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L'actualité de la musique indépendante (rock, pop, metal ...) sans concession ni sectarisme, chroniques d'albums et de lives.

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Chroniques de l'enfer: Hellfest 2009 Vendredi 19 juin



Chronique en 3 parties pour les 3 jours, c'est parti:

Une arrivée pile à l'heure sur le site pour le trio Karma To Burn à la Mainstage 2 qui envoie franchement le paté pour l'un des premiers concerts du festival. Un bassiste complètement béat d'être là, du gros riff stoner basique et efficace, idéal pour mettre en jambe. Le head-bang est déja là, il n'est que 12h15 et il fait beau comme tout sur le site du Hellfest. Je remarque un public super réactif, à mon grand étonnement, ce qui deviendra quasiment une norme pendant tout le festival.
Après on divague un peu, on visite, on voit qu'acheter des jetons boisson ne va pas être aisé aujourd'hui et puis on va voir Taake à la Rockhard, curiosité Black Metal norvégienne avec maquillage et gestuelle étudiée. Pas grand chose à retenir sauf que le décorum rendait ça fun. Ensuite par curiosité, on tente d'aller voir Blockhead, grind-core de chez nous. Bon dieu que ces gens sont excités, matraquage de double pédale et absence mélodique, tout ça doit sortir d'un cerveau mal oxygéné. Le genre veut ça, mais on peut trouver bien mieux, et je m'échappe avant que mes neurones tombent en miette, blast toi même !

Car c'est tout autre chose qui m'attend à la Mainstage 02, les furieux sludgistes de la Nouvelle Orléans, Eyehategod, avec leur chanteur aux faux airs de Ozzy Osbourne et l'incroyable Jimmy Bower (aussi batteur chez Down) à la guitare. Et là c'est la première vraie claque du festival, les riffs sont gros comme des boeing, la rythmique va du plus punk au plus massif en passant par des grooves juste imparables, le public est retourné dans ses tripes et adule un Mike Williams qui ne s'exprime qu'en doigts d'honneur et "fuck the cops". Qu'importe, c'est Bower qui fera le show et s'attirera les faveurs avec un son de guitare et une allure "plus classe tu meurs". Il sera même remplacé le temps d'un morceau par le gourou Phil Anselmo, qui trépignait sur le coté de la scène depuis le début, complètement fan. A la sortie, le public crie en choeur "EYE HATE GOD! EYE HATE GOD !" et je me dis qu'il va falloir envoyer du bois pour dépasser ça.


Eyehategod: Anselmo apprend la guitare

Un petit zapage de Soilent Green pour cause d'achetage de Jetons en prévision de l'enchainement qui suit. On bouffe un bout, on boit un coup, on se pose pour Torche. Parait-il diminué d'un membre, ils envoient un heavy-rock pas mauvais mais là ou Karma to burn sait enflammer le public, Torche reste au même niveau tout le temps et le chant monotone empêche de plonger à fond dans leur sauce qui sur le coup parait un peu diluée par un son trop gentillet. Certains (rares) passages sont très bon néanmoins, surtout les instrumentaux. La courte durée du set contre-balancera la monotonie des morceaux.

On campe dans le coin parce qu'il faudrait pas louper le groupe en plein buzz en ce moment, Kylesa. On apprend malheureusement dès le début du set par Laura Pleasant (guitariste) que le chanteur principal a été retenu par l'office d'immigration pour refus de visa semble-t-il. Une guitare en moins et des passages sans chant donc, mais on ne boude pas notre plaisir de gueuler sur "Running Red" ou péter notre clavicule sur "Scapegoat". Set-list raccourcie hélas, à cause du chanteur absent, mais un gros concert quand même ou Pleasant aura réussi à en mettre plein les yeux à un public qui s'est amassé au fil des titres sous la Terrorizer. Le lendemain à l'extreme market, les gars de musicfearsatan me diront qu'ils ont vendus tous leurs exemplaires de Static Tensions la veille ...


Kylesa: Laura Pleasant mais pas trop ...

On file voir Anselmo et sa bande à la mainstage 01 pour l'acte 2 du NOLA Fest (sorte d'anti-thèse du Crue fest). Hélas on doit se coltiner les vieillards de WASP en attendant, qui font déprimer tout le peuple attendant sur la grande scène à coté. Mais Down chauffe le public et commence alors que WASP dépasse prétentieusement sur son horaire, ah ah paf dans ta gueule la vieille. Anselmo en grande forme balance des titres des trois albums, je connais surtout le dernier et je suis comblé, autant que le public tout acquis à leur cause (Down a le record de t-shirt sur le festival, tous xxl). Petite fatigue due a mon réveil matinal a 6h et après un petit quart d'heure je plaide coupable et vais m'assoir regarder la fin . Le groupe envoie franchement le paté, je suis un peu regret de pas avoir les jambes pour revenir en fosse, mais le plaisir est là.

Ensuite, grand repos devant Anthrax avec leur nouveau chanteur qui doit avoir 10 ans de moins que tout les autres membres, mais bon, il est quand même super sympa. En fait ce concert était le plus proche du mot sympa de tous les concerts, les morceaux étaient sympas, l'ambiance semblait sympa (vu de la fosse de la main 2, en attendant Heaven and Hell), et la reprise d'Anti-social de Trust était sympa aussi. On l'a même chanté en choeur et en français, en hommage à Bernie.

Bon là y'a du gros, y'a Heaven and Hell, soit Black Sabbath version Dio qui arrive, avec ses boules aux rayons magnétiques violets, son petit décor façon cimetière et sa batterie de 10 metres de haut. Et là, c'est gros spectacle, c'est bonheur et communion partout. Début sur un fantastique "Mob Rules", enchainement avec du "Children of the sea" grandiose, un terrible "Bible Black", un magique "Die Young" qui rend fou et puis le classique, "Heaven and Hell" version longue, avec solo branlette comme il faut, et un Dio juste irréprochable, atteignant des notes pas possibles pour un homme de son age, très communicatif, même si on sent que tout est rodé. On regrette qu'il n'y ait pas de rappel parce qu'on en aurait bien bouffé 1H30 de cette qualité là. Le son était une fois de plus irréprochable.


Heaven and Hell: Dio et son démon

On va difficilement vers la Main 01 pour Saint-Vitus qui a beaucoup à faire après la journée arrassante qu'on vient de passer, pour nous sortir nos dernières forces. Pas manqué, changement de batteur depuis le Roadburn et show psyché en route, il suffira de deux titres pour qu'on succombe à la set list pratiquement entièrement constitué de "Born to Late" et à un Wino décidemment classe qui a la même voix qu'il y a 25 ans. Une projection video en haut de la scène (dont le contenu est évidemment plein de visions hallucinatoires) hypnotise l'auditoire constitué des derniers hellbangers qui hoche de la moitié de leur corps devant cette bande son pour un bad trip au champignon. On reste happé par la bourrasque qui sort des enceintes dès que le guitariste balance ses solos fuzz-wahwah noisy et carrément allumés. Du grand doom-psyché, et assurément un concert que je garderai en mémoire de longues années.

Saint Vitus: Wino, un vrai, un tatoué
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