impro un brin chiante, et la touche de grâce et d'émotion que l'on attendait plus. Vous vous doutez bien que je vais vous dire qu'en live c'est pareil, mais je vais vous le dire quand même: en live c'est pareil. Un titre sur deux, quelques fois sur trois attire l'attention, et puis on retourne vers un brouillard de batterie branletto-free-jazz-jeprendmesbalaisetjesaupoudrelestomssansbut avec un guitariste tellement amorphe qu'on espère que les célèbres "coups de pieds dans les airs de Warren Ellis" (il fait ça en gueulant comme un gypsy king en rute, c'est assez amusant) ne soient pas juste un jeu de scène. Sans blague, un type qui joue comme si ses cordes étaient les poils d'un chien galeux et qui avec ça sonne faux régulièrement tellement il s'engourdit à rien faire, ça demande punition.

Shellac en revanche, c'est eux qui la donnent, la punition. Avouons-le ce n'était pas monumental, c'était quand même un peu génial. Parce qu'avant tout Shellac, c'est du riff. Les chansons, on s'en fout un petit peu, ça n'existe même pas. Bien sûr "Steady As She Goes", "A Minute", et "The End Of Radio" restent un peu en mémoire, mais au final ce qu'on retient, c'est que ce trio, qui joue à peu près la même chose depuis le début de leur carrière et n'a pas sorti un album depuis 5 ans, n'a pas vraiment de défaut. C'est carré mais nerveux, c'est propre mais humain, entre les chansons comme d'hab ils prennent des questions -surtout pour renvoyer chier les gens qui osent leur poser mais bon c'est Steve Albini pas Dave Grohl-  et puis ils s'amusent bien pour des types qui ont une moyenne d'âge de cinquante piges. Une grosse heure de math/post-hardcore/ons'enfoutçadéchirepoint et on remercie les gars qui restent sur scène pour parler aux fans et vendre des t-shirts (tandis que le vigile vire les spectateurs, curieux moment).

 

Death Cab For Cutie @ Epicerie Moderne 29/05/2012:

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Ma connaissance en discographie de Death Cab For Cutie étant aussi grande que celle de Candeloro en galanterie pendant un championnat de patinage artistique, nous allons résumer l'affaire par: très bon concert de pop à guitare ricaine pour jeune émo ayant vécu ces après-midi honteusement libératrice à regarder Dawson pécho puis perdre puis re-pécho Joey Potter (Katie Holmes pour les plus jeunes d'entre vous). Un concert qui mélangeait de façon équitable leur dernière sortie Codes and Keys (inégal mais respectable) et un best-of de leurs "tubes" comme "Title and Registration", "I will follow you into the dark" ou "Soul meets Body". Ben Gibbard semble bien déchaîné pendant tout le set, surement aidé par un petit cachet de guronzan car il saute partout dès qu'un riff de guitare traverse ses oreilles. On finit la soirée le sourire aux lèvres, se sentant aussi normal que notre nouveau président. C'est bien aussi, le bonheur normal.

 

Wolves In the Throne Room @ Epicerie Moderne 01/06/2012:

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crédit photo: ardeas

Le black-metal pour les gens qui aiment pas le black-metal qui disaient ! Bah moi j'aime le black-metal (enfin, en live, faut pas déconner je me balade pas sur la plage en écoutant du Immortal) de temps à autre, et je t'emmerde, jeune au t-shirt illisible, à la mine graisseuse et aux cheveux balayant le vent. Le décor est chouli tout plein ce soir là, des grands drapeaux façon étendard de Winterfell dans Game Of Thrones entourent la scène qui est à même le sol, chacun représentant un animal avec une inscription pas franchement compréhensible, c'est vraiment coutume dans le milieu. Ca commence, c'est tout doux comme une côte d'agneau, on dirait du Mono (les japonais je précise) joué avec une Metal Zone. Pis ensuite ça balance le gros qui tâche, double-pédale et riff tremblant, mais, magie ou déception pour certain, ça sonne toujours aussi planant et inoffensif. Oui, même en aboyant des conneries dessus, Nathan Weaver ne nous fait pas peur. Il s'en fout lui, il vit dans la forêt, parait même qu'ils vont arrêter après cette tournée parce qu'ils n'ont plus le temps pour fumer des joints et caresser des lapins en quête de vérité. En tout cas ce concert était un beau petit voyage à la violence apaisante, si j'étais péteux je dirais cathartique, mais je sais pas l'écrire. On espère qu'ils reviendront nous faire du "black metal de pédé" sous une forme ou une autre prochainement.

 

JC Satan + Thee Oh Sees @ Clacson 02/06/2012

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Oh la belle soirée garage pour djeun's de bon goût que voilà. Je m'excuse d'ores et déjà pour la vraie première partie que j'ai pas vu car je buvais de l'eau pour oublier le reste de ma semaine (à peu près). JC Satan donc, le groupe qui monte qui monte comme une petite bête de scène de bordeaux à tombouctou. Sacrée bande de performers que ces gens là, une chanteuse forte en charisme et en chair (comment ne pas apprécier les deux en même temps, ne m'en voulez pas si vous faites plus que mes 60kg tout mouillé) et un gratteux/chanteur/héros habillé en marin-moustache qui ponctue les titres de solos étourdissant et de riffs "à la /groupedegaragebasiqueetefficacedes70s/". Bref vous avez là le rêve de toute une nation de jeunes excités, jouant méchamment fort, possédant des refrains imparables (nan, vraiment, le refrain arrive, et paf, tu chantes, tu sautes, ou tu t'en vas parce que t'es moche et vieux). Une très très belle mise en bouche.


Thee Oh Sees, c'est marrant, sont vieux. Mais ça empêche pas John Dwyer, le leader des San Franciscains, de ressembler lui aussi à un marin gay, peut-être même accouplé avec un dandy warhol. Mais bon, dès qu'il ouvre les vannes et les jams du dernier album Carrion Crawler/The Dream débutent, se glissent sur le dance-floor avec la tension que Mike Shoun (batterie) et Petey Dammit (guitariste au nom forcément cool et pas vrai) savent y rajouter, on ne discute plus. On prend ses converse à son cou, littéralement, on jump sur son voisin, on bouffe des cheveux, la disto baisse un brin, on regarde à droite la dernière personne qui nous a marché sur les pieds, elle est jolie tiens, parce que Thee Oh Sees, ça attire aussi les jolies meufs, c'est pour dire si ce groupe a tout bon. Donc grossièrement la set-list a été quasi intégralement du dernier album, pour une petite heure sans rappel car, j'ai oublié de le préciser, il fait aussi chaud que dans le slip d'un kangourou ici, et on commence à échanger plus d'ADN que dans une gang-bang party. On finit en douceur sur un des rares titres courts, psyché garage tranquillou alors qu'on se réveille de notre transe. Prochaine fois, promis, je vous redis la même chose en rajoutant les noms des morceaux.

