L'actualité de la musique indépendante (rock, pop, metal ...) sans concession ni sectarisme, chroniques d'albums et de lives.
Année: 2009
Label: Kemado Records / PIAS
Joan Baez au crématorium
Marissa nadler est une lumière noire, un fantôme à la voix pure comme le cristal, une Joan Baez à l'enterrement de Bob Dylan. Irréprochable discographie que la sienne : "Saga Of Mayflower May" glaçait le sang de sa beauté sombre et fragile, ensuite "Songs III: Bird On The Water" confirmait le talent immense de la dame avec quelques ornements musicaux du meilleur goût (guitares planantes à la mazzy star, claviers chuchotant, choeurs ...). Little hells avait une lourde tache à accomplir.
Little hells se promène dans la forêt, comme chaque album de Marissa Nadler, mais il n'est pas aussi fan du "Blair Witch Project" que ses prédécesseurs. Il gambade librement dans de belles mélodies tristes mais (presque) pas morbides ("Mistress", "Loner") et explore des sentiers inconnus où la technologie a pu mettre ses sales pattes ("Mary come alive", "River of Dirt"). Le fil d'Ariane que forme la discographie de Marissa s'épaissit donc, sans pour autant perdre sa vocation de "raconter des histoires de morts et d'amours perdus".
En choisissant de faire "deux pas en avant un pas en arrière" (seulement deux titres s'échappent réellement du style original) Nadler prend un risque et si la qualité de ces compositions est encore à un très bon niveau, elles n'ont plus le charme éthéré des anciens opus. Les fans seront néanmoins rassasiés, et les non-initiés se feront la main sur un versant moins extrêmiste de cette folk "gothique" comme on dit, avant de découvrir les débuts.
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