Vendredi
La journée des poseurs
On arrive pendant Izia qui faisait assez peur lors d'une écoute myspace, un peu rire de loin au camping, et carrément pitié quand je décide d'y aller 10 min au lieu d'attendre devant la grande scène. Je fais remarquer à un ami à coté de moi que ses gesticulations à la Janis Joplin du pauvre (dommage les zicos jouent des gros power chords avec des rythmiques plus tape-à-l'oreille tu meurs) me donnent envie de la voir se vautrer.
Bref on continue sous ce ciel ultra-changeant (petite pluie toutes les 20 min) avec Stuck in the sound, qui en dépit d'une réputation de péteux ont quelques bons morceaux dans mon souvenir. Mais bon là, les gamines hystériques, le chanteur qui veut qu'on l'acclame comme un bellamy à wembley, les gratteux qui se croient dans un clip ... 2-3 morceaux plus instrumentaux passent bien mais bon, on s'emmerde quand même.
Normalement là, y'a Joe Gideon and the Shark , mais nous on veut voir Monotonix. Du coup on se pose au milieu du site, quelques frites, bière, on se chauffe.
Mais queue dalle, peau d'zob, on attend pour rien et du coup ça fout un peu les boules. On regarde la scène de Phoenix se monter et je chante "Lisztomania" en attendant. Pas manqué, ce sera un concert plein de sucre mais tout de même assez bien maîtrisé avec un chanteur qui communique bien avec le public. On regrettera encore la présence de "djeuns" surexcités en sweet à capuche qui sautent avec leur portable en mode photo et nous gachent la vue mais bon, c'est la journée franz ferdinand ...
On part un peu avant la fin parce qu'il est pas question de rater le groupe sensé être le plus interessant de la prog, Sleepy Sun. Pas manqué, malgré un son de basse bien trop fort, on est vraiment en face d'un groupe exceptionnel. Quel chanteur, avec sa chemise à fleur, sa voix de hippie obsédé, sa moustache et ses cheveux frisés, le gars qui a fait un bon de 69 a 2009, paf. Et la magnifique créature qui l'accompagne, à la voix cristalline, aux gesticulations désordonnées, les yeux presque révulsés quand elle doit prendre le micro. A coté les zicos s'amusent, concentrés et en même temps détendus du slip, le rock 70s qu'ils balancent, faits d'accélération, décélérations et de pauses ultra-maitrisées est exigeant mais dès qu'on entre dedans, c'est un énorme kiff. On regrettera de ne pas en avoir plus, et partiront comme de pauvres fans groupies, acheter un de ses t shirt avec des femmes a poils, des fleurs psychédéliques et des têtes de mort.
Difficile d'enchainer après cette grosse claque, mais Ghinzu sort étonnamment le grand jeu. Je zappe juste 10-15 min au début, mais ce que j'entend au loin près de la boutique de la Nef me séduit. On aura le droit à une set-list mega best of, et n'étant pas forcément un connaisseur du groupe mais les ayant déja vu, j'ai trouvé la prestation très très bonne. En clair ceux qui n'ont pas kiffé n'aiment pas ghinzu sur album non plus. Au passage jolies lights et un son assez bien réglé (ce qui sera très rare sur la grande scène).
Je suis les jeunes pour Blood Red Shoes mais comme j'avais prévu, c'est seulement de gamins qui font d'la pop-grungy en braillant des conneries déja dites par 300 000 autres groupes du NME. Là ça devient assez pénible, parce que Franz Ferdinand arrive, et j'ai plus de tickets boissons. Et là, je subis 1h, que dis-je 1H30 ? 1H45 ? j'ai même eu l'impression que ça durait 2h, de musique fraiche et décomplexée, dansante et "pas prise de tête". Cauchemar.
On entend Night Marchers de loin ça a l'air naze, moi je vais boire au camping parce que bon va falloir tenir jusqu'a Boss Hog à 2h du mat' Vitalic va aussi taper sur les nerfs, tout d'abord en ayant 20 min de retard, ensuite en faisant un set plat comme la platitude (boum boum poing boum boum poing) et même avec son putain de décor super chiant à monter qui nique les yeux de près, je me tire rapido en espérant que Boss Hog décide de jouer avant que l'autre finisse. Bah ça fera une bonne heure et quart d'attente, Mr Vitalic décidant en plus de se rajouter 20 min. On a le droit a un demi morceau pour les balances, et à chaque fois que la chanteuse apparait le public gueule "ON VEUT DU ROCKNROLLLL" et une ambiance sympathique s'installe.
La petite centaine de personnes assez resistantes pour rester dans ce froid, vont en avoir pour leur argent et leur patience. A 2h40 (environ), ça débute. Et ça dépote, et c'est ultra sexy, bien varié, Jon Spencer est hilarant, on a presque l'impression d'être au théatre tellement le jeu entre lui et Cristina Martinez (sa compagne dans la vie et chanteuse) pendant les morceaux ressemble à un vaudeville.
J'ai beau adorer, je me décide a rentrer 15 min avant la fin, épuisé.