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 17:24

Sans bouchon d'oreille

Sur le papier, cette soirée à la Button Factory (Dublin) est excitante pour tout metalleux qui se respecte et suit les déviances du genres: noise-metal, sludge-metal, screamo, post-hardcore, avec même un brin de psychédélisme pour la tête d'affiche, on avait de quoi se secouer la nuque. Lorsque le trio canadien Ken Mode arrive sur scène pourtant, le public lui ne semble pas encore arrivé, ou pas encore réveillé. Jesse Matthewson (chant/guitare) ne se fait pourtant pas prier pour hurler sa rage dans le malheureux micro alors que ses comparses font crisser les enceintes dans un brouhaha qui prend aux tripes. Les premiers titres possèdent la violence mais le son est trop opaque pour discerner les tournures et différencier refrain-couplet.

IMAG0623.jpgL'autre frère Matthewson, Shane, est le seul à véritablement capter l'attention grace à une technicité et une explosivité de tueur de fut. Heureusement lorsqu'on échappe au noise-metal pour basculer vers le post-hardcore, avec des riffs plus précis, un meilleur son, et des structures plus amples, c'est un bonheur pour les cheveux longs et les grosses barbes. Jesse crache sur la scène, vers le public, fixe avec des yeux exorbités un pauvre spectateur, entre deux insultes à dieu et à la race humaine, c'est un spectacle assez saisissant, surtout quand il vous mime une mort annoncée, le pouce glissant sur son cou.

Circle Takes The Square, de Savannah en Georgie, ont eux une approche beaucoup moins directe et hésitent tout le temps entre screamo couillu, punk-hardcore, grindcore et, aussi étrange que ça puisse paraître, post-rock. Entendons-nous bien, ces genres sont à chaque fois abordés et mixés dans un même morceau, jamais séparément. Et leur mélange est souvent brutal et insatisfaisant. On sent aussi un déséquilibre entre la voix tantôt féminine tantôt rugissante de Kathy Coppola (Basse), celle très forcée de Drew Speziale (Guitare) et les growls inconsistant de Caleb Collins (Batterie). On est frustré car musicalement certains passages font preuve d'une vraie audace et sont de vraies réussites, mais ils sont peu nombreux et gachés dès qu'un des deux poilus cités au dessus approche le micro.

Kylesa ne feront pas preuve d'audace ce soir mais jouent un set millimétré avec une maestria que les deux groupes précédent doivent envier. Introduire un concert avec le gargantuesque "Said And Done", et enchaîner avec le labyrinthe de riffs puissant "Only One" tout deux issus du chef d'oeuvre Static Tensions, c'est remettre les choses à leur place: Kylesa est un grand groupe live. L'enchaînement avec les morceaux de Spiral Shadow se fait tranquillement tandis que Laura Pleasant (Guitare/chant) prend à chaque morceau des postures de plus en plus héroiques, dignes d'un Slash en pleine November Rain. Philipp Cope (Guitare/chant) prend lui ses parties vocales avec sérieux et ne bouge pas d'un poil, regard vers l'horizon.

IMAG0625.jpg Au milieu, le nouveau bassiste s'amuse comme un gosse sur les titres plus mélodiques du dernier album, et n'hésite pas à taquiner ses camarades. On remarquera à peine que leurs premiers disques sont totalements oubliés (un titre pour Time will fuse its worth et To Walk a Middle Course). Tout est furieusement précis et efficace, et lorsqu'on entend les premières secondes de "Unknown Awareness", le frisson d'une grande machine à remuer les cerveaux enfumés nous parcoure de haut en bas. On aura même un rappel se terminant sur un des plus grands titres de métal de ce siècle, "Scapegoat", joué à vitesse maximum, où les deux batteries sont à ça d'exploser en lambeaux, tandis que le public se bouscule de bonheur. Chan-mé, comme on dit.

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 14:46

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"You know I got a plane tomorrow morning, right ?"

Porté par le succès (mérité) de son premier album "solo" dans les charts du Royaume-Uni, Noel Gallagher revient 4 mois après sa dernière date à Dublin (à l'Olympia Theatre), récolter les lauriers devant un public qui lui est acquis depuis des siècles. Et c'est surement cet excès de confiance qui le poussera ce soir à la jouer en roue libre. Etrangement, il débute le set avec "It's good to be free", issu de la compilation de face-b The Masterplan, et encore plus étonnant: le public entonne les paroles du début à la fin. S'en suit le passable "Mucky Fingers", autre plaisir de fan-hardcore tiré de Don't believe the truth. Mais le véritable show débute sur les titres des High Flying Birds, qui sont ce soir, et c'est une nouveauté vis à vis de la première tournée, accompagnés par deux chorales (féminine et masculine) et un trio de cuivres. Si le son général manque de précision, l'O2 Arena ressemblant plus à un hall d'aéroport qu'une salle de concert (avec ses tuyaux de ventilations apparant au plafond, et sa fosse extrêmement large), ces arrangements supplémentaires rendent à merveille sur les tubes "Dream On", "Everybody's on the run" et "If I had a gun". Le groupe joue tout à la lettre, pas d'impro, comme à l'époque Oasis. Deux awards doivent être décernés, un pour la performance la plus brouillonne et heureusement inaudible de Jeremy Stacey (Batteur), l'autre pour la participation plus enthousiaste et éblouissante de Mike Rowe (Clavier/Moog/synthé). Ce dernier est véritablement le phare qui guide les mélodies, et donne un peu de vie à un jeu de scène global qui s'approche du niveau zéro. Gallagher se fend de quelques vannes au public lorsqu'il continue à hurler sa joie entre les morceaux: "You know I got a plane tomorrow morning, right ?". On le sent un peu lassé ce soir, comme si lui même voulait passer à autre chose qu'une Oasis-Fan-Party. On replonge dans les tiroirs d'Oasis justement avec une version acoustique de "Supersonic" sympathique, mais lorsqu'arrive juste après une excitante version de "AkA What a life !" on a le sentiment que Noel et son public prennent plus de plaisir à regarder vers l'avenir.

