Les Black Jacks (BLK/JKS c'est plus classe) viennent de Johannesburg en Afrique du Sud, et ils font du prog-rock aux accents afro-beat, tantôt en anglais tantôt en Zoulou. Non, nous ne sommes pas un 1er Avril, et After Robots ne ressemble pratiquement à rien de ce qu'on a entendu en 2009.
Il y a une folie sous-jacente dans ce premier album, qui part dans tous les sens, et nous balance coup sur coup du free-jazz, envolées prog, noise-rock. On croirait entendre les musiciens de Fela Kuti faire le boeuf avec la troupe de Mars Volta bien souvent ("Banna Ba Modino", "Kwa Nqingetje") ou un TV on the radio libéré de ses chaînes ("Taxidermy"). On passe d'une émotion et d'une culture à l'autre, les cuivres des Balkans sur "Banna Ba Modino", les choeurs d'enfants et le folklore d'afrique du sud forcément sur le refrain de "Lakeside", le groove funky New-Yorkais qui débute puis les arpèges de guitare hispanisantes sur "Taxidermy" ou carrément le reggae titubant de "Skeleton" qui se transforme au final en bordel punk-prog invraisemblable et parfait.
After Robots est clairement un challenge pour l'auditeur, bousculé de toutes parts, et il méritera plusieurs écoutes, du recul, pour dévoiler son extrême complexité qui n'en fait pas du tout un album prétentieux mais très réfléchi et blindé de talent. Il faut aussi absolument vous préciser grossièrement que le batteur est un monstre de virtuosité, et que le second guitariste est surement le frère caché d'Omar Rodriguez. Si on cherche un petit bémol on reprochera à la ballade "Standby" de justement, nous faire attendre pour pas grand chose ... L'album se termine sur "Tselane" morceau folk en forme de spoken-word et chant improvisé qui s'avère très reposant après l'épreuve de force que constituent les huit titres précédent.
BLK JKS est donc bien parti pour conquérir l'intelligentsia indé européenne et américaine avec leur personnalité hors-normes et leur musique cosmopolite.
www.myspace.com/blkjks Ci dessous, video de
Lakeside: