Les injustices dans l'indie-world, se comptent comme les tics nerveux de Nicolas Sarkozy pendant une conférence sur le pouvoir d'achat: par milliers. Pourquoi avoir décidé de sortir votre dernier album en Juillet 2008 Mr Sexsmith ? Résignation ? Volonté de suicide commercial ? Ce songwriter canadien émérite n'a pas raté sa carrière solo, loin de là, on lui a volé. Un mec qui a une dizaine d'albums au compteur, tous plus classes, modestes et bossés les uns que les autres, toujours sur cette ligne pop-folk qu'il sait faire sonner juste à chaque fois mais qui n'a jamais eu de reconnaissance.
Demandez à n'importe quel fan de Fleet foxes ou Devendra Banhart, vous verrez qu'il n'y a qu'au pays des caribous et accessoirement aux USA qu'on sait que le bonhomme est un artiste précieux et besogneux. "Exit Strategy of the soul" est donc précieux et besogneux : pour cette voix de velours qu'on ne peut plus quitter dès les premières secondes ("This is how I know", "Brandy alexander") et pour ces orchestrations et choeurs d'une richesse et d'une justesse admirables ("One last round", "Brighter Still", "Poor helpless dreams").
Pour le coup, comme l'indique la pochette, Ron a laché sa guitare pour privilégier le piano, aborder des atmosphères plus pop et soul (les choeurs sur "Brandy Alexander"), s'entourant de musiciens cubains qui sonnent comme un de ces big band en costard des Late show américains, donc du costaud. Rien à reprocher ici, pas l'ombre d'un titre décevant ou juste moyen, cet album conjugue le bon goût pour les arrangements sauce Nashville Tenessee avec le talent mélodique du tout aussi recommandable"Time Being" qui le précédait.
Un album d'hiver, coin du feu, verre de vin et crooner dans les speakers. Je vous fais pas un dessin.