IMAG0571.jpgCet éternel aller-retour entre les classiques du songbook de Gallagher (et il en a des dizaines) et son nouveau répertoire s'avère frustrant, et ce ne sont pas les ennuyantes faces-b "Talk Tonight" et "Half the world away" qui vont faire monter la sauce. Le show se termine étrangement sur l'efficace "Soldier boys and jesus freaks" et "Stranded on the wrong beach", parmi les titres les plus relaxés du disque des oiseaux qui volent haut (ça fait con en français hein ?). Bien entendu, un rappel façon best-of arrive, mais lui aussi bascule entre l'imparable et le discutable: "Whatever" soulève les foules mais manque de pêche, "Little by little" est toujours aussi pleurnicharde, mais "The Importance of being Idle" remonte la pente, et "Don't look back in anger", comme à son habitude, réconcilie tout le monde. Les irlandais se prennent par l'épaule, se gueulent les paroles dans l'oreille, renversent de la Carlsberg sur leur jogging en basculant de gauche à droite dans une béatitude digne d'une victoire en Coupe Du Monde de rugby. Ils étaient venus pour ça eux, se souvenir des belles choses. Moi, j'attendais qu'on tourne la page, et qu'on ne fixe plus le cadavre dans le blanc de l'oeil, tant pis.

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 23:44

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Modeste héros

Il y en a très peu de ces artistes qui possèdent les chansons et le charisme, une identité musicale affirmée et une foi inébranlable en leur propos, quelque chose d'aussi mystique et narquois qu'innocent et touchant , quelque chose de Kurt Vile. Ce n'est donc pas étonnant que ce soir le public réuni au Whelan's, lieu phare de l'indie-rock à Dublin, est varié, allant du jeune hipster barbu à bretelles qui vient boire sa cueillère de folk des cavernes, au cinquantenaire bedonnant ayant eu vent d'un gamin qui aurait passé sa jeunesse dans le bluegrass et l'americana, obsédé par des trucs de réacs comme Tom Petty et Bruce Springsteen.

Il arrive seul sur scène, en fait, le show n'est pas commencé, il bidouille son pedal-board, évite de regarder le public qui en profite pour faire quelques instagrams avec leurs Iphone. Puis les lumières baissent, il se lève, chante "Can't come" seul, avec une guitare folk un brin usée, le nez dans sa jungle de cheveux. Le monde se tait, Il relève les yeux quelques minutes plus tard, un petit sourire, le public (nombreux, le concert est sold out) applaudit comme s'il venait de jouer son plus grand tube. Ensuite, son groupe, les Violators, arrive et débutent vraiment les affaires pour un set qui durera un peu plus d'1h20 rappel compris. Lorsque ses comparses sont là, Vile souille vicieusement les mélodies de son dernier album, Smoke ring for my Halo, de distortion, de saturation, comme sur "Jesus Fever" et "Puppet to the man", qui sonnent comme des bourrasques dans une ville fantôme. Il revient aussi sur l'album Childish Prodigy dont la sombre "Heart-attack" est jouée avec une violence terrible. Et pour quelques instants, il est laissé à sa Dobro rutilante, pour tisser avec son art du picking et ses accords enfumés des comptines qui auraient pu être écrite par un Zimmerman ou un Guthrie ("My best friends", "Peeping Tomboy").

 

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Déjà victorieux après 60 minutes de set, il parle de rentrer chez lui, mais certains voient que la set-list a bien entendu son rappel prévu juste à droite de la grosse caisse de ce monstrueux batteur aux bras comme des troncs d'arbre. Te fous pas de notre gueule, reviens par ici.Pas mécontent de sa soirée (le "You're the best audience ever" sonnait étrangement sincère), il ramène les potes, délivre la classique "Baby's arms" et lache les chevaux sur le terrible "Hunchback" qui montre les crocs, permet à Kurt de rugir un poil, et finit en jam goudronnée. Là dessus, les guitares sortent à peine du car crash que le "Freak Train" est en marche, et rappelle la cavalerie à l'ordre, les trois guitares se battant à qui fera dérailler le bordel le plus tout en restant dans les clous, un exercice périlleux et magistralement effectué. Le jeune loup termine la soirée en serrant quelques pognes alors que ses bières entamées au coin de la scène l'appellent, puis il reviendra, discutant avec les gens, quelques secondes à droite à gauche, un peu paumé, un peu inconscient de ses exploits, un peu Kurt Vile.

 

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 14:56

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Peu de monde à l'épicerie moderne ce lundi soir alors qu'on s'étonne qu'une camionette/pizzeria s'est installé pile devant l'entrée, vendant aux trentenaires ésseulés le casse-croute qu'ils n'ont pas pu s'offrir entre la sortie du boulot et l'arrivée dans la banlieue lointaine de Feyzin. On s'attarde à boire quelques canettes dans le froid avant de se motiver pour voir un bout de la première partie. JP Inc. inconnu de mes écoutilles, est un vieux complètement siphonné qui chante des jingles de pubs comme dans un karaoké nous ramenant aux tendres années 80. Le monsieur est sur le label Comedy Central, ce qui explique bien des choses. Projetés derrière lui, les programmes d'une fausse chaine de télévision sensé être "l'avenir de la tv" en France nous proposent une chanson sur les bienfaits d'Internet, sur les Pot Noodles, et promotionne les services des "Steves", sorte d'Agence tout risque de la coolitude patriotique U.S. Expliqué comme ça, on comprend pas grand chose, alors voici une vidéo sur les limousines, wouh:

 

 

 

Pinback, tout comme JP Inc. , jouera à même le sol, et c'est là que la déception d'une audience peu nombreuse devient une bénédiction. Entourés de quelques lampes et sans aucune séparation avec le public, on a l'impression (selon les mots de Rob Crow lui même) d'être à une house party intimiste. Le trio dispose d'un son parfait pour dérouler leur indie-rock avec cette touche emo californienne qui fait leur originalité. Derrière eux, on aura le droit à quelques projections de Dark Star (le film dont est inspiré leur nom), des clips plus ou moins intéressant qui n'attireront pas l'oeil. Ca commence tranquillement avec les douces mélodies de "Tres", "Bloods on fire", et la groovy "Non photo blue". Quelques têtes commencent à dodeliner et le groupe part vers des titres un peu plus dansant comme "Fortress" ou "Good to sea".Ils jouent avec une précision hallucinante et on notera surtout Chris Prescott qui donne à ses parties de batterie quelque chose de plus puissant et catchy que sur album, certains resteront scotchés par son jeu tout le long du concert.

 

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Entre temps, Rob Crow (le gros barbu) s'enquille une canette de bière tous les deux morceaux, sort quelques blagues en parlant à l'ingé son et nous dit qu'il est tout heureux même si une partie du public, attendant peut être des titres plus incisifs, s'en va après la première heure. Et pourtant, ils ont raté le final brulant de "B", et la turbine pop de "From nothing to nowhere". Tant pis pour eux. Pinback n'est pas un groupe qui déchaîne les foules mais leur alliance piano/basse/guitare/batterie propose toujours quelque chose d'intelligent et de faussement évident. En 1H20 on a réappris à apprécier un concert rock sans sauter partout ou se déboiter la clavicule. J'suis trop vieux pour ces conneries, putain de merde.

 

 

 

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27 juillet 2010 2 27 /07 /juillet /2010 17:22

 

 

Parce que, toi même tu sais, une vie sans concerts c'est une vie complètement naze, et que je ne parle pas assez sur ce blog des évènements, petits ou grands, qui égayent cette ville aussi belle qu'agaçante qu'on nomme Lyon, voila une liste (non-exhaustive bien sûr) des concerts à voir, très important, futilement intéressant, dans les prochains mois.
(Et j'en ferai un sur Paris seulement si tu fais venir tout tes amis sur Slash-taste).

 

03 Septembre: Woodstower avec Peter Doherty, Archive, Four Tet, Arno, The Low Anthem (Parc Miribel-Jonage)
09 Septembre: Limp Bizkit (Halle tony Garnier)
16 Septembre: Pneu + Electric electric + Papier Tigre + Marvin (Ground Zero Vaise)

17 Septembre : Melt Banana (Ground Zero Gerland)
21 Septembre : Sage Francis + Jeffrey Lewis (Ground Zero)
25 Septembre: Joanna Newsom (Epicerie Moderne)
04 Octobre: Shellac (Epicerie Moderne)
14 Octobre: Syd Matters (Epicerie Moderne)

21 Octobre : No Age  (Ground Zero)
22 Octobre : Red Sparowes + Ultralyd (Ground Zero)
30 Octobre: Jeff Beck (Salle 3000)

02 Novembre : Liars + Action Beat  (Ground Zero)
02 Novembre : The Wedding Present + Troy Von Balthasar (Epicerie moderne)
10 Novembre : Japanese New Music Festival (3 musiciens, 7 groupes : Acid Mothers Temple SWR, Ruins Alone, Tsuyama Atushi solo, Makoto Kawabata solo...) (Ground Zero)

17 Novembre : Xiu Xiu + Former Ghost + Zola Jesus (Ground Zero)
22 Novembre : Chevreuil (Ground Zero)
22 Novembre: Angus and Julia Stone (Ninkasi)
22 Novembre : Shrinebuilder (Epicerie Moderne)
23 Novembre: Foals (Ninkasi)
24 Novembre: Katerine (Transbo)
26 Novembre: Arcade Fire (Halle Tony Garnier)

01 Décembre : Swans  (Epicerie moderne)
14 Décembre: Motorhead (Halle Tony garnier)

 

Pour plus d'infos sur les dates du Ground Zero (à savoir si le concert est à Gerland ou Vaise) surveillez l'agenda sur http://www.grrrndzero.org/joomla1.5.5/


(elle est cool cette police fun et décalée nan)




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10 juillet 2010 6 10 /07 /juillet /2010 10:58

Jeudi 1er juillet :


Après un trajet de train accompagné de deux recrues (assez peu) féminines du « confort crew », très promptes à m’empêcher de rattraper ma nuit de sommeil, on se retrouve devant cet arrêt de navette situé pile poil de l’autre coté de la gare de Belfort (idée toujours saugrenue quand on sait que le lundi qui suivra elle se garera pile devant). Une attente de 30 min en plein soleil de plomb où on se console de nos prochains coups de soleil en matant les petites anglaises qui semblent avoir pris le pas sur la population allemande cette année, merci Dead Weather. Trajet réglementaire de 25 min de bus asphyxiant pour arriver à l’aérodrome qui semble peu rempli à 18h. On entre dans le vif du sujet lorsqu’un journaliste peu consciencieux sort ses plus étranges alcools forts, dont un truc qui sent le sapin et va vite retourner la tête des premiers arrivés. La suite semble plus floue, à base de vannes scabreuses, d’un peu de Gaslamp Killer qui s’entêtait à passer des morceaux qu’il aimait, sans jamais en faire quelque chose de personnel et enfin, des horribles Bomba Estereo qu’on évitera soigneusement lors de leur passage sur le site du festival.


Vendredi 2 juillet :


Le sale réveil, une gueule de bois millésimée qu’on ressent dès 7h30 alors que le soleil de Belfort, qui semble se rapprocher du sol à chaque minute, fait monter la chaleur des tentes à 25 degré. On végète, on compte les gerbes, « Tu veux du café ? » « T’es fou toi, t’as pas un chocolat chaud non plus ? ». Enfin c’est pas la grande éclate. Peu à peu cette météo ressemble à un grand piège pour rater la prog du début d’aprem, mais je réussie à m’extirper sur les coups de 15h pour voir Suicidal Tendencies, en prenant les rails, et un premier coup de soleil. On arrive donc pour le début de S-T, et ma foi le son est bien mauvais, un camarade me grogne que le spectacle était aussi ridicule il y a quelques années à Lyon, mais je ne boude pas mon plaisir et j’essaye d’être dedans. Peu à peu le son s’améliore un peu, et surtout l’ambiance est étonnamment bonne pour un premier concert de la journée. On a le droit à un braveheart assez drôle où les gens se foncent dessus puis, voyant qu’ils vont se faire mal, se remettent directement en rang comme des gentils eurockéens uh uh. La démo technique du batteur est classe sans être trop longue, Mike Muir (chant) est à hurler de rire avec ses danses de gorille en short, je me dis que j’aurai pas du les louper au Hellfest l’an dernier. Ca se finit en envahissant la scène, on voit un gosse de 5 ans avec une casquette S.T et on a passé un bon moment quand même.


Après, on fait un petit tour du propriétaire et on croise le chanteur de BB Brunes qui invente la meilleure phrase d’intro du festival : « Il fait chaud hein ? ». Pas le courage d’aller voir Picturebooks alors que Baroness joue dans 45 min et que le soleil murmure « caches toi dans l’ombre de la Loggia ». Baroness commencera son set de très bonne façon en alternant premier et second album, mais déjà un hic commence à se dessiner : ce sont des poseurs puissance 1000. Le chanteur et son guitariste tout droit sorti de Guns’n Leppard se caressent le manche en se regardant virilement, ce dernier ayant un marcel Mastodon premier album, je tente désespérément de l’excuser mais quand même, tout ça sent bien trop le gladiateur pour moi. Et musicalement il faut avouer qu’au bout du 5ème morceau prog-heavy-stoner-expérimental, on passe plus de temps à les regarder se toucher le mi bémol qu’à head-banger, j’en viens même à me tirer pour ne pas louper le début de Dead Weather. Dead Weather, que j’attendais autant que je redoutais, m’a finalement fait l’impression prévue : c’est sympa mais, merde, c’est quand que ça roxe ? Le son n’est pas assez fort, le clavier m’insupporte (je ferai d’ailleurs un discours très ennuyant sur ce son de clavier qui a pourri les derniers morceaux de Queens of the stone age), et puis Alison Mosshart en fait tellement des caisses que même un porno-chic serait plus excitant. Un concert qui aurait pu passer à une heure convenable, mais là il fait encore grand jour, la foule peu nombreuse, on a presque l’impression qu’ils répètent.

