Année: 2009 Label: Redline Entertainment Ce n'est pas aux vieux singes ...
Chickenfoot c'est un super-groupe (ou all-stars band) composé de Sammy Hagar (chanteur de Van Halen), Michael Anthony (bassiste de Van Halen), Chad Smith (batteur des RHCP), et Joe Satriani (Virtuose de la six cordes n'ayant jamais intégré un bon groupe). Le casting, pour tout fan de rock heavy, parait très alléchant. Chickenfoot s'est formé après quelques jams dans un bar (la Cabo Wabo Cantina, appartenant à Sammy Hagar, à Cabo San Lucas, au Mexique) qui avaient créé une vraie entente entre ces vieux de la vieille. Il restait à composer quelque chose de consistant.
Consistant, cet album l'est. En riffs, on a beau nous servir de la vieille recette qui sonne souvent années 80, la façon dont ces types s'emploient à montrer que le hard-rock US peut encore sonner en 2009 force le respect. Ici on trouve des accords piqués à AC/DC ("Sexy little thing") étendus en jam furieuse ("Soap on a rope"), là du plus kitsh mais toujours foutrement rocknroll , rappelant forcément Van Halen (Oh Yeah, Down the Drain).
On remarque vite qu'il y en a un qui ne fait pas de la figuration, c'est ce cher Sammy qui nous sort une voix pleine de classe et malgré son âge (62 piges !) envoie balayer les préjugés sur les retours de vieilles gloires comme Dio avec Heaven and Hell. Satriani ne tente pas de bouffer le gateau et se contente de solis plutot bien amenés avec sa patte sonore, et Chad Smith quant à lui se fait plaisir tout en restant ultra-carré bref parfait comme d'hab.
Bien sûr, à part le premier morceau "Avenida Revolution" consacré aux immigrants mexicains qui rêvent d'un avenir aux USA en risquant leur vie, et "Running out", sorte de manifeste contre le conformisme et le manque de danger dans le rock contemporain, tout ça ne vole pas bien haut. Mais on ne demande pas à une poule de nous faire du lait, et malgré les deux petites niaiseries qui feront plus rire que pleurer ("My kinda girl" et "Learning to fall"), le job est fait et après une seule écoute on a déja envie de voir ce que ces légendes vont envoyer en live, en imaginant qu'ils sont plus que prompts à jammer et rendre un concert unique.
Les deux tubes qui cloturent le disque ("Turnin left" et son groove qui remue l'bassin, "Future in the past" et son final un peu lyrique plein de classe) renforcent l'impression positive et l'envie d'appuyer sur repeat (et de rouler en décapotable dans le désert, accessoirement). Comme dit le philosophe Morpheus, certaines choses changent, d'autres ne changent pas.