 

On se casse donc pour les Black Keys, qui eux sont attendus par tout le monde. Pour l’anecdote, j’ai un petit flip due à une rumeur de début d’aprem comme quoi le groupe aurait annulé, qui sera en fait expliquée plus tard par le fait que ces boulets de l’orga les avaient pas bien inscrits dans les accréditations et ils ont du attendre à l’entrée du festoch avant qu’on les reconnaisse, merci les neuneurocks … Pas rancuniers les gars délivreront une superbe prestation qui aurait mérité une fois de plus un public motivé, mais ce ne sera ni la première ni la dernière fois que je ferais ce reproche. Ils jouent 3-4 titres à deux, puis le reste en groupe, le son est très bon (je suis pile devant la régie, je précise), balance un « Tighten Up » superbe, un « Your Touch » qui défonce, et « Everlasting Light » me fout les frissons, ils jouent peu des premiers albums mais qu’importe le feeling y est et on a là le premier grand concert du festoch. Je glisse un petit « Et Jack White peut aller s’faire enculer » au final, parce que si on voulait du rock avec des couilles ce soir là, c’était sous le chapiteau qu’il fallait venir. Je ne sais plus à quel moment, quelqu’un a pris de la drogue, et du coup on est allé à King Midas Sound, et là bas, devant la scène des déchets (le Club Deville donc) ça sentait la seringue rouillée dans une cave de Berlin Est, avec une guitare qui sonne comme une barre métallique qui se contorsionne à l’infini. On se dit qu’il faut pas être un Bad à ce moment là, mais en tout cas on kiff comme si c’était Massive Attack devant nous.

 

La descente n’en sera que plus dure puisqu’on se retrouve devant Foals, un brin crevé et pas trop dans le « mood », et c’est pas les miaulements du chanteur où le mix creux des guitares à 3 notes qui va nous changer les idées. Un problème d’ingé son, d’équilibrage, je ne sais pas, mais Foals sonne comme 4 types qui jouent dans leur coin, les morceaux n’accrochent pas, même le « Cassius » du premier album, gros tube dans les boums lycéennes de 2008, se casse la gueule. Les titres du second album en prennent pour leur grade puisqu’ils devraient sonner plus forts, plus élaborés et matures, mais ils ressemblent à des démos un peu bancales. Une fois de plus, on se tire à la moitié, parce que la drogue, ça rend vachement exigeant.

 

Et voilà qu’arrive le big boss, le Kanye West de 2010 pour certains, un véritable héros du Hip-Hop pour d’autres, en tout cas le showman de la soirée. Il est fort quand même, le Jayyy ziii, avec son compte à rebours de 10 min alors que la nuit vient de tomber totalement, on marche en plein dedans, on voit déjà le mur de diodes, on sent que ça va envoyer, on sait qu’on va plus faire marcher nos yeux que nos oreilles mais qu’importe, c’est l’Amérique bordel. Et il nous en balance des tonnes dès le début le salaud, il donnera dans le medley, le Empire State of Mind qui va bien, le 99 problems qui met le feu aux poudres, le remix de Prodigy, de Jackson Five, de U2 (bon celui là j’ai eu un haut le cœur), de Linkin Park, les visuels de New York en 3D, le clip avec Jay-z qui fait du over-boat, Jay-z qui conduit sa Lamborghini, les 8 caméras représentées sur l’écran qui fait toute la largeur et longueur de la scène, les moments de total silence où il veut entendre la foule l’acclamer, il sait jouer avec sans jamais sembler suffisant, comme du narcissisme agréable. On a même le droit à un ptit instant ridiculo-patriotique avec le drapeau français sur toute la largeur de la scène (pas pire que Massive Attack reprenant les titres d’articles de Libé) qui ensuite se retrouvera sur l’Empire State Building. On n’aura pas le droit à Beyoncé, surement trop fatiguée de sa journée à dévaliser Gucci et Dolce Gabana à Paris, mais on aura voyagé avec ce grand basketteur en T-shirt noir qui te fait vivre Indiana Jones, Star Wars et le Cinquième élément en 1h20 de show terriblement efficace. Musicalement, il faudra noter que c’est toujours le même cinéma, grosse guitare, quelques cuivres qu’on entend assez peu finalement, et surtout un tas de samples, d’où l’impression de regarder un film. On chante des « hey heyyyyy » en chœur, on a l’impression d’être dans un parc d’attraction sonore, et puis malgré le mauvais gout de certains passages, il y a son flow, ses transitions imparables, ses poses de maître du monde, et tout ça relève de la putain de classe américaine. Un "kiff" sans restriction, même sur la reprise de Linkin Park ce qui va à l’encontre de mon intégrité, mais à partir de ce moment, je passerai le festival à rétorquer « Oui mais, ça vaut pas Jay-z. »

 

Après, emporté par une andive parisienne hype, j’irai voir une vraie fête à neuneu du nom de Hot Chip, au bout de 5 min, je le regarde : « Dis, sans dec, je peux pas là, c’est vraiment trop trop trop mauvais, putain le clavier sonne comme un accordéon ». Hot Chip sera forcément dans le top 3 des pires bouses 2010. Je me tire direct parce que Missy Elliott, faut pas déconner non plus, et on me dira plus tard que la dame a été encore plus ridicule que sa musique, ce qui n’est pas pour me déplaire. On entendra aussi des bribes de Converge sur le retour, mais mon cerveau ayant déjà été lobotomisé une fois dans la soirée, je suis pour garder un minimum syndical. Une bonne douche glacée l’histoire de se croire propre, au lit.

 

Samedi 3 juillet :


Le jour le plus long Ok le samedi était comme chaque année la journée faible, mais là c’était quand même une rude journée quand on est pas VIP (ni même accrédité, pourquoi je fais une review moi ?) et qu’on peut pas passer son aprem à faire du pédalo sur le Malsaucy et à boire du champagne low-cost. Encore une fois poussé par ce putain de soleil d’enculé, je pars du site pour Broken Social Scene, cette fois en bus, qui, une fois n’est pas coutume, semble prendre un bon rythme. Passage devant Bewitched hands mon cul, quelle putain d’horreur, on dirait I’m from Barcelona sans les cotillons. Dans un état lamentable je m’asseois comme un hippie devant Broken Social Scene dont le chanteur est super content que son public soit peu nombreux et complètement fainéant. Le début est assez poussif, le son assez mauvais, pas de quoi se lever. Au bout de 20 min, entre deux update d’un rouquin sur un match du mondial, ça se réveille et c’est bien agréable. Ah oui ça reste du rock pour gens heureux, mais bon ça s’apprécie comme une bière tiède offerte par une fille négligée, et d’ailleurs la chanteuse est pas dégueue malgré sa coupe à la Albator. Il n’y a que sur le titre avec Feist où elle semble un peu à coté de la plaque, mais bon. La journée ne commence pas si mal.

 

Ensuite ça devient du grand n’importe quoi, parce que ok Omar Souleyman ça a l’air trop cool trop fun mais dans la réalité, c’est un vieux gars déguisé en Yasser Arafat avec un type qui met une bande son hallal et un joueur de guitare syrienne jesépakoi complètement amorphe. Celui que j’appellerai très vite le « Patrick Sébastien Syrien » se contente pendant 5 min de sortir de très long « YALLAAAAAAAAAHHHHH » et autres « heeeeeeeeeeyyYEYYYYYYYYY », dans une ambiance de mariage où les gens tapent des mains et font des « hey ! hey ! hey ! » comme si la mariée allait sortir de derrière la scène pour balancer sa jarretière dans le public, je verrai presque des serviettes tourner. En clair c’est une nouvelle fois la fête à neuneu, du coup je fuis me chercher une bière, à manger, de l’air, du silence même. Passage mega rapide à coté d’Emilie Simon qui est définitivement perdue dans la mièvrerie, puis finalement après avoir re-vérifié que la fête à neuneu était toujours au même point, on se pose devant la grande scène attendre un autre spectacle de foire, mais un brin plus drôle, Airbourne. Ils arrivent comme des hommes préhistoriques, l’un fait le lave-linge avec sa tête, l’autre fait des grimaces qui feraient peur à n’importe quelle mouche, le batteur ne semble pas frustré de jouer la même chose pendant 1h, enfin bref c’est AC/DC sans les tubes. Allongé sur l’herbe ça passe le temps mais je compte seulement rester jusqu’à la cascade de l’échafaudage, grand rendez-vous pour les connaisseurs du groupe, et faut dire que voir ça en vrai, c’est sympa. Remy Julienne ronge ses os à l'heure où le chanteur d’Airbourne grimpe rapidement les échafaudages à droite de la scène, s’accroche par les pieds, puis fait son solo, sans filet. Ensuite il redescend à une vitesse hallucinante, cours et saute comme un cabri pour finir le morceau sur scène comme si de rien n’était, à peine essoufflé. Une pub anti-tabac en somme.

 

Allez on va voir un vrai groupe, Serena Maneesh. Phénomène encore plus important que d’habitude, il n’y a carrément personne devant la Loggia au début du concert, enfin, une cinquantaine on va dire, centaine si on compte les gens qui boivent à l’ombre en regardant leur Iphone. Alcoolémie déjà avancé, associée à une grosse fatigue je pense, je suis au premier rend à head-banguer contre la barrière, je vois environ 10 min de concert puisque le Shoegaze ça s’apprécie les yeux fermés. Je trouve ça tout simplement terrible, pourtant le son est crade, on entend difficilement les mélodies mais qu’importe, quand le gratteux/chanteur envoie son bouzin, une bonne décharge de bruit emporte mon adhésion. Avec du recul c’est vrai qu’en salle ce concert aurait pu beaucoup mieux rendre, mais le plaisir était là. Le chanteur semblait plutot énervé, un technicien lui dit qu’il ne reste de la place que pour 2 morceaux, il rétorque au public « Ok two more and then we’ll get outta your face ! » cyniquement. Et le final casse des dents, avec un air de kraut-rock noiseux, une transe poisseuse qui fait du bien …

 

Donc là y’a encore pas grand-chose, j’erre un brin, je mange du saumon fumée avec mes amis distingués de la Capitale, malgré mon avertissement, l’un d’eux veut voir un bout de Specials, il comprendra en 2 min mes réticences. « Hey mais ils ont un noir », « Bah ouais ça c’est pour la légitimité ska mec ». On va aussi voir Memory Tapes, qui dans mon souvenir était un truc electro un peu chiant mais sympa pour se poser, en fait c’est de la folk-pop avec un gars qui fait des samples de guitare en chantant comme Dawson devant un poster de Creed. Départ pour les XX donc, je commence à trouver la journée MEGA longue. On fait 5 min, perso je trouve ça bien hors du son mal réglé (pas de gratte trop de basse) et du public qui veut taper des mains sur des morceaux qui parlent de prendre du Xanax en couple, mais je me fais influencé pour partir « déconner » devant Sexy Sushi. A peine à 10 mètre de la régie de la Loggia, super blindée, j’entends une air de fête foraine (décidément cette année c’était le thème), je quitte mes compagnons pour retourner cash voir XX qui eux au moins ont quelques très bons morceaux. Arrivé là bas le son est bien meilleur, je vais pas totalement dans le public pour cause de Janelle Monae qui va arriver, mais je ferme les yeux et je kiff. C’est joli, y’a des tubes (Basic Space, Crystalize, VCR surtout), j’entends pratiquement tout ce que je préfère dans l’album. Petit bémol, quand j’ouvre les yeux un mec coiffure emo-afro et haut de cuir noir me fait de l’œil en dansant comme chez Michou. Je regarde autour de moi, en fait j’étais tombé dans la zone gay-friendly du chapiteau, ouais euh, on va y aller … Aux eurocks, comme la météo ne fait jamais dans la nuance, après la grosse chaleur des deux jours, il commence à pleuvoir, un peu, beaucoup, devant la scène de la Plage, je suis en T-shirt et je commence à voir la grippe arriver, mais pas Janelle Monae. Pourtant on est un petit public motivé, on sent les fans, ça gueule des « JANELLE » ponctués quelques fois de « paye ta chatte » réglementaires.

 

Les techniciens commencent à mettre des baches sur le matos, ça sent le roussi. Miracle, la pluie s’arrête 10 min et le concert commence enfin. Mon dieu qu’elle est belle, mon dieu ce que le backing band roxe, ce que ses morceaux sont efficaces. Le public derrière moi semble doubler, même tripler en l’espace d’un quart d’heure. Elle jouera tout ce qu’il faut, un lancement du tonnerre sur « Cold War », un « Tightrope » en dansant devant la scène (où il a quand même plu …), la version acoustique de « Smile » à pleurer, Locked Inside, et le rappel in extremis sur « Violet stars happy hunting ». Vocalement elle a été royale, et scéniquement cette meuf en a mis plein la vue a n’importe quel artiste du festival, bref un concert en solo dans une salle doit être un pur bonheur et je n’attends que ça. UN PUTAIN DE SHOW INTER-STELLAIRE. Ensuite on court avec un pote voir la fin de The Hives, je me dis qu’on va voir 2 min, mais pas du tout, on aura droit à un incroyable rappel sur "Two Timing touch and Broken Bones", "A.K.A Idiot", et "Return to Favor" (que je connaissais pas). Apparemment c’était un grand soir pour les Hives, ils semblent un peu plus humains et moins « pré-programmés » que d’habitude, il faut dire qu’ils sont tête d’affiche dans une période où ils n’ont rien à promouvoir, donc ils ont toutes les libertés. Howlin’ Pelle est particulièrement drôle, et joue longuement avec le public sur le dernier titre, un peu lourd pour certain (on fait une fin de titre, on le reprend 30 sec plus tard, et ça 3 fois). Perso j’ai eu pile la dose de Hives qu’il fallait pour avoir le sourire.

 

Mais il commence vraiment à pleuvoir des cordes, le chapiteau est plein, on ne sait pas trop si c’est pour Ghinzu où pour s’abriter mais je trouve une petite place, avec des gens gentils qui payent leur clope, pourquoi ne pas rester. Bah en fait c’est que je suis au fond et qu’on voit franchement rien, et que Ghinzu joue le même set qu’à la Garden Nef party, et que j’suis crevé. Pourtant ça semblait bien hein, mais ça sent la sueur, je suis trempé, je me tire au bout de 20 min, même si la musique était agréable et le groupe semble toujours aussi énergique et en place. Inutile de dire que la perspective de cette tanche de Vitalic ne m’a pas donné envie de rester sur le site.

 

Dimanche 4 Juillet :

 

Une journée qui, sur le papier, semble finalement la meilleure. On commence en arrivant juste avant Martina Topley-Bird. Je discute avec un Franc comtois défoncé comme un djeun’s, qui me raconte qu’il fait les eurocks depuis longtemps. Je lui demande ce qu’il est venu voir cette année, il me dit qu’il sait pas trop, que Sexy Sushi c’était cool, et que le « truc de ska hier soir c’était good vibes mec », il ressemble à tous les autres inconnus à qui j’ai pu discuté ces deux derniers jours, ils sont heureux de venir à Malsaucy sans véritable raison et sans connaître (ou si peu) les groupes de la prog. C’est aussi ça les eurocks. Il m’a aussi cité les têtes d’affiche qui l’ont marqué « Ouais Muse, Daft Punk, c’était terrible mec », au cas ou, je balance « Et Nine Inch Nails ? » « Ah ça je sais pas c’est quoi ? ». Hum. Donc Martina Topley-Bird, elle arrive, elle est magnifique dans sa robe rouge avec ses lèvres plus grosses que des jentes de ferrari, par contre elle a une espèce de machine sur son clavier qui cache sa tête quand elle s’assoit, c’est très mal pensé cette mise en scène. Je suis étonné, elle est pratiquement seule, avec un batteur déguisé en Ninja. Elle joue plusieurs titres du dernier album en version revisitée, à l’acoustique, elle joue avec le public sur « Dadada » et un autre titre, je n’arrive pas à me décider si c’est terriblement ennuyeux ou juste super mignon, tellement la dame séduit tout en faisant le strict minimum musicalement. Sa voix reste son meilleur atout, et elle la samplera sur 3-4 titres avec talent. Ca ne décollera jamais pourtant, et on restera un peu circonspect de cette nouvelle direction folk-bobo-expérimentale qu’elle a prise. On saluera le fait qu’elle met à disposition son «nouvel album » le jour même en avant-première au stand Fnac (album qui au final est constitué à moitié de reprises de ses anciens titres en version bobo-expérimental), avec une dédicace à 19h30, heure de Casablancas le maudit (cf : plus loin dans la review). Bon donc moment mi figue mi raisin, on passe à la fin de Middle East ça avait l’air sacrément ennuyeux, et au moins avec Martina j’ai eu le plaisir des yeux.

 

Des camarades sont en train de pourrir dans le sable devant Ethiopiques qui n’a pas ramené foule, enfin le site semble vide tous les jours cette année. Je m’assois 10 sec, c’est de la mauvaise world music, en plus je cogite qu’il y a RIEN qui joue au même moment, du coup gros coup de speed, je cours vers le club Deville. Ce coup de speed a été bien récompensé puisque RIEN est en train de défourailler le Club Deville façon boucher, ça joue sec, c’est virtuose, ça groove, ça tabasse, bon dieu ces gars sont talentueux au possible, et j’ai l’impression qu’ils mettent autant d’énergie dans leur musique que de cynisme dans leurs interventions pré-enregistrées, s’attaquant aux journalistes toujours plus enclins à faire des jeux de mots sur leur nom qu’à parler du concret. Le dernier titre à rallonge me provoque un head-bang violent de type « moment le plus rock de cette édition ». Et tout ça, à quoi, 18h20 un gromanche, c’est pas RIEN. Après cette grosse claque de baffe de coup de poing dans le fasciece, je me pose, je cherche le Pad Thai (nouilles thailandaise vendues 5 euros le kilo), j’en achète un, j’en bouffe la moitié tellement c’est lourd ce machin, je zappe Wildbird and Peacedrums parce que la flemme, je vais voir Julian mon héros, le plus près possible.

 

Une jeune hypeuse me drague parce que j’ai un T-shirt Room on Fire, ensuite je lui dis que c’était à l’époque ou Kings of Leon étaient encore respectables, elle se met à bouder. Trop jeune la hypeuse. Julian arrive avec du retard, mais il balance « Between love and Hate » en intro, c’est n’importe quoi, il introduit un concert solo avec un titre impopulaire du second Strokes ah ah. En vieux fan j’ai le calecon qui frémit, mais ça va vite se calmer lorsqu’il va attaquer les Out of the blue et autres 11th dimension. Il y a une sorte d’auto-tune, qui remplace sa voix par un synthétiseur, c’est carrément dégueu, et ceci seulement sur ses titres solos (il jouera une version terrible de "Hard to explain" plus tard sans l’effet …). Alors du coup on entend sa voix sur la moitié des titres, vaguement, il n’y a pas de fausse note surement parce que tout est étouffé. Quel dommage, j’ai un demi frisson sur « Glass », j’arrive à peine à m’enthousiasmer sur « Rivers of Brakelights ». Ok je chante tout par cœur mais dans le fond j’y crois pas vraiment, je suis même pas colère je suis incompréhension, l’effet sur la voix c’est à cause de cette « grippe » dont il parlait au début du concert ? Pourquoi il chantait aussi bien les morceaux des Strokes alors qu’il n’avait aucun effet ? Enfin voila, les kids n’y ont vu que du feu (je demanderai à la jeune hypeuse si ça la gêne pas l’autotune, elle me fera une moue genre « de quoi tu parles ? » ils sont cons ces jeunes …).

 

Putain j’suis un peu vert, je me dis « bordel pas possible il me faut un concert qui défonce », je cours comme un putain de daim dans une forêt Canadienne choper une pinte puis me frayer un chemin au milieu du chapiteau pour LCD soundsystem. Première chose, le son est bon, deuxième chose, je suis chaud bouillant alors tu m’envoies n’importe quoi de bon et rythmé je suis dedans, troisième chose, Nancy Yang t’es super bonne, quatrième chose, une fois le "Drunk Girls" arrivé ce fut 50 min de pur kiff terminé sur un coit aigue avec « Yeah » pendant lequel je saute à 2 mètres de hauteur en gueulant avec tout le petit groupe autour de moi, bon dieu comme j’ai eu l’impression d’être dans un super festoch pendant ces 50 min … Je me fais une petite descente humoristique en rejoignant un pote devant Mika, qui nous offre un mélange de Disneyland, Oui-oui, et « Ou est charlie ? » sur la grande scène. Je reconnais à peine « Big Girls » puis commence à entonner « Filles obèses VOUS ETES TROOOP BONNES », « VIVE LES OBESES OUAIS !! », je dois surement avoir trop de positive attitude pour ce concert, on me regarde bizarrement. On danse comme des tapettes en se dirigeant vers la Loggia.

 

Health ça peut être bien, dans l’état ou je suis, me dis-je. Toute façon c’est quitte ou double, soit ils font de l’électro de tapettes genre remix de Crystal castles, ou ils font dans la Noise de Porc. Ils commencent et BAM Noise de porc, avec la voix fluette derrière qui gêne pas vu qu’on l’entend à peine, ah rythmiquement ça balance SHLING BOUM POUAAH TZAAAA j’ai la tête qui se dévisse. A la fin du premier morceau, mon pote fait la moue, il a laissé son slip chez Mika et retourne le chercher. Qu’importe, Health continue à balancer du gros pendant 45 min qui m’ont fait totalement réévalué le groupe. Une fois de plus mes interventions positives de type « VIVE LA DROGUE » n’ont pas un fort succès dans un public plutôt amorphe qui semble ne pas capter l’intérêt abstrait de la chose. Je croise une beauté surnaturelle, type brune sauvage rouge à lèvre sang qui paye sa blonde puis m’explique qu’elle s’appelle Tia, une allemande, qui a fait le Bad Bonn Kilbi cette année (mais pas le Southside, du perfect quoi). Je me dis qu’elle est vraiment trop bonne pour être hétéro, pas manqué elle roulera une superbe galoche à sa comparse blonde sur la fin du concert, monde cruel, beau mais cruel. Action Beat joue devant la régie, mais quelle connerie, LA SCENE EST EN PENTE BANDE DE NEUNEUS DES EUROCKS. En clair il y a eu 10-15 personnes qui ont pu voir Action Beat (sans compter ceux qui se grimpaient dessus pour voir 10 sec de concert), le reste voyant juste un halo de lumière devant la régie et quelques bouts des 3 batteries assourdissantes. Moi je me tire, déjà vu, pas génial. Manger, boire, Empire of the sun uh uh y’a d’la milf flétrie dis donc. Retour pour Fuck Buttons, je le sens pas trop, ça commence trop classiquement, "Surf Solar", bof, ensuite y’a une sorte de remix pourri de la fin de "Sweet love for planet earth", je comprends rien. En plus deux fois en 5 min je me fais niquer ma garot et des étincelles me crament tour à tour les deux mains, y’a vraiment un bad feeling dans le coin.

 

Allez on va voir si Massive Attack peut me prendre mes dernières forces. Il n’y a rien qui ressemble plus à un concert de Massive Attack qu’un autre concert de Massive Attack. J’ai l’impression d’être en 2008 avec Martina Topley Bird au chant, sinon ça me semble vraiment tout pareil. Je reste pour avoir le « Teardrop » version Martina (balancé d’ailleurs très rapidement) et au bout de 20 min, exténué, je me retire un peu coupable de ne pas voir le dernier concert « interessant » du festoch. Le lendemain des gens vaguement satisfaits se feront la bise en se disant « et on se revoit pour un vrai festoch hein, Dour, Route du rock, Rock en seine, ou Pukkelpop gros ! ». Venir aux eurocks pour mieux apprécier les autres festoch ? On aurait du me prévenir

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 11:10

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Maika est une artiste espagnole dont les influences se situent plus dans le Sud des Etats-Unis que dans le tango Argentin. Avec sa guitare ou son clavier, accompagnée de quelques musiciens, elle narre ses histoires à dormir debout (He’s a bastard and I’m a tramp) à l’audience attentive du haut de sa voix mi fluette, mi gaillarde. En d’autres mots, Maika chante le blues. La nana, vêtue d’un tailleur coupé homme, a des couilles et captive le public le temps de nous faire patienter pour Boat Beam. Ah oui c’est vrai, il y avait un autre groupe à l’affiche, on aurait presque oublié.  

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Boat Beam a donc la lourde tache de poursuivre la soirée avec un seul album sous le coude : Puzzle Shapes. Mais les trois demoiselles ont plus à offrir. Ouverture sur une nouvelle chanson et le concert prend forme sur un air de chaises musicales : multi-instrumentalistes, elles prennent place aisément au piano, guitare, ou violoncelle.  D’Igloo en version arrangée live a Session Cats en passant par Sleepwalker. La bonne humeur et légèreté de leur musique emplissent la salle. Elles présentent une paire de chansons inédites et prouvent que le talent ne s’achète pas que sur album. Bis sur le single The Rain Pauly puis charmante reprise de Loser de Beck, le concert est emballé, pesé, bouclé. Juste le temps de se demander : Maika qui ?

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